Bricolage : Réaliser un chapeau de sorcière
03/11/2007 00:09 par happy-halloween
Chapeau de sorcière Matériel qu'il vous faut : Réalisation - Attacher le crayon blanc au bout d'une ficelle. Centrer l'autre extrémité sur le coin de la feuille puis tracer un grand arc de cercle d'un rayon de 45 cm dans la feuille noire en tendant bien la ficelle. Recommencer à 42 cm pour obtenir une marge. - Tracer ensuite un trait à la règle de 50 cm (ou plus suivant le périmètre de la tête de l'enfant) puis retracer l'angle du triangle comme sur le dessin ci-contre. - Découper aux ciseaux des petites encoches régulières dans la marge. Découper le cône obtenu. - Coller une longue bande de scotch sur un des côté puis former un cône en volume en rapprochant les bords. Le scotch doit se retrouver à l'intérieur. Recoller au besoin avec un peu de colle en bâton si les bords du papier ne sont pas bien joints. - Replier les petites languettes vers l'extérieur. - Tracer au compas, dans l'autre feuille, un petit cercle du même diamètre que la base du cône obtenu puis un autre cercle d'un rayon d'environ 20 cm en repartant du centre. - Découper le petit cercle du milieu. - Appliquer de la colle sur tout le bord du petit cercle. Emboîter le cône et appliquer les languettes sur la partie encollée. Bien appuyer et laisser sécher. Et voilà ! Le chapeau de sorcière est prêt. S'il ne se maintient pas parfaitement sur la tête, vous pouvez attacher un ruban ou un élastique pour le maintenir sous le menton. Si vous voulez faire les cheveux de la sorcière, vous pouvez coller généreusement du raphia de couleur (vert, noir ou orange...) sous le chapeau au niveau de la frange et des côtés !




Les véritables fantômes de Disneyland

Tom Sawyer Island
"Il y a cela quelques années, voire des décennies, en 1973, les Rivers of Far-West de Disneyland en Californie ont été le théâtre d'un drame. Deux garçons, tout deux presque des adolescents, ont voulu prolongé leur séjour dans le Royaume Magique, en restant après la fermeture cachés sur Tom Sawyer Island. Ce qu'il faut savoir c'est que l'accès à cet ilôt se fait par bâteau. La nuit tombée, les deux garçons tentèrent de rejoindre l'autre rive, l'un deux en voulant porter son jeune ami qui ne savait pas nager, s'essouffla et se noya. C'est de ce tragique accident, que l'une des plus forte rumeurs de fantômes découla.
Les cast-members se racontent leurs " aventures surnaturelles " entres eux. Des employés de la maintenance de Tom Sawyer's Island continuent aujourd'hui, selon leurs dires, à voir dans les couloirs, les cavernes sombres de l'île, des ombres bouger dans la pénombre. D'autres se sentent observés la nuit. Imaginez-vous, seul dans le noir d' Adventure Isle à DLP, il y a matière à avoir froid dans le dos oui. Et les employés ne sont pas les seuls à être " victimes " du fantôme du garçon, quelques guest racontent aussi cette sensation bizarre qu'ils éprouvent en se baladant dans les méandres et les sous-terrains de l'île. Des spécialistes entres guillemets américains du surnaturel, ont déterminé que Tom Sawyer Island était un lieu propice aux manifestations surnaturelles,ainsi que la station de SkyWay, aujourd'hui fermée, où un cast de la maintenance fit une chute fatale lors d'une réhabilitation de l'attraction." Magic Kingdom de Walt Disney World "Changement de Royaume Magique, le Magic Kingdom de Walt Disney World, autre incident mortel. Lors de la construction de l'attraction Pirates of the Caribbean, un employé du chantier fit une chute mortelle. Selon les rumeurs qui courent à son sujet, il s'appellerait Georges. Voici l'histoire de ce fantôme qui est somme toute assez amusante ( sans manquer de respect bien sûr). La légende veut donc que si les cast-members ainsi que les visiteurs connaissant l'histoire de Georges, embarquant pour l'attraction, disent à haute voix que " Georges doesn't exist " (Georges n'existe pas.) , l'attraction tomberait immédiatement en 101 (en panne), sous la " colère " de Georges. Pour faire redémarrer l'attraction, il faut se contredire et énoncer : "Georges est réel ". D'autres légendes amusantes (pour certains) tournent encore autours de ce Georges. Pour mettre encore l'attraction en 101, prononcez le nom de cet employé qui travailla avec lui lors du chantier de l'attraction. Pour voir si au moment où vous êtes dans l'attraction,Georges est présent, il vous faut, près de la scène de la prison, observé la porte en bois. Si elle est ouverte ou entre-ouverte, Georges est parmi vous mes amis ! Plus effrayant pour nos amis cast-members officiant à la tour ( la pièce au dessus de la zone de load, d'où le cast contrôle l'attraction) de l'attraction. Beaucoup de cast relatent qu'ils entendirent quelqu'un entrer derrière eux, et que la porte fut grande ouverte, bien sûr, il n'y avait personne… à part Georges. Généralement ils sortirent de la tour prévenir leurs camarades à la zone de load : " Georges est avec vous !" Haunted Mansion de Disneyland "La Haunted Mansion de Disneyland, fut le décor d'un acte des plus morbides qu'est connu le parc. Une femme, est venu à la direction du parc pour une requête très, très spéciale. En effet, elle avait dans les mains, les cendres de son enfant, décédé. Elle demanda la permission de pouvoir répandre les cendres de son fils dans la Haunted Mansion, attraction préférée de son fils de son court vivant.
La direction refusa en bloc et prit ceci pour une blague. Malheureusement, cette femme était sérieuse, et les casts de la tour de la maison hantée la virent ajouter à la poussière de la bâtisse, les restes de son fils. Depuis ce jour, régulièrement, cast-members et visiteurs ont prétendus voir le spectre du petit garçon, pleurer et réclamer sa mère. Haunted Mansion de Walt Disney World en Floride La Haunted Mansion de Walt Disney World en Floride, elle, a connu plus de phénomènes que sa cousine californienne. En voici trois exemples. Un des fantômes, de vrais fantômes, qui hanterait la Mansion, serait en fait celui d'un homme décédé lors d'une soirée, où lui et un autre homme, faisait l'attraction, un peu avant la fermeture. Ils avaient bu pour fêter un anniversaire ou une chose comme cela. Il lui prit l'envie d'aller voir de plus près l'effet spécial de la scène de spiritisme (Madame Leota), mais il faut savoir que dans la Haunted Mansion du MK, devant et derrière la voie qu'emprunte le doombuggy, il y a des affaissements, un genre de fossé, d'environ 10-15 pieds de hauteur. ( 1 pied = environ 30cm), il y a aussi une paroi en cas d'évacuation, mais il demeurre un large espace entre cette paroi et la plate-forme sur laquelle Leota se trouve. Il sortit de son doombuggy et se brisa le cou en tombant dans ce fossé. Morbide. Autre rencontre surnaturelle, celle de Jay, un jeune cast qui travaillait au Magic Kingdom pendant 6 mois. Une nuit de Juillet, il était affecté à fermer l'attraction, le parc fermait relativement tard en cette période. Après avoir fermé l'entrée des guests à l'attraction, il entra à l'intérieur pour aider l'équipe de maintenance. Le nettoyage et l'inspection se fait une fois l'attraction coupée, les doombuggies arrêtés et toutes les lumières de travail allumées. Lui et un autre cast-member de la maintenance finirent d'inspecter la scène du corridor, quand ils arrivèrent à celle de la scène de Madame Leota. Ils furent surpris de constater que les lumières de cette scènes étaient éteintes, alors que celles du corridor étaient allumées. Ils continuèrent quand même leur inspection quand son camarade lui demanda si il avait entendu quelquechose, il lui répondit que non et se mirent à écouter. Ils perçurent un faible battement régulier, comme un tambour, ils tinrent tout de même à finir leur inspection quand ils constatèrent que plus ils avançaient, plus le son devenait fort. Ils sortirent au plus vite de la scène Leota, le son disparut soudain. Peut-on relier cette histoire à l'accident qui survint au même endroit, à savoir celle de Madame Leota ? A vous d'en juger." L'Homme à la canne "Autre histoire maintenant, celle qui fait le plus frémir les cast-members d'office à la Haunted Mansion, tard le soir. C'est l'histoire de " L'Homme à la canne ". Dès les années 70's, cette histoire circulait déjà en backstages. Une nuit, une jeune cast-member travaillait en zone de load, là où les guests embarquaient. Il était tard et les guests n'étaient pas nombreux à entrer dans la maison hantée, une seule des deux stretch-rooms fonctionnait. Cela veut dire qu'il y a un laps de temps entres chaque arrivée de groupes de visiteurs, qui laisse le cast-member seul dans la zone, avec cette musique, ces effets sonores, à observer l'obscurité en attendant le prochain arrivage de visiteurs. Donc c'est pendant ce laps de temps que notre cast-member vit arriver, un doombuggy venir de la zone d'unload (où les guests débarquent), il devrait être vide, mais elle constata que se tenait à l'intérieur du véhicule, un vieil homme, assis au milieu avec sa main appuyée sur sa canne devant lui. La CM essaya de parler au monsieur, de lui dire qu'il fallait descendre après le tour, mais il ne répondait pas, le regard fixé droit devant lui. Le doombuggy entama un nouveau tour dans la pénombre avec l'homme à la canne à l'intérieur. Le doombuggy La cast s'empara du téléphone lui permettant de contacter son collègue de la zone d'unload et lui demanda qu'est-ce que c'était que cet homme qui n'a pas voulu descendre. Le CM de l'unload lui répondit que rien d'anormal ne s'était passé, et que tous les visiteurs sont sortis normalement de l'attraction. Ils contactèrent le responsable de l'attraction, lequel attendit avec les deux CMs le doombuggy, qui bien sûr ressortit vide. Je peux vous dire que cette histoire de l'Homme à la canne fait frémir les opérateurs des zones de débarquements et embarquements de Haunted Mansion, surtout aux heures tardives où une seule stretch-room est mise en service." Froid dans le dos n'est ce pas ? Qui à dit que les lieux très touristiques n'étaient pas hantés, les fantômes ne se cachent pas uniquement dans l'enceinte de bâtisses abandonnées ou de simple maisons abandonnées. La légende de Phantom Manor "Phantom Manor" est la version européenne de Haunted Mansion, ancien concept de la maison hantée mais revisitée par Walt Disney et son équipe d’imagineurs. L’attraction est à la fois humoristique et divertissante, bien que Disney n’ait pas réussi à en faire une réelle attraction de peur et de frisson sauf pour les plus jeunes. Les effets spéciaux utilisés sont souvent la raison invoquée par les adultes pour justifier leur appréciation positive de l’attraction. La version de Disneyland Paris déroge au « dogme » établi par Walt Disney et qui stipulait qu’aucun élément des parcs ne devait paraître sale, abandonné ou simplement non entretenu.
Les « imagineers » ont construit sur le bord sud de la rivière de Frontierland, un manoir d’aspect délabré, d’architecture assez simple évoquant une demeure construite aux abords d’une petite ville du Far-West ou des maisons en bois de la fin du XIXe siècle à San Francisco. A la sortie du manoir, un petit cimetière offre une vue magnifique sur Big Thunder Mountain mais aussi sur un ensemble rocheux inspiré des concrétions sulfuriques entourant les geysers du Yellowstone. Un squelette de dinosaure (vraisemblablement un allosaure) et deux geysers au fonctionnement intermittent agrémentent les bassins d’eau. Afin de plaire aux visiteurs européens, réputés plus exigeants que les américains, les imagineurs de Disney (créateurs d’attractions Disney, mot né du mélange de « imagination » et de « ingénieur ») ont développé autour de l’attraction, une légende beaucoup plus fournie que celle de ses cousines, Haunted Mansion. La principale différence avec le scénario de Haunted Mansion est l’intégration de l’histoire de Phantom Manor dans celles du parc français et principalement autour de Thunder Mesa, la ville de Frontierland. En voici la légende : Thunder Mesa, 1860 : petite ville prospère de l’Ouest américain.Un de ses fondateurs, M. Henry Ravenswood, possédait une mine qui était exploitée par la Thunder Mesa Mining Company et qui constituait le poumon économique de la ville. Une mine « maudite », car d’après des rumeurs, un « oiseau tonnerre », esprit indien, se cachait dans les profondeurs de la mine, veillant sur un trésor inestimable et sur le filon d’or de cette même mine, et quiconque tenterait de le lui dérober s’attirerait les foudres de sa colère sous forme d’un tremblement de terre. M. Ravenswood, qui possèdait une des plus grosses fortunes de tout l’Ouest, s’était fait construire un manoir victorien sur une colline, à la place d’un ancien cimetière indien. M. Ravenswood avait une fille, fiancée à un homme qu’elle aimait passionnément mais qui, disait-on, n’aurait pas voulu habiter plus tard dans ce manoir ce qui rendit M. Ravenswood fou de rage. La veille du mariage de sa fille, un terrible tremblement de terre semblant provenir de la mine frappa Thunder Mesa. Henry Ravenswood ainsi que sa femme, Martha Ravenswood, y perdirent la vie : l’oiseau tonnerre avait été découvert. La mine fut fermée le lendemain, le jour du mariage de la fille Ravenswood, jour où le futur marié manqua à l’appel. Désespérée, la mariée s’enferma dans le manoir, et plus personne ne sortit, ni n’entra dans la bâtisse à compter de ce jour. La mariée, disait-on à Thunder Mesa, attendait toujours son amour, le recherchait dans le manoir. Et l’on la voyait parfois regarder d’un air las, par une des fenêtres du premier étage du Manoir. Les arbres du parc autour de la bâtisse commençaient à mourir, comme torturés par des esprits malfaisants et bientôt on commença à appeler le manoir « Phantom Manor ». Trente années plus tard, en 1890, deux domestiques réussirent à s’enfuir du manoir, où ils disaient avoir été tyrannisés par des esprits maléfiques dont un semblait être M. Ravenswood. Le manoir fut rouvert aux plus courageux… qui apprendront que le fiancé avait en fait été pendu par M. Ravenswood et son corps caché quelque part dans le manoir. Si par hasard vous vous retrouviez un jour dans une vieille ville de l’Ouest, et que vous aperceviez un vieux manoir abandonné sur une petite colline, pourquoi ne pas oser passer les portes de cette maison, juste un instant, vous, mortel…”










La végétation avec ses arbres aux branches tordues et les abords aux détails « sinistres » (poussière, toiles d’araignée, lampes à moitié visibles, murs et bois écaillés artificiellement), participent au thème de l’attraction.





Coleslaw au potimarron
Ingrédients qu'il vous faut pour 4 personnes :
Réalisation
- Mélanger la mayonnaise, le yaourt, le vinaigre et la ciboulette. Saler, poivrer.
- Laver le chou et râper très finement.
- Procéder de même avec le potimarron et la pomme sans l’éplucher.
- Mélanger simplement tous les ingrédients et déguster.
- Servir comme salade ou comme saine garniture dans un sandwich.
Dans le cimetière
Cela faisait cinq heures que la nuit était tombée sur le village auvergnat, situé à plus de quatre cents mètres d’altitude dans les montagnes du Massif Central.
Au loin, trois adolescents marchaient tranquillement. Ils profitaient du temps plutôt frais pour se promener, sans but précis. A quelques mètres devant eux, on avait l’impression que la route n’existait plus, que la brume l’avait dévorée. C’était une vision particulièrement étrange.
Arrivés devant le grand portail rouillé du cimetière, Michael s’arrêta brusquement et stoppa Sabrina, sa petite amie, en la prenant par le bras. Il la tira vers les marches en pierre. Elle poussa un petit cri de surprise mais se laissa emmener par son copain qui franchissait déjà l’entrée. Alexandre, le dernier du groupe, genre grand et mince, fronça les sourcils, poussa un soupir, puis les rejoignit calmement, les mains dans les poches.
Dans le cimetière, seules quelques croix en métal ou en pierre sortaient au-dessus de cet épais brouillard.
Michael contournait les tombes, pénétrant davantage dans ce dédale mortel. Il avait avec lui Sabrina et lui tenait fermement la main. Puis ils se cachèrent derrière une petite chapelle de recueillement. Mike plaqua sa copine contre le mur de la vieille bâtisse et l’embrassa, en lui caressant brutalement la poitrine par-dessous son gros pull rose. Elle grimaça et se retira de son étreinte bestiale. Puis elle commença à partir.
- Sabrina ! Qu’est-ce que tu fais ? lui cria-t-il.
Elle se retourna, furieuse, et dit :
- Tu es nul, Mike ! Tu es vraiment qu’un barbare !
- Mais qu’est-ce que je t’ai fait ? D’habitude, tu aimes ça !
- Abruti ! finit-elle.
Puis elle s’engagea dans l’allée principale, appelant au passage Alex qui lisait les inscriptions sur les pierres tombales.
- Viens Alex, on s’en va !
- D’accord, fit-il, tout simplement, en haussant les épaules.
Ensemble, ils quittèrent rapidement ce lieu morbide.
Mike murmurait quelques insultes et finit par descendre la petite pente de graviers.
Ses amis piétinaient sur place. Sabrina se réchauffait les mains en soufflant dessus. Alex grattait le sol bitumé de la route avec ses chaussures. Mike était à deux mètres du portail, le sourire aux lèvres. Il se vantait d’être resté le plus longtemps des trois dans le cimetière.
Puis, tout se passa au ralenti…
Mike poussa un battant de la grille et mit une jambe à l’extérieur. Quand il leva la tête pour dire une idiotie à Alex, il écarquilla les yeux, la bouche ouverte : il était revenu dans le cimetière, l’allée centrale lui faisant face !
Son premier réflexe fut de se retourner, espérant qu’il délirait, mais le portail était là, devant lui, les battants refermés. A travers les barreaux, il ne voyait plus ses amis.
Il fit à nouveau demi-tour et regarda les stèles les plus proches. Elles ressemblaient à d’énormes bêtes en pierre.
En marmonnant encore des insultes, il décida de pénétrer à nouveau dans ce labyrinthe sinistre. Son sourire avait disparu de son visage.
Ces masses de pierres et de marbres, enveloppées dans un manteau nuageux, faisaient froid dans le dos.
Des chiens aboyaient au loin. On aurait dit des hurlements de loups. Ce qui n’arrangeait rien à la situation que vivait Michael, en ce moment.
Arrivé à la première tombe, il ne trouva pas mieux que de lire l’épitaphe gravée en lettres d’or sur la pierre tombale. Il remarqua que la date de décès n’était pas inscrite. Etait-ce un oubli ou…mais il fut interrompu dans ses pensées par un souffle rauque provenant de derrière un caveau, situé à quelques pas de lui.
Mike demanda qui était là mais il n’eut que le silence en réponse.
Il ne savait plus quoi faire, vacillant sur ses jambes. Il regardait autour de lui.
Un long soupir, sortant de l’autre bout du cimetière, lui brisa le peu de courage qui lui restait.
- Allez ! C’est bon ! J’me casse d’ici ! se résigna-t-il à dire en retournant sur ses pas.
Mais il ne pouvait pas s’empêcher de regarder sans cesse derrière lui. Devant le portail, il empoigna la clenche et ouvrit la grille qui grinça horriblement.
Quelqu’un l’appela.
Il avait juste entrouvert un battant, il pouvait partir mais il se retourna pour voir qui l’appelait. Les tombes semblaient le regarder. Elles paraissaient même s’être rapprochées de lui.
- Michaeeel ? ! murmura une voix aiguë et chevrotante.
- Mais qui est là, bon sang ?
- Michaeeel ! Viens me voir, je t’en prie !
Au loin, quelque chose bougea et se cacha derrière une tombe.
- Qui est là ? Merde ! demanda-t-il d’une voix tremblante.
La chose se mit dans l’allée centrale. C’était une ombre tout en longueur et d’apparence humaine qui ne bougeait pas.
Mike pencha sa tête sur le côté et s’approcha de l’être.
- Alex ? ! C’est toi ?
- Viens Michael ! C’est ta mamie ! souffla l’ombre.
- Quoi ? Mais ma grand-mère est morte !
- Ne dis pas de bêtise…Viens voir mamie, je veux un gros câlin, continua-t-elle.
Elle avait un désagréable sifflement dans la voix.
- Tu me fais de la peine, mon petit Mike, continua-t-elle sur un ton triste.
Puis elle s’avança vers lui et il put enfin voir son visage : il était blême et cireux, les yeux, recouverts d’une pellicule blanchâtre, roulaient dans leur orbite et les joues, inexistantes, montraient une énorme mâchoire gluante.
Mike recula, épouvanté, la main devant la bouche.
- Mon tout petit ! persista-t-elle à dire en tendant ses bras violacés vers lui.
Elle était devant lui, touchant son visage de ses mains squelettiques.
- Nooon !!! hurla-t-il, arrêtez ça ! Si c’est une blague, arrêtez ! Je vous en supplie ! J’ai pissé dans mon pantalon ! C’est ce que vous vouliez, non !?
Mais d’autres voix s’élevèrent dans la nuit et se faisaient plus nombreuses. Mike essaya de courir, en vain. Il sentait qu’on le suivait. Mais il ne se retourna pas, cette fois-ci. Il ne vit pas les morts sortir lentement, les uns après les autres, de leur tombe, déployant difficilement leurs membres ankylosés, et se remettre à marcher après de nombreuses années d’immobilité.
Les habitants du cimetière finirent par être tous debout. Ils faisaient des gargouillis bizarres. Une désagréable odeur putride, résultant de leur décomposition avancée, sortait de leur bouche.
Unanimement, ils décidèrent de prendre en chasse le pauvre Mike. Celui-ci était arrivé au portail.
Il passa l’entrée.
Sur la route, au lieu de s’enfuir, il regarda si les morts-vivants osaient sortir de leur lieu de repos. Quelle fut sa surprise en les voyant franchir le portail, sans hésiter.
Ses jambes étaient tétanisées, il ne pouvait plus bouger.
- Oh, non…C’est pas vrai…Maman…Nooon !!!
Ils arrivaient sur lui, la bouche béante et décharnée. Ils le bousculèrent et se laissèrent tomber sur lui comme des pantins désarticulés.
Ils lui déchirèrent les vêtements avec furie puis, leur victime mise à nu, l’un d’eux s’attaqua à son abdomen, complètement excité.
D’autres croquaient férocement dans la chair de ses bras.
Ils finissaient par se battre sur le corps inerte de Mike pour un morceau de viande.
C’était une horreur. Une véritable boucherie…
La brume était encore là. Trois adolescents marchaient sur la route. Il faisait nuit.
Au loin, on avait l’impression que la brume avait dévoré le chemin.
Arrivés devant le portail du cimetière du village, Michael prit sa copine par le bras et la tira vers les marches en pierre.
Devant la grille rouillée, Mike regarda longuement à travers les barreaux, tout en lâchant la main de son amie. Il semblait se rappeler de quelque chose, comme un vague souvenir lointain.
Il arrive parfois que des choses ou des événements inhabituels se produisent lorsque toutes les conditions sont réunies.
Ce cimetière avait probablement été le théâtre d’un de ce type d’événement exceptionnel et rarissime qui se serait déroulé ici, mais dans un autre monde.
Mais cela restera un mystère. Mike ne devait sans doute même pas le concevoir, dans son esprit étroit.
Puis il se tourna vers sa petite amie, Sabrina, qui le regardait, interloquée.
- Allez ! Finalement, on laisse tomber, pensa-t-il tout haut, on va laisser tout ce gentil monde dormir. Ils l’ont bien mérité.
- Tu pensais à quoi ?
- Non. A rien. Rien du tout.
Sabrina eut un sourire crispé, elle était très étonnée du comportement étrange et inhabituel de son copain.
Mais ils continuèrent quand même leur promenade nocturne, Alex les suivant un peu à l’écart.
Mike leur expliquera peut-être un jour ce qu’il a vécu dans ce lieu où tout est possible…même les pires cauchemars.
Fin
Le meneur de loups
A l’époque où il y avait quantité de loups dans nos bois, certains sorciers s’en rendaient maîtres, et se faisaient suivre, la nuit, par ces animaux qui étaient d’un dévouement incroyable pour les hommes qui avaient su les amadouer.
En voici un exemple, qui vous sera certifié par les vieilles gens de la paroisse de Bruz qui, tous, l’ont entendu raconter dans leur enfance.
Un meneur de loups jura de se venger d’un fermier de Montival, qui lui avait attiré des désagréments. Ce dernier avait pour habitude de mettre, la nuit, ses chevaux à paître dans la prairie de la Planche, qui dépendait de sa ferme. Le sorcier, sachant cela, dit un jour, dans un cabaret, que la nuit suivante il mènerait ses loups se promener de ce côté. Le fermier en fut informé et, le soir, armé d’un fusil, il alla se cacher dans les branches d’un ormeau.
Le meneur de loups arriva, à son tour, avec sa meute. Il se mit à califourchon sur l’échalier du pré et dit à ses animaux : « Allez, mes amis, et surtout choisissez le plus gras. »
À peine eut-il achevé ces mots qu’il reçut un coup de feu qui l’étendit par terre. Fut-il tué ? On n’a jamais pu le savoir.
Au bruit de la détonation, les loups, au lieu de se sauver, revinrent près de leur maître et remportèrent aussitôt chez lui, au village du Houx, dans la commune de Bruz. Ils le montèrent dans le grenier où personne ne put pénétrer.
Le cadavre de cet homme n’a jamais été retrouvé. On a toujours supposé que, pour devenir sorcier, il avait dû vendre son âme au diable, et que Satan était venu le prendre et l’emporter. FIN
Le sorcier Mirlificochet
Il y avait autrefois un sorcier appelé Mirlificochet qui était la terreur du pays.
Il ne fallait rien lui refuser, disait-on, car il jetait des sorts.
Si on le chassait des maisons aux portes desquelles il demandait effrontément l’aumône, il se retirait, marmotant des paroles entre ses dents, et, bientôt, les personnes qui le repoussaient avaient la fièvre et leurs animaux tombaient malades. Les chevaux avaient la gourme, les moutons la gale et les vaches ne donnaient plus de lait.
Un jour,il s’en alla frapper à la porte d’une bonne femme qui n’avait, pour toute fortune, qu’une poule qui lui donnait un œuf tous les matins.
Pan, pan, pan !
— Qu’est là ?
— Mirlificochet c’est ma (moi).
La vieille, tout épeurée, lui ouvrit, et lui demanda ce qu’il désirait.
— Voici un épi de blé, dit-il, que je vous prie de me garder. Je viendrai le chercher dans la vesprée.
La bonne femme lui répondit selon la coutume du pays :
— Mettez-le là.
Il ne lui sera fait ni bien, ni ma (mal).
Malheureusement la vieille eut besoin de se rendre à la fontaine chercher de l’eau pour délayer sa farine de blé noir, afin de faire de la galette, et, pendant son absence, sa poule mangea l’épi de blé.
À son retour, la pauvre femme jeta les hauts cris en voyant ce qui était arrivé, et s’arracha les cheveux de désespoir.
Elle en était là de ses lamentations quand le sorcier ouvrit la porte et réclama son épi.
— Mon doux Jésus ! s’écria la vieille, je ne l’ai plus. Je suis sortie une minute, et pendant ce temps, ma poule l’a mangé.
— Ça m’est égal, répondit Mirlificochet, mais comme j’ai pour habitude de reprendre mon bien partout où je le trouve, j’emporte votre poule qui a mon grain dans le ventre.
Malgré les récriminations de la bonne femme et les cris de la poule, il s’empara de l’oiseau et l’emporta chez lui. Quelques jours après, le devin, comme on l’appelait encore, s’en alla frapper à la porte d’une riche fermière. Pan, pan, pan ! — Qu’est là ? — Mirlificochet, c’est ma. — Qu’y a-t-il pour votre service ? demanda la fermière peu flattée d’une pareille visite. — Je viens vous demander la permission de déposer chez vous, pour quelques instants, la poule que voici à laquelle j’ai lié les pattes et les ailes. — Qu’à cela ne tienne, répondit la paysanne, heureuse de s’en tirer à si peu de frais. — Mettez-la là. Il ne lui sera fait ni bien ni ma. Mirlificochet mit sa poule dans un coin et partit. Dans les villages, les cochons courent en liberté par les chemins et pénètrent, sans façon, dans les maisons pour dévorer les restes des repas jetés sous les tables. Un cochon, gros et gras, entra chez la fermière et, n’ayant rien trouvé à manger, s’avança vers la poule, garrottée dans un coin et la croqua bel et bien. La ménagère, désolée, ne savait à quel saint se vouer, lorsque le sorcier arriva réclamer sa poule. — Je suis dans la désolation, lui dit la métayère ; mais le cochon que vous voyez là vient de manger votre poule. — J’en suis fâché pour vous, répliqua le devin, mais comme je prends mon bien partout où il est, j’emmène la bête qui l’a dans le ventre. La femme eut beau dire que son mari allait la battre, Mirlificochet fit semblant de ne pas entendre et chassa le porc devant lui. À quelque temps de là, il conduisit son cochon à la porte d’une autre ferme et frappa : Pan ! Pan ! Pan ! — Qu’est-là ? — Mirlificochet, c’est ma. — Que désirez-vous ? demanda la maîtresse de la maison. — Je voudrais vous confier mon cochon, pendant que je vais aller faire une course dans un village voisin. Et je ne serai pas longtemps avant de revenir le crir. — Laissez-le là. Il ne lui sera fait ni bien ni ma. Le sorcier laissa son cochon et ferma la porte. Tout à coup une petite fille qui revenait de l’école, ouvrit le husset, et l’animal, qui s’ennuyait au logis, profita du moment où la garçaille entrait pour se sauver à travers champs. Tout ce qu’on put faire pour le rattraper fut inutile. La vilaine bête s’enfuit dans un bois et ne reparut pas. Mirlificochet arriva réclamer son bien. — Vous nous voyez tous au désespoir, dit la ménagère. Ma fille a ouvert la porte et l’animal s’est échappé. — Comment ! s’écria le devin furieux, mon cochon est perdu ! c’est ainsi qu’on se moque du sorcier ! Eh bien, dit-il à l’enfant, tu vas faire un tour dans ma masure. Et joignant le geste à la parole, il prit la fillette par les cheveux et la jeta dans le fond d’un grand sac qu’il chargea sur son épaule. Il emporta l’enfant chez lui, en dépit des pleurs de la mère, et même des menaces de tous les serviteurs de la ferme qui n’osèrent cependant pas l’en empêcher.
La pauvre fillette évanouie de peur fut déposée dans la soue au cochon prenant ainsi la place du déserteur. Elle n’eut pour toute nourriture que les vieilles croûtes de pain et les débris de légumes destinés à l’animal. L’infortunée, pendant tout son séjour chez le sorcier, pria nuit et jour la sainte Vierge de lui venir en aide. Ses prières ne tardèrent pas à être exaucées. Un matin, Mirlificochet remit l’enfant dans son sac et sortit. Il alla frapper à la porte d’une bonne femme qui, entourée de sa petite famille, était en train de cuire de la bouillie. Le sorcier lui demanda, comme à l’ordinaire, à lui laisser son sac pour un instant, et la vieille y consentit. Lorsque la bouillie fut cuite, la bonne femme avec une cuillère de bois remplit six grandes écuelles de terre. Elle fit ensuite un trou dans la bouillie, au milieu de chaque vase, y mit un gros morceau de beurre et dit d’un air satisfait : « Voilà le dîner des ouvriers préparé. Maintenant, ajouta-t elle, en s’adressant aux enfants, à votre tour, les mioches ; que ceux d’entre vous qui veulent gratter la bassine prennent place tout autour. » — Moi, je veux bien, dit une voix plaintive qui s’échappa du sac. — Qui vient de parler là ? s’écria la mère. — C’est moi, ma marraine ; moi, Yvonnette, votre filleule, qui suis enfermée dans le sac du sorcier. La vieille courut au sac, l’ouvrit et en fit sortir la petite fille qui, pâle et défaite, se précipita à son cou et demanda sa part de bouillie, car elle mourait de faim. — Comment te trouves-tu là ? Que t’est-il arrivé ? demandèrent la bonne femme et les enfants. Yvonne raconta son malheur et ses aventures en versant de grosses larmes. Sa marraine lui donna bien vite l’un des vases destinés aux ouvriers, en l’engageant à manger pour réparer ses forces. « Je te promets, lui dit-elle, que tu ne retourneras pas chez Mirlificochet. » En effet, elle cacha sa filleule derrière des fagots, et mit à sa place, dans le sac, un chien très méchant qu’elle avait dans son écurie. Lorsque le sorcier vint chercher son sac, la bonne femme lui dit de le prendre. Tout devin qu’il était, Mirlificochet ne s’aperçut pas du tour qui lui avait été joué, et s’en alla ployant sous son fardeau. Le chien, peu habitué à voyager de la sorte, se fâcha, se démena dans le sac, et enfin se mit à gratter le dos du sorcier. Finiras-tu bientôt de ragaler, vilaine bête ? Je vas joliment te corriger, tout à l’heure. L’animal n’en continua pas moins à gigoter et à enfoncer ses ongles dans les reins de Mirlificochet. Ce dernier passait sur un pont et, sentant une douleur très violente, il crut que la fille le mordait. Dans sa colère, il lança son sac dans la rivière. Le chien, une fois dans l’eau, supposant à son tour et à juste titre, qu’on voulait le noyer devint furieux ; il parvint, avec les pattes et les dents, à briser sa prison et sortit de l’eau. En apercevant le sorcier sur la rive l’animal s’élança sur lui, le mit en pièces et le dévora. Le pays fut ainsi débarrassé du terrible sorcier Mirlificochet. FIN
La Faux du Diable
Au temps jadis, les bonnes gens de Hédé coupaient leur foin avec des ciseaux de tailleur, aussi n’avançaient-ils guère en besogne.
Le diable seul, qui venait de temps en temps par là chercher de grosses pierres pour la construction du Mont Saint-Michel, possédait un instrument qui coupait le foin d’une prairie dans un rien de temps. Mais il ne s’en servait que la nuit et refusait de le prêter.
Son outil tenait du prodige ! Il abattait le foin en andains, c’est-à-dire en lignes, ce qui permettait, aussitôt qu’il était sec, d’en faire des mulons.
Satan promit un jour à un mauvais sujet de ses amis de lui couper son foin la nuit suivante. Saint Michel en fut informé et alla piquer des dents de herse, qui sont en fer comme vous savez, dans la prée du particulier. Puis il se cacha dans le creux d’un vieux chêne en attendant la nuit. Le corps tout entier disparaissait dans l’arbre et la tête seule émergeait au milieu du feuillage.
Vers minuit, il entendit siffler derrière une haie et vit le diable se diriger vers la prairie. Arrivé à l’échalier, Satan s’arrêta, se mit à frapper avec un marteau sur le tranchant de son outil, qu’il emmancha ensuite au bout d’un grand bâton. Puis il l’aiguisa tout debout et, enfin, d’un geste régulier des bras, le fît manœuvrer au milieu du foin qui cheït tout autour de lui.
Lorsque l’instrument rencontra la première dent de herse, il s’ébrécha. Satan se mit à jurer comme un beau diable et continua son travail. À la seconde dent l’outil se brisa et le diable dit : « Bon v’là ma faux cassée ; il va falloir la porter à la forge. » Et il s’en alla, toujours en jurant, vers le bourg de Dingé.
Le lendemain saint Michel se rendit chez le maréchal et lui demanda si on lui avait apporté un outil à réparer.
— Oui, répondit le maréchal, et un outil comme je n’en ai jamais vu.
— Eh bien ! tu m’en fabriqueras un semblable, et je t’expliquerai ce qu’on peut en faire.
— Bien volontiers.
Saint Michel ne fit point comme le diable, il prêta sa faux, et apprit à tout le monde à s’en servir. Voilà comment l’usage de ce instrument est devenu familier.
En voyant des faux dans toutes les mains, Satan comprit que son secret avait été découvert, et il supposa tout de suite que saint Michel l’avait épié. Furieux, exaspéré, il alla lui proposer un duel.
— J’accepte, répondit l’Archange, mais à une condition, c’est que ce sera dans un four.
— Où tu voudras.
Et tous les deux s’en allèrent vers le prochain village.
Chemin faisant, saint Michel trouva une petite mailloche en bois qui sert aux bonnes femmes à écraser le chanvre et le lin avant de le brayer. Il la mit sous son bras et continua sa route.
Arrivés près du four, le diable prit par un bout le frigon, ou perche à enfourner le pain, et se glissa dans le four. Saint Michel l’y suivit, et, pendant que son compagnon tirait sur sa perche, beaucoup trop longue pour pouvoir entrer dans le four, il lui maillochait la tête à tour de bras.
Grâce ! grâce ! s’écria Satan, ou tu vas me tuer.
Je veux bien te faire grâce, mais à la condition que tu vas quitter le pays et que tu n’y reviendras plus.
Le marché fut conclu et, depuis cette époque, on n’a jamais revu le diable dans le canton de Hédé.
FIN
Le Diable courtisant les filles
Lorsqu’on quitte le petit bourg de Derval, dans la Loire-Inférieure, pour venir vers Rennes, on descend une côte assez rapide qui porte le nom du Tertre rouge. Au versant de cette côte, à droite, est un petit village appelé la Robinais.
Or, il n’y a pas plus de cinquante ans, les filles de la Robinais aimaient trop la danse, il faut bien le reconnaître. Elles se réunissaient le dimanche soir, et souvent même plusieurs fois par semaine, tantôt chez l’une, tantôt chez l’autre, pour se divertir jusqu’à une heure assez avancée de la nuit.
Les gars non seulement du village, mais de tous les environs, venaient à ces réjouissances.
Un soir, on fut bien surpris de voir arriver un beau monsieur, qui demanda la permission de prendre part à la danse. Comme il avait fait sa demande bien poliment, on ne le refusa point et même bientôt ce fut à qui danserait avec lui, tant il était aimable.
À partir de ce jour, il assista à toutes les fêtes. On ne savait ni qui il était, ni d’où il venait ; mais il était si gai, si plein d’entrain qu’il avait su enjôler tout le monde.
Cependant les jeunesses qui dansaient avec lui, cessaient d’aimer le travail, ne songeaient qu’au plaisir et se faisaient belles pour plaire au monsieur.
Plusieurs d’entre elles quittèrent le pays et n’y revinrent jamais. Malgré cela l’étranger continuait à venir au village et se montrait surtout assidu près d’une fille du nom de Jeanne. Ils valsaient un soir ensemble, chez la femme Guérin, lorsque celle-ci, assise dans un coin avec sa garçaille sur les genoux, fit la remarque que, chaque fois que le couple s’avançait, l’enfant jetait des cris lamentables. Ce fait étrange l’étonna.
Elle avait entendu dire que, lorsque le diable s’approchait d’un innocent, c’est-à-dire d’une garçaille n’ayant pas l’âge de raison, le pauvre petit se mettait à pleurer. Elle examina donc attentivement les jambes du monsieur, car elle savait aussi que Satan peut s’enmorphoser (se métamorphoser) comme il veut, mais qu’il lui reste toujours un pied difforme. Qu’on juge de son épouvante, lorsqu’elle vit au bout du pantalon du danseur un pied fourchu. Elle le fit remarquer à plusieurs jeunes gars qui, sans mot dire, sortirent aussitôt, montèrent à cheval et, s’en allèrent au galop chercher le curé de Fougeray, car celui de Derval était absent. Le prêtre arriva heureusement quelques secondes avant minuit. Il était revêtu de l’étole et avait à la main le goupillon plein d’eau bénite. Il entra aussitôt, à la stupéfaction des danseuses, s’avança vers l’étranger qui tenait Jeanne par la main et l’aspergea d’eau bénite. Satan, car c’était lui, jeta un cri de rage et de souffrance, puis s’accula dans un coin. — Comment voulez-vous que je le fasse disparaître ? dit le curé ; en vent, en pluie ou en fumée. — Pas en pluie s’écria-t-on, j’serions noyés. — Pas en vent non plus, ajouta la bonne femme chez laquelle on dansait, ma maison cherait. — En fumée alors, répondit le prêtre. Et il aspergea d’eau bénite le diable qui disparut en fumée par la cheminée, en laissant une odeur de soufre derrière lui. Trois tours de danse de plus, assure-t-on, et Jeanne était perdue. Cette fille, qui est morte jeune, avait conservé sur le bras la marque de la griffe que le diable lui enfonça au moment où il fut aspergé par le curé de Fougeray. FIN