Croyance : Le balai de sorcière !
02/11/2007 23:04 par happy-halloween
La sorcière sur son balai vit toujours dans notre imagination depuis notre enfance. Les livres de contes de fée recèlent des images fascinantes de vieilles et mauvaises sorcières conduisant leur balai et occasionnellement hantant les jeunes auditeurs ou les rêves de leurs lecteurs. La sorcière reste inséparable de son balai. Cette image est universelle, à la fois sur l’ancien et sur le nouveau continent. La croyance populaire selon laquelle les sorcières conduisent un balai pour se rendre sur les lieux de leurs réunions se reflétait dans l’Art de l’époque. La représentation la plus ancienne d’une sorcière sur son balai est celle de la cathédrale de Schleswig en Allemagne, elle daterait de 1280. Dans la plupart des livres, les sorcières sont dépeintes complètement nues sur leur moyen de transport. Le balai était utilisé, non seulement pour le transport, mais aussi comme moyen de dissimuler l’absence de la femme au cours de la nuit. Selon les confessions d’Isobel Gowdie, d’Auldearn, dans le comté de Nairn, en 1662, elle et ses complices plaçaient un balai dans le lit, à côté de leur mari, qui aussitôt prenait la l’apparence d’une femme. Dans ce cas, les véhicules qui menaient au Sabbat étaient des chevaux, que les femmes créaient à partir d’une paille ou une queue de haricot. On a extorqué les confessions d’Isobel sous la torture et comme le dénonce le Professeur Cohn, elle a exploité le folklore féerique local afin de satisfaire ses interrogateurs. A la place du balai, dans le folklore bulgare, et plus particulièrement dans la partie Ouest de Stara Planina, une représentation du monde de féerie, appelée krosnojhazlitsa, porterait un fuseau. Le nom vient de krosno, qui signifie fuseau et jhaz, bassin d’eau. Les krosnojhazlitsi (pluriel) sont des femmes qui dansaient sur les rivières et blessaient quiconque s’approchait de leur lieu de rencontre. Dans son livre « The roots of Witchcraft », Harrison suggère que le verbe « ride » (ndlt : chevaucher, conduire en anglais) est un euphémisme du terme « Congrès Sexuel ». Il va plus loin en supposant que l’expression « entre les jambes des sorcières » est aussi un euphémisme et qu’il faut comprendre « entre » comme « dans », « à l’intérieur ». Selon Harrison , le balai n’est rien d’autre que l’équivalent médiéval de l’ancien objet rituel nommé Olisbos ou comme les écrivains classiques l’appellent : Penis Coriaceus. C’est le cuir cuit et moulé que les femmes portent au cours des processions des bacchanales et le pénis artificiel que le Diable est réputé porter durant les réunions de Sabbats. Le balai était lourdement enduit d’onguent de sorcière. Selon les commentaires d’Harrison, un manche à balai « placé contre la membrane absorbante à l’intérieur du labia majora (ndlt : les grandes lèvres), le Delirifacient (ndlt : qui produit ou tend à produire le délire) pénétreraient rapidement dans les tractus vaginal et de l’urétral… ». Cette hypothèse est hautement probable si l’on se réfère aux annales de procès de sorcière, relatives aux manches à balai et autres « bâtons courts » et à l’anatomie du vagin dont on a parlé précédemment. Le manche à balai ou autres batôns courts étaient un moyen d’appliquer l’onguent de « vol » sur une ouverture particulièrement perméable du corps féminin. L’idée de chevaucher un balai, en réalité, est intimement liée à son utilisation en tant que moyen d’application d’onguent. Le manche à balai est intimement lié à la baguette magique ou au baton des sorciers, qui étaient considérés être également utilisable pour l’équitation. Dans le sud de la France, les sorciers utilisaient le Cornouiller Sanguin (Cornus sanguinea) dans la fabrication du balai. Les balais en Europe étaient faits de Cytisus scoparius, dont le nom commun est Genêt à Balai. C’est un arbuste qui pousse de 1-2 à 4 mètres et fleurit de mai à juin. On trouve cette plante à travers l’Europe et également sur les îles méditerranéennes. Le genet à balai avait de la valeur dans l’économie rurale en tant que nourriture principale des moutons en hiver dans les montagnes écossaises. Au sud de l’Europe, cet arbuste peut atteindre une plus grande taille et son bois est utilisé pour le placage. Une autre plante qui était utilisée dans la fabrication du balai, particulièrement en Italie : Ruscus aculeatus, dont le nom commun anglais est « Butcher’s Broom » [ndlt : le Balai du Boucher, (le nom commun français de cette plante n’a rien à voir avec le balai : il s’agit du fragon petit houx, fragon piquant, petit houx, fragon frelon)]. Les gens utilisaient les branches maîtresses de la plante : ils plaçaient autour du bacon et du fromage afin de les protéger des souris, d’où le nom allemand mauserdorn. En Angleterre, cette plante était employée pour fabriquer de petits balais ou brosses afin de nettoyer les ustensiles de cuisine. Les balais du sud-est de l’Europe ont toujours été fabriqués avec du sorgho, gros mil (sorghum bicolor). Au Moyen-Age, les méchantes sorcières et sorciers italiens étaient armés de tiges de sorgho. Leur contrepartie « bénéfique », les benandanti, utilisaient comme armes des branches de fenouil (Foeniculum vulgare). Lorsque nous parlons des balais des sorcières, parfois l’arbuste Witch Hazel (ndlt : traduction littérale -> Coudrier de la Sorcière, soit Hamamélis - Hamamelis de Virginie- en français) vient à l’esprit. C’est le nom commun pour Hamamélis virginiana. Cette plante sorcière est originaire du Nord de l’Amérique, du Canada jusqu'en Floride. Les premiers colons utilisaient ses branches comme bâtons de divination pour rechercher des sources souterraines ou de l’or. Il est aussi possible que le nom ait été rapporté de l’anglais « wych hazel », qui viendrait de wican, to yield (ndlt : ramener, rapporter). L’Hamamélis (ndlt : ce « Witch Hazel ») a été introduite en Europe en 1736 et on la fait pousser dans nos jardins à cause de ses fleurs qui restent tard jusqu’à l’automne sur l’arbuste. L’écorce de l’hamamélis avait de la valeur pour les natifs américains à cause de son effet sédatif. Pendant des siècles, on a cru que l’huile d’hamamélis guérissait tout un éventail de problèmes physiques. De nos jours, elle est généralement mélangée à de l’alcool et est utilisée en frictions contre les douleurs du corps. Ses feuilles et ses branches sont employées dans les produits de la toilette. Le balai a trouvé une place substantielle dans l’art de Barbara Broughel. Dans sa série Requiem, elle présente 42 objets qui attendent comme des portraits de gens condamnés et punis pour sorcellerie au XVIIème siècle en Amérique. L’artiste a conçu des balais et autres instruments domestiques qu’elle humanise en habillant afin de créer un mémorial pour les sorcières condamnées. Par exemple, le « portrait » d’Elizabeth Kendall, qui a été condamnée à Cambridge, dans le Massachusetts en 1647 pour « avoir été intime avec Satan », est un balai brosse cornu orné d’un collier de lin. Le balai n’est pas le moyen de transport principal pour aller au Sabbat. C’est seulement un symbole qui reste des folklores. C’est l’onguent qui facilite le voyage durant la nuit.
Le balai de sorcière















La sorcière aux pépins
Accoudé à la fenêtre, j’admirai les magnifiques citrouilles dans le potager. Coquettes, elles étalaient leur robe orangée, sous le clair de lune. Soudain, j’entendis un bruit épouvantable... Les histoires d’halloween qui était proche avaient mis le feu à mon imagination. Je fus saisi d’effroi. Mais la curiosité l’emporta sur mes craintes. Je sortis au jardin, ma lampe de poche à la main. Et c’est là que je la vis… Une mignonne sorcière avait atterri au milieu des cucurbitacées ! Le chapeau de travers, étendue de tout son long, elle me considérait avec inquiétude : - Heu ! Désolée. Sois sans crainte, je vais réparer mes bêtises ! Sans attendre de réponse, elle se redressa et entreprit de caresser chaque citrouille abimée par sa chute. Et, sous ses doigts de magicienne, ces dernières récupérèrent leur dignité de marquises enjuponnées. Devant mon expression ahurie, la petite sorcière m’expliqua : - Je crois que j’allais un peu trop vite sur mon balai ! Je suis partie, ce matin, pour le sabbat des sorcières. Mais, selon mon habitude, j’ai flânée. Bien obligée ensuite de voler à toute vitesse pour rattraper le temps perdu ! Cette sorcière ne semblait pas bien méchante. Je retrouvai l’usage de la parole : - Ainsi les sorcières existent pour de... Elle m’interrompit par une exclamation : - Nom d’une sorcière ! J’ai perdu mes Graines de Vie, dans ma chute… Au lieu de bavarder, aide-moi à les ramasser ! J’éclairai de mon mieux le sol de ma lampe. - Les voilà ! S’exclama-t-elle, joyeuse. J’aperçus alors quelques pépins ratatinés et insignifiants. J’étais déçu et le montrai. - Ne prends pas cet air méprisant… Il y a là-dedans toute la magie du monde ! Elle les ramassa et souffla doucement dessus. Aussitôt, l’un d’entre eux se mit à germer, à grandir, grandir. Un arbre immense se balançait, majestueux, sous nos yeux. La petite magicienne souffla encore et encore. La brise se leva. J’aperçus alors la mer et ses vagues argentées. Le ciel s’embrasa d’un coup et l’aurore fut là. Les oiseaux tournoyèrent au-dessus de nos têtes pour célébrer la naissance du jour. Je retins mon souffle, ébloui. Que c’était beau ! Dès que ma drôle de visiteuse cessa de souffler, la nuit nous enveloppa de son manteau étoilé. - Tu as bien de la chance de posséder toute cette magie ! Murmurai-je émerveillé. Elle rit aux éclats. - Cette magie, tu la possèdes toi aussi. Ce n’est pas compliqué : Il te suffit de regarder autour de toi… et de ramasser les instants de la vie ! Elle mit les graines dans un petit sac en cuir et en serra le cordon. - Bon ! Je crois qu’il est temps que je parte sinon je vais rater le sabbat ! Merci pour ton aide et peut-être à bientôt... Quand elle prit son envol, je m’aperçus qu’elle n’était pas venue seule : un corbeau et un chat noirs l’accompagnaient. Tout le temps de notre conversation, ils s’étaient discrètement tenus dans le noir. Pas de doute, je venais de faire la connaissance d’une vraie sorcière, comme dans les histoires ! Je n’avais pas rêvé. FIN


Toute l'histoire d'une incroyable nuit d'Halloween
Partie 4
Comme chaque jour depuis cette nuit d'Halloween, je me réveille, mes sens parcourant le monde qui m'entoure, l'âme pleine d'une forme de dégoût pour ce cercueil dans lequel je dors. Les vies s'agitent dans les appartements d'à côté, mais subitement je ressens sa présence. Ce coeur passionné et étrange qui bat si différemment des autres.
Elle est dans le couloir, juste devant ma porte. A ses pulsations cardiaque, je sens son hésitation. Osera-t-elle frapper ?
Elle se ravise et fait quelques pas en arrière comme prête à repartir d'où elle vient. Puis sa volonté prenant le dessus, elle vient finalement frapper.
En un instant, je suis hors de ma couche. Étrangement je suis calme. Finalement c'est elle qui est venue. Elle ose braver l'entrée de ma demeure, quoi qu'il puisse advenir, elle sera unique responsable de son destin. On ne rentre pas dans la tanière d'un fauve, sans devoir en assumer les conséquences.
Elle m'apparaît encore plus ravissante que dans mes souvenirs, bien que sa tenue soit des plus simpliste, une jupe et un débardeur relativement sage, m'offrant une vue imprenable sur cette gorge dont j'ai tant rêvé. Toutefois, je ne peux m'empêcher d'être ébloui par ses longs cheveux noires, et ses yeux si pétillants de vie.
Son sang cogne fort dans ses veines, et cela contribue à m'enivrer davantage. Peut-être est-ce uniquement ce coeur qui bat si différemment qui la rend si spéciale à mes yeux ?
- Puis-je entrer ? Me demande-t-elle, ce qui me fait faire le rapprochement avec ces vieux films sur les vampires, où le vampire est obligé de demander la permission de rentrer chez sa future victime.
Est-ce un hasard ? Je me souviens que lors de notre première rencontre, j'avais éprouvé cette sensation qu'elle me testait, qu'elle maîtrisait les règles du jeu au moins aussi bien que moi.
- A vos risques et périls !
Ma réponse lourde de menace, ne lui fait aucun effet, et elle rentre dans ma demeure comme en territoire conquit. Au passage, ses longs cheveux frôle ma main, et son parfum m'enveloppe encore davantage.
Peut-elle vraiment ignorer ce qu'elle risque ? Ou bien est-elle purement et simplement folle ?
Je me prépare à allumer la lumière, mais elle m'arrête, me disant que l'éclairage de la ville sera suffisant, et c'est naturellement que nous prenons place dans mon salon, vestige de mon ancienne vie humaine. Je m'installe dans un fauteuil et elle sur le divan. Comme lors de notre première rencontre, nous en venons rapidement à parler de tous et de rien. Les heures défilent, et elle se livre sans se livrer. J'apprends énormément, mais elle garde toujours ce petit bout mystère qui fait que n'importe quel sujet, n'importe quelle anecdote, n'est jamais totalement exploré. Il y aura toujours une occasion de revenir sur la conversation, de l'examiner sous un nouveau jour.
C'est une manière de séduire que je connais parfaitement, entretenir le mystère, être insaisissable, dévier la discussion quand les questions deviennent trop précises, et revenir lentement sur un sujet pour réveiller quelques interrogations et glaner quelques informations.
Je me rends compte au fil du temps qu'elle est véritablement mon égal. Bien qu'humaine et sans toutes les capacités qui me permettent d'obtenir une lecture supérieure des âmes, elle parvient tout de même à donner le change. En tant que vampire, elle serait supérieure à moi, et peut-être est-ce cette sensation d'avoir trouvé une partenaire à ma mesure, qui me fascine tant. Quoi que je fasse, elle reste insondable, et notre conversation bien que pleine de chaleur, est semblable à une joute, je dévoile un aspect maîtrisé de mon existence, afin qu'elle se risque à se confier, et à tour de rôle nous échangeons les positions.
J'attaque, elle défend, puis elle contre-attaque et je pare en conséquence.
C'est un jeu extrêmement plaisant, mais le temps passe, la nuit ne durera pas éternellement et ma faim se fait de plus en plus présente. Dans cette obscurité, je vois comme en plein jour, et malgré mon esprit qui est totalement occupé à jouer avec elle. Mon regard lui ne peut s'empêcher d'errer sur sa gorge. D'où je suis, je sens sa chaleur, et je subis malgré tous mes efforts, les ravages de toutes ces nuits frustrations.
Au fil de la discussion, je n'ai plus de doute sur sa connaissance de ma nature. Mes tentatives pour découvrir d'où elle tient une telle information échoue, ça ne la rend qu'encore plus fabuleuse à mes yeux.
Elle est comme un labyrinthe, et quand je suis trop proche de la sortie, elle s'arrange pour en changer le tracé. Mais avec obstination, je commence à découvrir que sa vie l'ennuie. Cette tristesse que j'ai ressenti, au-milieu de cette passion en ébullition, c'est de la déprime. La lassitude d'une vie sans surprise et sans risque. A mon contact, au contact d'un vampire, elle recherche comme une forme de fantaisie. Un brin de surnaturel dans une existence minutée à la seconde.
Elle ne s'en est pas rendu compte, mais elle a baissé sa garde, et je progresse très rapidement dans les méandres de son esprit et de ses tourments. J'éprouve une intense satisfaction à redevenir maître du jeu. C'est également un grand plaisir que de découvrir les raisons qui la forcent à braver le danger que je représente. Je suis de nouveau dominant, et étrangement elle m'apparaît comme moins irrésistible.
Mais je la sous-estime, car alors que je pense être définitivement hors d'atteinte de ses "attaques", elle me décontenance d'une seule phrase :
- Tu dois commencer à avoir faim ? Ou soif ? Je ne sais pas comment tu appelles ça.
Son regard est franc et direct, et son sourire, son sourire si appétissant, me laisse à penser qu'elle n'a fait que me faire croire que j'avais repris contrôle des choses. En vérité, elle m'a guidé pour que je baisse ma défense.
Je ne peux m'empêcher de rire. Rire à pleine bouche, comme je ne l'ai pas fait depuis bien des années. Se faisant, je ne dissimule plus mes crocs, et c'est comme une libération de ne pas avoir à cacher ce secret... Ce secret qui est si lourd, si encombrant la plupart du temps.
Elle est fière de son effet, la satisfaction qu'elle affiche est à la mesure de mon éclat de rire. Son minois victorieux la rend plus séduisante que jamais, et elle sait l'effet qu'elle me fait. J'ai tendance à penser qu'elle a fait durer ce petit jeu jusqu'à cet instant, jusqu'à ce moment où elle saurait que ma faim serait suffisamment forte, pour que toute provocation me donne envie de la dévorer.
- J'ai pour coutume de nommer ça : faim ! Et oui j'ai très faim.
La plupart des gens auraient certainement pris peur d'entendre une déclaration aussi froide, mais elle bien au contraire en est émoustillée. Les battements de son coeur s'accélèrent et son regard lance de tels appels que je ne peux ignorer plus longtemps ce qu'elle souhaite.
A-t-elle vécu dans la frustration elle aussi ? Et si oui depuis combien de temps ? Peut-elle avoir attendu ce moment depuis qu'elle connaît ma véritable nature ?
Je reste immobile, attendant qu'elle renvoie la balle, elle a pris l'avantage, et je ne peux qu'attendre la prochaine occasion pour reprendre la direction des opérations.
Contre toute attente, elle se lève et me fixe d'un regard sans équivoque possible. Il n'y a ni doute, ni crainte, je peux lire son désir, sa volonté, et même son courage. Mais plutôt que de se jeter sur moi, elle s'écarte, se figeant devant la baie vitrée, fixant la ville endormie.
- Tu sais ce que tu risques ?
Ma question est sans importance, et sa réponse sans surprise :
- Évidemment !
Il ne m'en faut pas plus, je suis glacé, et son corps brûlant est un supplice. Aussi vivement que le permet ma nature, je la rejoins. Elle n'a aucune crainte lorsque je me glisse derrière elle. Je sens ses cheveux contre ma joue, je sens son parfum, ainsi que tout son corps si bouillant. Elle attire mes mains me guidant lentement sur ses courbes si savoureuses. Je comprends alors que le jeu va se continuer ainsi, et j'écarte avec douceur ses cheveux, afin de couvrir sa nuque de baisers. Elle ne résiste pas et je sens littéralement son sang brûler de passion. Le rythme de ses pulsations augmentent à mesure que je l'embrasse. Sans changer de position, je glisse mes lèvres vers sa gorge, sentant son souffle se saccader, elle respire difficilement, s'enivrant de la moindre sensation. Ses lèvres se gonflent de plaisir, et lentement de faibles soupirs composent une sensuelle symphonie.
Ma nature de vampire aidant, je sais ce qu'elle attend, ce qu'elle réclame, et avant même qu'elle ne le formule ses vêtements finissent au sol, tandis que mes mains s'attardent tour à tour sur ses hanches, puis sur ses seins gonflés de désirs. C'est un bonheur de sentir son coeur battre sous mes doigts. Je joue quelques instants avec ses pointes dures et douces. Puis avec volupté, tandis que mes lèvres ne cessent de danser sur sa nuque, sur le lobe de ses oreilles, sur ses lèvres que je rencontre au hasard de ses mouvements désordonnés, j'insinue mes caresses sur chaque parcelle de sa peau.
Bien vite, elle se détend dans mes bras, laissent sa tête se reposer sur mes épaules et son corps totalement offert à mes mains qui sont devenues brûlantes au contact de sa chair si tendre. Son souffle sur mon visage est une merveille, et je mets tous mes sens en action pour que la symphonie qui s'échappe de ses lèvres ne s'arrête pas. Ses soupirs, ses murmures délicieux sont comme les sons d'un instrument, et je prends plaisir comme jamais à jouer ainsi de son être. Son corps entier vibre, et soudainement, alors que je suis en pleine découverte de son intimité avec cette douceur experte que me confère ma nature. Elle se cambre, et chante sans retenue son plaisir.
Comme si elle était ailleurs, son regard est vague et elle reste inerte dans mes bras. Il lui faut quelques minutes pour revenir à elle, minutes que j'emploie à voluptueusement l'embrasser. Tout ce sang brûlant dans ses veines, ce feu que j'ai attisé de mes doigts, sous mon souffle, ce volcan qui a explosé, provoque chez moi un étrange mélange de plaisir et de souffrance.
Je me sens homme comme jamais, mais je suis également terriblement vampire. J'ai faim, j'ai soif, et je lutte à chaque instant pour ne pas déchiqueter cette gorge si enivrante, et qui m'est totalement offerte. Son corps est une invitation à ce que je la tue, et je suis surpris de parvenir à me maîtriser autant. Mais si j'ai gagné ce premier round, le second commence alors qu'elle se retourne et ose m'embrasser à pleine bouche.
Je découvre le goût de sa salive, sa langue aventureuse et téméraire se risquer à lécher mes crocs. C'est à présent à elle que revient le droit d'attaquer, et je ne sais pas si ma défense saura tenir. Elle n'a pas peur, et je suis inquiet de découvrir que ses propres caresses ne me laissent pas insensible. Elle sait pertinemment que je suis en train de perdre mon contrôle. Je réponds à présent à ses baisers, à ses caresses, et lentement, à l'aide de ses lèvres, elle découvre mon propre corps, m'ôtant mes vêtements aussi facilement que toute volonté de lui résister. C'est alors qu'elle brise soudainement notre étreinte, et se rend dans ma chambre. Là, à côté de mon cercueil se trouve un grand lit, et prenant une position d'offrande, elle m'invite à la rejoindre. Je sais que mes paroles sont vaines, mais dans un dernier sursaut de volonté, je lui dis :
- Tu sais que je risque de te tuer ?
- C'est maintenant que je suis en vie ! En vie comme jamais ! Répond-elle avec effronterie.
Alors, comme dans mon rêve, je parcours son corps entièrement de mes baisers, m'attardant suffisamment pour la combler autant que possible, explorant avec amour chaque parcelle de sa peau. Afin de lentement refaire naître cette symphonie de soupirs qui est comme une musique divine à mes oreilles. Mais à chaque baisers, à chaque coup de langues, à chaque frôlement de doigts, je sens son sang. Ses veines sont brûlantes, c'est un bonheur, c'est un supplice, j'ai tellement faim, tellement envie d'elle ! Tout se mélange, et finalement guidé par la passion, mes lèvres arrivent près de sa gorge.
Peut-être est-ce à cause de ma nature de vampire, mais je suis amoureux de cette partie du corps de la femme. On y ressent toutes les émotions, la chaleur, les vibrations des soupirs, et j'aime tellement les embrasser à cet endroit précis. J'aime sentir frémir cette chair si douce et voluptueuse, je suis fou, fou d'elle, fou de son corps, fou de ce sang qui m'appelle.
Je ne peux pas résister davantage, j'essaye, mais ne peux pas. Il me faut ce sang, j'ai faim, et malgré toute ma volonté, je plaque avec rage mes lèvres contre sa gorge, alors que surprise elle pousse un long gémissement dans la nuit...
Le lendemain soir, je me réveille. Comme à chaque fois, je parcours mon appartement de mes sens, et je découvre avec un étrange mélange d'inquiétude et de bonheur que je ne suis pas dans mon cercueil. Après ce qui s'est passé cette nuit...
... je n'ai pas eu la force de le rejoindre...
Je me lève désorienté, et il me faut quelques minutes pour parvenir à retrouver mes vêtements. J'ai terriblement faim, et je sais qu'il va falloir que je parte chasser. Mais au moment d'ouvrir la porte, j'ai la bonne surprise de croiser ma charmante petite fée. Son sourire est radieux, et elle porte autour du cou un foulard qu'elle ôte immédiatement en me voyant, laissant apparaître un gros suçon. Un suçon sans marque de dent, un suçon des plus humains.
- Faudra que tu fasses attention cette nuit, me dit-elle avec malice, avant de se jeter dans mes bras, et m'embrasser à pleine bouche.
C'est avec plaisir que je réponds à son étreinte, étant à nouveau pris entre l'intense désir qu'elle éveille en moi, et cette impérieuse faim qui ne sera jamais comblée. La nuit dernière, par miracle, je suis parvenu à me maîtriser pour mon plus grand bonheur. Mais notre histoire ne fait que commencer, et cette nouvelle nuit sera, sans aucun doute, un étrange mélange de plaisir et de supplice. Ma volonté sera-t-elle assez forte ?
Je l'espère, car je le sais, je ne saurai me passer de sa présence...
FIN

Toute l'histoire d'une incroyable nuit d'Halloween
Partie 3
Ce sont les pleurs d'un enfant qui me réveillent la fin de journée suivante. J'ai rêvé pendant mon repos, j'en suis persuadé. Mais je suis incapable de me souvenir de quoi. Je sais néanmoins que j'éprouve une lourde lassitude à sentir mon cercueil m'entourer. Comme à chaque réveil, je parcours ce qui m'entoure à l'aide de mes sens. J'écoute, je respire l'atmosphère en retirant toutes les informations nécessaires pour savoir ce qui se passe autour de moi. Sans bouger, sans même ouvrir les yeux, je détecte le moindre mouvement, et avec un peu d'effort, je suis même capable de savoir ce que font mes proches voisins.
L'enfant qui pleurait s'est tu, sa mère vient de lui changer sa couche. Mon autre voisin regarde la télé, je peux même dire qu'il s'ennuie ferme, et qu'il a déjà commencé à se saouler à coup de bière. Avec un peu d'effort, je pousse ce jeu à explorer l'étage se trouvant en dessous de moi. L'un des appartements est vide, mais je sens la vitalité de petits rongeurs : des hamsters. Dans celui à côté, un jeune homme s'exprime sur son clavier, mais son coeur bat différemment de ce qu'il est véritablement, comme s'il se moulait dans la personnalité d'un autre individu. J'en déduis donc qu'il doit être auteur, comme une charmante créature que j'avais connu, il y a bien longtemps.
Quant aux derniers des appartements, il y a là-bas, deux jeunes adolescents qui flirtent. Je ressens leur plaisir naissant, le désir qui imprègne leur esprit et leur sang. Je discerne autant l'émoi du jeune homme à découvrir la peau douce et laiteuse de son amie, que les frémissements voluptueux de cette dernière.
Pendant encore quelques instants, je me laisse à savourer leur plaisir. Mais décide d'y mettre un terme quand mon esprit devenu esclave de mes sensations se met à songer à la petite fée. Par un étrange mélange de désir, les deux ados disparaissent de mes pensées, et me nourrissant de leur sensation, je m'imagine avec la petite fée. Je rêve de son corps, de mes mains glissant lentement sur sa peau brûlante, de la joie de la dévêtir avec lenteur, de mon envie de l'embrasser sans retenue !
Heureusement, je me reprends vite, même si je reste profondément troublé. Sans attendre, je me lève, et sans perdre de temps, je m'habille pour sortir. Cette nuit, il me faudra aller chasser un peu plus loin que d'habitude, ce qui me permettra d'éviter que la police me retrouve trop facilement.
Je descends rapidement les escaliers, mais ne peut m'empêcher de ralentir au niveau du 15ème étage, devant sa porte. Je sens ses battements de coeur, je retrouve son parfum. Elle est sous la douche et y prend plaisir. Son corps entier est ampli de sensations. Sensations, qui malgré ma maîtrise, me ramènent à la vision érotique qui m'a troublée, il y a quelques minutes à peine.
Je n'ai alors qu'un souhait : défoncer cette porte, et me rendre auprès d'elle. Je ne sais pas si c'est de la faim, ou un résidu de désir humain. Mais j'ai envie de son corps, je désire son corps chaud contre le mien, je veux sentir son émoi sous mes caresses !
Par chance, un chien aboie et me sort de ma torpeur, je m'élance alors au-dehors, plein de cette frustration qui habite mon être, et cette nuit là, même le sang ne parvient pas à apaiser mon appétit.
Les jours suivants, je ne cesse de me réveiller avec en tête des images obsédante de cette fée. Comment une femme, aussi attirante soit-elle, peut-elle parvenir à traverser mon armure d'indifférence ?
Pour remédier à ce désir humain grandissant, j'ai tenté de me perdre dans des étreintes avec d'autres femmes, étreintes s'étant toutes terminées par mon baiser mortel. Mais rien n'y fait, ce retour de mon humanité me pousse à aller vers cette demoiselle. Malgré mes efforts, je ne peux m'empêcher de songer à elle, et traverser les escaliers lors de mes allées et venues est devenu un enfer. Je ressens son parfum dès que je franchis ma porte, et il me monte à la tête jusqu'à ma sortie de l'immeuble. Et quand bien même, je parviens à me perdre sous des litres de sang chaud, le simple fait de retrouver la senteur de sa peau au seuil de ma demeure, réveille mon avide désir de la posséder.
Peut-être est-ce ma nature de prédateur qui se retourne contre moi ? Un vampire n'est-il pas fait pour courir tout au long de son existence après sa soif ? N'est-il pas voué à vivre pour apaiser sa frustration ? N'est-il finalement pas forcé de finir par céder à l'objet de sa convoitise ?
Ne serait-il pas simplement possible que je désire cette femme, comme je désire sans cesse cette liqueur qui coule dans les veines humaines ?
Serais-je apaisé, si j'osais me compromettre avec elle ?
Je sais pertinemment que je finirai par la tuer. Mais pourrai-je survivre à sa mort, qui entraînera forcément celle de ce renouveau de mes envies ?
Je suis au supplice, et sais que je n'ai qu'un moyen pour en finir. Mais pourquoi donc ai-je si peur de la voir disparaître ? J'ai déjà tué tant et tant de fois, qu'un cadavre de plus ou de moins, ça ne fera aucune différence.
Pourtant, depuis que je rêve à nouveau la nuit, je ne cesse d'imaginer ce moment où elle est dans mes bras. Sa peau frémissant sous mes baisers, son corps totalement offert à mes caresses. Étrangement dans mes songes, je parviens à me maîtriser, me laissant électriser par sa chair brûlante. Je m'égare alors en volupté, me servant de mes sens de vampire pour satisfaire le moindre de ses désirs, amplifiant au mieux chacune de ses émotions, veillant à ne jamais faire s'égarer la mélodie de soupir qui s'échappe de ses lèvres.
Mais arrive toujours le moment, où elle s'offre totalement et je ne peux alors m'empêcher d'embrasser avec fougue son corps, et lentement de remonter vers sa gorge si belle, si tendre, si chaude. Comme fou, je la couvre de baisers, tandis que son coeur palpite sans cesse davantage. Alors, tandis que ses cris de plaisir montent dans les cieux, je ne peux me retenir et cède à ma nature, lui dévorant la gorge, m'abreuvant de son sang. Elle ne souffre pas, mais bien vite, elle cesse de vivre et reste inerte, figée dans une attitude évoquant une jouissance se prolongeant pour l'éternité.
C'est à ce moment-là, quand je prends conscience de mon acte que généralement je me réveille. Pendant quelques instants, je suis alors troublé, ne faisant pas la différence entre rêve et réalité, et je ressens comme une profonde tristesse. Cette étrange sensation de manque qui ne sera jamais comblé. Cette impression d'avoir détruit une chose, une personne nécessaire à mon bonheur.
Ma peine étant si indicible, que j'en éprouve soudainement tout le poids de mon existence de vampire : Une vie immortelle vouée à une éternelle solitude.
Je me dis alors que peut-être vaut-il mieux être tourmenté par sa frustration, que finir par détruire sa source. Une frustration est un des sentiments les plus puissants qui soit. Une réaction tellement humaine...
Étrangement, à cause d'une simple discussion, à cause d'une simple soirée qui a tout changée, je suis redevenu en partie un homme. Je sais que les histoires de coup-de-foudre sont répandues dans les légendes et les histoires à l'eau de rose. J'ai moi-même vu au travers des coeurs des gens, cet instant magique où une rencontre, un regard se change en un sentiment plus fort. Mais un vampire peut-il également se trouver pris au piège par ce jeu de hasard ?
Après mûres réflexions, j'en déduis que oui. Un vampire bien qu'étant une créature bestiale et sanguinaire, est finalement esclave de sa passion pour le sang. Il peut donc très logiquement devenir la proie de ses désirs les plus impérieux. Mais dans ce cas, peut-il s'éprendre d'une mortelle ? De sa nourriture ? Peut-il devenir l'esclave de sa passion pour une humaine, et ce sans la détruire ?
Mes rêves laissent à penser que non... Mais d'une façon ou d'une autre, je suis piégé par ma nature.
Dur dilemme : Vie de frustration si je ne cède pas à mon désir, ou Vie de remord pour avoir cédé à ma nature la plus profonde ?
Ces tourments commencent à jouer sur mon existence, je chasse beaucoup trop, tuant plus qu'il ne faudrait. Le sang est mon seul réconfort, mais celui-ci n'est que de courte durée. Si je continue à décimer la population à ce rythme sauvage, j'attirerai bientôt l'attention sur moi. Je suis pourtant pris dans ce dilemme qui me force à faire n'importe quoi. Je suis incapable de résister à mon envie de revoir cette fée, si je n'ai pas de sang pour tromper ma faim.
C'est une sorte de palliatif qui ne vaut pas mieux que toutes les inventions humaines pour arrêter de fumer, boire, se droguer, ou même les médicaments contre la douleur. L'apaisement n'est que temporaire, et plus le temps passe, plus il faut en prendre en quantité pour que ça soit efficace.
Je ne sais pas, si c'est mon instinct de survie, ou autre chose qui guide ma logique. Mais j'en suis venu à penser que quoi qu'il puisse arriver, je dois revoir cette femme. Elle m'obsède et je ne peux pas aller contre ma nature. Je ne peux lutter contre la quête qui est celle de tous les vampires : Apaiser leur désir !
Je ne peux de toute façon pas continuer ainsi. D'autant que je ne me reconnais plus. Où est passé le prédateur ? Où est passé cette créature capable de maîtriser toutes les règles du jeu de la séduction ?
Je n'en sais rien, mais demain, j'irai voir cette jeune femme. Je ferai en sorte de me nourrir avant, ainsi ma soif de sang ne sera pas aussi forte, et peut-être parviendrais-je à ne pas dévorer le fruit de mon nouveau désir.

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Toute l'histoire d'une incroyable nuit d'Halloween
Partie 2
Mon réveil est tourmenté. A peine les yeux ouverts, alors que le soleil s'est retiré, j'ai l'esprit submergé de pensées. Je songe à cette étrange rencontre, qui par un effet du hasard a su troubler ma profonde nature solitaire.
Je ne suis pas certain d'avoir rêvé, les rêves sont rares pour ceux de ma race. Sans doute un moyen inventé par notre créateur, pour nous permettre de ne pas souffrir de notre différence. Pourtant, j'ai l'épuisante sensation d'avoir pensé toute la nuit. Chose qui ne m'était pas arrivée depuis bien des années, lorsque j'étais encore humain. C'était il y a une éternité me semble-t-il.
Je me sens comme frustré, et même si mon besoin de sang est impérieux. Je sais bien qu'une seule chose éveille mon désir, je n'ai envie que d'une chose : Revoir cette petite fée.
Comment a-t-elle pu s'immiscer si rapidement dans mon esprit ? Pour moi qui aime jouer à ce jeu de séduction, qui me plaît à toujours marquer de ma singularité les esprits, cette question reste sans réponse.
Je sais pourtant pertinemment que la revoir serait une erreur. Généralement tout ce qui éveille mes désirs finit sous mes crocs. C'est ce que je suis qui le réclame. Un prédateur n'oublie jamais qu'il se trouve avec une proie, et si parfois il parait faire preuve de douceur, ce n'est que pour mieux la dévorer ensuite.
Un bruit de clé dans le couloir me sort de mes pensées, ce doit être une de mes voisines, mère de famille qui rentre les bras chargés de sacs plastiques. De la nourriture ! Cela me rappelle que j'ai terriblement faim, et tandis que je sors de mon cercueil, je me dis que la saveur du sang pourrait peut-être apaiser mon âme tourmentée.
Le sang bouillant offre cette étonnante vigueur, cet enivrement qui dépasse l'imagination. C'est plus fort que l'alcool. Si j'étais homme, j'irai sans doute dans le premier bar venu pour me noyer sous des sceaux de whisky, mais je suis vampire, et cette boisson n'aurait aucun effet sur moi. Toutefois, c'est dans un bar que je vais me rendre.
Comme je suis toujours vêtu de mon costume d'Halloween, il me faut quelques minutes pour me changer. Un jean, une chemise bleue foncé, et un long manteau noir disposant, au besoin, d'un haut col pour dissimuler mes dents et me voilà prêt pour une nouvelle nuit d'errance.
Je franchis rapidement la porte, m'engageant avec autant d'empressement que de discrétion dans l'escalier. Je descends rapidement les deux premiers étages, ne faisant aucun bruit sur les marches, comme si j'étais à l'affût d'une proie à surprendre. Mais arrivé au 17ème, une étrange sensation se présente à mon esprit, je sens sa présence.
Un instant, je me rappelle son parfum obsédant et charnel, sa peau brûlante capable d'éveiller ma faim. J'entends plus bas des voix, et sans un bruit, je m'arrête au palier juste au-dessus. Elle parle avec son amie "la sorcière". Je ne peux malheureusement pas les observer, mais d'une oreille attentive j'écoute leur conversation, tandis que mes sens se mettent à l'écoute des langages du corps.
Je ressens leurs battements de coeur, et n'ai aucun mal à identifier ceux de la petite fée. Leur discussion est anodine, et je n'y prête guère d'attention. Je me laisse par contre bercer par les pulsations de la demoiselle qui éveille mon intérêt. En comparaison son amie paraît si insignifiante, elle ne possède pas cette passion latente, ni cette flamme prête à brûler jusqu'à son paroxysme.
Je ne serais pas un prédateur habitué à écouter le corps des mortels, je me dirai que j'invente tous ces ressentis. Mais ce n'est pas le cas. Tout comme, bien qu'elle fasse image d'une bonne humeur parfaite, je distingue cette petite tristesse au fond du coeur. Une profonde douleur, un je ne sais quoi de lassitude.
Leur conversation prend fin alors que son amie s'engouffre dans l'ascenseur. Je sais donc à présent que la petite fée vit au même endroit que moi. Elle avait tenu secrète cette information, mais je sens une hésitation, elle ne ferme pas tout de suite la porte, et j'ai l'impression qu'elle porte son regard dans la cage d'escalier.
Pourrait-elle avoir devinée ma présence ?
Son coeur bat plus vite, mais je décèle également comme une déception, et finalement elle referme sa porte. Pendant quelques instants je n'ose pas bouger, je crains de trahir ma présence en reprenant ma route.
Pour la première fois de mon existence de vampire, je rencontre des limites à mes capacités interprétation. Je sais lire la peur, la passion, l'amour, la tristesse dans ce qui se dégage des mortels... Mais soit cette fille est différente de toutes les autres humaines, soit mes instincts sont incapables de comprendre ce qui l'anime.
Avec précaution, je me remets à descendre l'escalier, ne pouvant m'empêcher de savourer dans un mélange étrange de plaisir et de frustration son parfum.
Une fois son palier franchit, j'éprouve le besoin de m'éloigner au plus vite. Ma faim est impérieuse, et ma pensée ne cesse de revenir à cette drôle de nuit de Halloween. J'ai besoin de m'enivrer, j'ai besoin de fuir loin de mes tourments, j'ai besoin de m'enfuir loin d'elle.
Me glissant parmi les passants dans les rues, je redeviens ce que je suis : un prédateur ! Comme la veille et comme chaque nuit que le monde connaît, je suis furtif, rapide, je suis ce mystère se faufilant entre deux pensées.
Il ne me faut pas longtemps pour arriver à un bar. Il y a beaucoup de monde et la salle est mal éclairée. Un match de football est retransmis à la télé. Je prends immédiatement place au comptoir, épiant déjà la pièce à la recherche de celle qui fera mon dîner de ce soir.
J'ai toujours préféré le sang de femme. Mon initiatrice à la vie de vampire, m'a toujours affirmé que ça causerait ma perte, car je choisis mes victimes en fonction de mes anciennes attirances sexuelles, et non pas par goût du jeu ou par simple besoin de me nourrir. Elle trouvait cette tendance trop humaine. Elle n'avait pas tort, d'autant que je ne prends du plaisir qu'en dégustant le sang féminin. Mon baiser ne pouvant se terminer par ma morsure, j'en éprouve parfois du remord, mais l'habitude a fini par chasser mes soupçons de moralité. Je me suis en quelques sortes fait à l'idée de ma nouvelle différence. Ma nature de vampire ne me permettant pas de me lier, j'ai accepté très tôt qu'aller vers les autres m'était interdit...
- Monsieur ? M'interpelle la Barmaid, me tirant de mes réflexions.
Comme un étrange fait du hasard, elle aussi est brune, belle et séduisante. Immédiatement, je pense à la petite fée. Je commande un verre de whisky. L'alcool n'a aucun effet sur moi, mais c'est une habitude humaine, et ça fait également parti de mon personnage.
Du coin des yeux, je suis la barmaid qui derrière son comptoir s'active à servir les différents clients. A l'observer ainsi je sens ma faim grandir, elle possède tout ce que j'aime chez une femme. Pourtant, même si je scrute ses réactions, si j'attire son attention, je reste relativement froid. Elle est ma proie, et je suis son chasseur. Il n'y a pas cette étrange ambiguïté que j'ai connu hier soir.
Le temps défile, et je me permets quelques allusions avec elle. Je sais qu'il est dangereux d'envisager de me nourrir d'une personne avec qui j'ai passé la soirée. Peut-être certains clients seront-ils capable de me décrire, mais je m'en moque.
Peut-être est-ce à cause de sa ressemblance frappante avec la fée, peut-être est-ce car c'est la seule femme qui éveille mon intérêt dans ce bar. Je sais néanmoins que c'est elle qui sera ma victime. Je n'aime pas attaquer par surprise, je n'aime pas tuer avec violence, je me fais donc charmeur.
Lorsque que l'heure de fermer le bar vient, j'ai si bien réussi mon numéro, que c'est naturellement qu'elle accepte que je l'escorte jusqu'à sa voiture garée sur le parking désert.
Je ne suis dès lors que l'esclave de ma faim. Pendant des heures, j'ai écouté son coeur battre, pendant des heures, j'ai ressenti cette chaleur intense et douce que seul un corps vivant peut créer. Je me suis délecté par avance de sa peau, de sa gorge si douce et fragile. J'ai savouré par avance chaque instant qui allait suivre.
Sans résister, elle accepte mon étreinte, cédant à ce désir que j'ai fait naître en si peu de temps. Ses lèvres sont brûlantes, et je ne résiste pas à l'idée de prolonger le jeu. Je l'embrasse avec fougue, sans retenue. Son corps me rend fou, je me sens revivre, et lentement tandis que mes baisers glissent vers sa gorge, je ne peux m'empêcher de lui murmurer de ne pas s'inquiéter. Mon pouvoir hypnotique aidant, les baisers également, c'est à peine si elle se rend compte que je viens de déchirer sa gorge pour déguster son sang. Elle est dans un état second, un état proche de l'évanouissement, alors que moi, je me nourris avec dévotion de sa vie. Je savoure chaque instant, j'aime ce goût cuivré, je ne suis plus qu'un animal. Je ressens les battements de son coeur faiblir, tandis qu'ils se transmettent au mien. Je renais, je sens cette vigueur particulière courir dans mes veines. Plus rien d'autre ne compte. Je suis rempli de force, mon âme est libre, mes tourments de vagues souvenirs.
Bien vite, trop vite, le nectar s'épuise et la gardant dans mes bras, je ne peux m'empêcher de contempler son si beau visage. Elle sourit comme si elle venait de vivre l'instant le plus intense de sa vie... Vie qui est à présent terminée. Je lui glisse à l'oreille un faible : Merci !
Avec une dévotion amoureuse, je la dépose sur le siège avant de sa voiture. Je ne suis pas fier de subsister ainsi, mais ma nature me l'impose. Il ne me reste plus qu'à partir. Demain, on parlera dans les commissariats de ces étranges meurtres qui surviennent de temps à autre. On me prendra pour un tueur en série, mais je resterai pour tous un mystère entre deux pensées !
Il ne me reste malheureusement que peu de temps pour rentrer chez moi. Il me faudra être plus rapide la nuit prochaine, même si rien ne vaut le plaisir de la séduction. Plein de ma vigueur retrouvée, je marche à grands pas.
Je me sens si fort que mes tourments ne semblent pas si évident que ça. Peut-être était-ce la faim qui me rendait si sombre ?
Pourtant, arrivé devant mon immeuble, je vois la petite fée sortir d'une voiture. Elle est vêtu d'une robe de soirée. Moulante, noire, et cachant si peu ses formes si adorables, si divines. Je me dissimule derrière la haie, profitant de ma position pour l'épier, avant qu'elle ne disparaisse avec grâce dans l'immeuble.
Dans le hall, je sens son parfum. Je me pensais être redevenu fort et détaché, mais cet arôme qui est si particulier à cette jeune fille, réveille en un instant tous mes désirs. Je lutte pour ne pas aller frapper à sa porte, et une fois de retour dans mon appartement, je ne peux m'empêcher de jouer avec ce petit bout de papier. Celui qu'elle a réussi à glisser dans ma poche et où se trouve son numéro de téléphone.
Je sais pourtant que ce serait une erreur d'appeler. Je ne peux pas me permettre de m'attacher, je pourrai la tuer. Mes instincts de vampire sont plus forts que ma raison. Je ne suis qu'esclave, je ne suis que bourreau. Ce serait pure folie ! Et pourtant cette folie me paraît si douce quand je me glisse dans mon cercueil, avant de sombrer dans les limbes du sommeil.
Je ne peux que lui faire du mal, ai-je pour dernière pensée.
Toute l'histoire d'une incroyable nuit d'Halloween
Partie 1
Alors que le soleil disparaît à peine derrière le sommet des montagnes, j'ouvre les yeux. Au dehors, j'entends l'excitation des gens, et c'est normal, ce soir, c'est Halloween. Déguisements et farces pour tout le monde, les rues sont pleines d'hommes, de femmes, et d'enfants à l'apparence de monstres. Cette agitation communicative, les musiques pleines de gaieté qui filtrent de dehors finissent par évacuer les brumes de ma journée de sommeil. Quel malheur de devoir travailler toutes les nuits et de ne jamais pouvoir vivre le jour, soupirais-je en me levant.
Mais je n'ai pas de raison de grogner, après tout j'ai rendez-vous à une fête, et avec des amis de très longue date ! Des amis que je n'ai pas vus depuis une année, car nous avons pris pour rituel de nous rencontrer chaque soir d'halloween pour faire le point sur nos existences. La vie est parfois compliquée, et on risque souvent de perdre de vue des êtres qui pourtant partageaient le même caractère que nous, et parfois les mêmes malédictions.
En pensant cela, j'ajuste ma cape, veillant à la blancheur de ma chemise, mettant en place mon col. Je suis le portrait craché de Lestat le vampire et cette comparaison est loin de me déplaire.
Au dehors la fête bat son plein, les gens rient comme rarement c'est le cas, et avec mélancolie, je songe que notre 21ème siècle est bien sombre. Heureusement que l'homme sait encore se divertir à quelques rares occasions, j'ai parfois l'impression que c'était plus simple à une époque plus lointaine, quand on ne s'embarrassait pas de machines. Mais comment réellement savoir ? Je ne suis différent de personne et je passe mon temps à critiquer ce qui est, en pensant que c'était mieux dans d'autres temps.
Comme pour m'arracher à ces songes douloureux, je m'efforce de vite franchir la porte, mes bottes résonnent dans l'escalier qui me permet d'atteindre l'ascenseur. En temps normal, je préfère descendre les 20 étages à pied, ça me maintient en forme comme on dit, mais ce soir c'est Halloween, et je veux profiter des rencontres que je vais pouvoir faire.
L'ascenseur descend trop lentement à mon goût, puis s'immobilise au 15ème, pour laisser rentrer dans ce petit univers deux jeunes femmes d'une vingtaine d'année, l'une déguisée en fée, l'autre en sorcière. Elles accompagnent deux enfants : un chevalier et un magicien. Mon déguisement les surprend et l'espace d'un instant, ils semblent tous les quatre prêts à fuir.
- Voyons c'est Halloween ! leur dis-je pour les mettre en confiance.
Finalement c'est le petit chevalier qui rentre le premier, de son épée en mousse, il me menace et me prenant au jeu, je fais semblant d'avoir peur, cela suffit à tous les détendre, et notre ascenseur repart. Les deux demoiselles me regardent, mais la fée plus particulièrement m'observe, scrute mes mouvements, un instant elle semble se perdre en contemplant mes yeux. Je sens son émoi, et je me retiens de sourire, le succès fait toujours plaisir.
Puis les portes s'ouvrent, et la magie de l'instant est brisée.
Les demoiselles et les enfants partent d'un côté, et moi je m'engouffre dans la rue avançant à grands pas. La chaussée fermée à la circulation est noire de monde. Les gens rient et dansent. Sous mes yeux, je vois défiler des hordes de zombies, de sorcières, de momies, mais aussi des super héros comme Spiderman, ou Batman. Je me fraye un chemin entre les Dark Vador, et autres princesses guerrières. Je sens les coeurs battre, je sens la bonne humeur ambiante, la chaleur qui envahit cette grande ville si lugubre en temps normal. J'aime cette ambiance, je sens les regards qui glissent sur mon costume, on me trouve élégant, plein de magnétisme. On se demande où j'ai pu trouver pareil déguisement et comment j'ai été aussi bien maquillé.
Mais je reste un mystère se faufilant entre deux pensées.
J'arrive enfin à mon lieu de rendez-vous, et là dans ce petit restaurant décoré aux couleurs de Halloween, je vois à la table mes vieux amis. Eux aussi attirent l'attention tant ils semblent réels. Il y a là Logan, le loup garou, Annabella la sorcière, Cendrie la succube, Stella la vampire.
Tous des amis de longue date, du moins nous partageons des choses en commun qui nous ont rapprochés. A la vitesse où le monde change, des êtres sauvages comme nous ont dû évoluer pour ne pas disparaître. Être en pensée ou physiquement différent exige une certaine force d'âme, et fréquenter des gens qui peuvent vous comprendre aide à supporter l'étrangeté de sa propre existence.
C'est pourquoi nous tenons à venir trinquer ensemble chaque année à la période de Halloween. On se retrouve et on parle de nos vies, on voit le temps qui défile. Logan a beaucoup vieilli, et sa barbe vire au gris. Cendrie prend de l'âge et paraît moins vive dans ses mouvements. Par contre, Stella est toujours aussi troublante, et Annabella toujours la reine des manipulatrices.
L'espace d'un soir nous ne craignons pas d'être ce que nous sommes. Nous paraissons au grand jour, sans crainte, ni doute. Nos vies font que nous fondre dans la société n'est pas évident, alors nous profitons de ce plaisir de paraître sans masque auprès de gens qui nous ressemblent, qui ont une histoire, un passé en commun. Ce mode de vie que nul autre ne peut comprendre.
Le repas défile à une vitesse hallucinante, certains mangent énormément, d'autres pas du tout. Stella fait les yeux doux à un jeune serveur, à tel point qu'elle le dévore littéralement des yeux. Le jeune homme au supplice, n'attend que le moment où elle souhaitera le déguster... Il ne sera pas déçu !
Pour ma part, je ne touche pas à la nourriture, bien que ma faim soit grandissante. Furtivement je songe à la demoiselle qui m'a regardé dans l'ascenseur, et me demande si j'aurais l'occasion de la revoir cette nuit.
Nous continuons à papoter ainsi, évoquant des vieux souvenirs, puis nous nous séparons. Stella entraînant derrière elle le jeune serveur. Je souris en voyant qu'elle aime toujours autant la chair fraîche.
Cette pensée toutefois éveille ma faim, et c'est avec rapidité que je rejoins mon quartier. Contrairement à mes compagnons, je regrette de ne pouvoir paraître au "grand jour" que la nuit d'Halloween. Pendant tout le repas, j'ai songé à cette beauté brune qui m'observait dans l'ascenseur. J'ai lu dans son regard un petit quelque chose, comme une promesse, comme un goût de fantaisie, une vague possibilité.
Je me sens seul ce soir, ce qui doit influencer mes pensées, mais je me dis qu'elle m'a vu sans masque, elle a vu qui j'étais au-delà du déguisement.
Il y a des gens intuitifs en ce monde, des gens capables de voir au-delà des apparences, et d'oser s'investir dans des histoires abracadabrantes, et ce uniquement car elles sentent un courant particulier se former. Il y a un langage silencieux, je le sais mieux que personne, moi qui passe mes nuits à écouter les battements de coeur des mortels. A cela s'ajoute ma longue expérience, je ne suis pas un débutant, je sais lire les âmes.
Comme pour me faire souffrir, comme pour refuser mes pulsions animales, je décide de ne pas manger cette nuit, dans quelques heures le soleil se lèvera et j'irai dormir avant de reprendre ma vie nocturne. J'aime en me privant de repas, me prouver que je suis maître de mes instincts, que ma nature profonde n'est pas si indomptable.
Pourtant, au bas de mon immeuble, je rencontre cette étrange jeune femme, cette petite fée. Se pourrait-il qu'elle m'ait attendu ? Une chose est certaine, elle sourit en me voyant approcher, sourire que je lui rends. Elle me retient alors en me proposant d'aller boire un café dans le bar juste en face. Je ne me sens pas de résister, et puis c'est Halloween je dois en profiter.
Nous parlons longuement, elle m'observe, scrute mes mouvements et les heures défilent. En peu de temps, j'en apprends beaucoup sur elle, sur sa vie, sur ses rêves. Pour ma part je suis évasif, parfaitement maître de ce que je révèle. Je sais que la nuit va bientôt toucher à sa fin, et demain tout sera différent. J'ai également très faim, et je sens ce sang chaud qui bat dans les veines de cette jolie demoiselle. Pourtant, je n'ose y toucher. Moi qui suis un vampire, moi qui généralement me nourrit chaque nuit du sang de femmes, ne faisant que répondre à mon besoin le plus primaire, cette nuit, avec cette presque inconnue, je ne peux pas !
Un étrange dialogue s'installe entre nous. Une sensation qu'elle se montre également à découvert. Pour elle aussi Halloween est peut-être le seul jour de l'année où elle peut se montrer telle qu'elle est véritablement. Je le comprends à la façon dont elle parle, gardant souvent certaines choses secrètes, je le pressens aux battements de son coeur... Toutefoi, mes dispositions de prédateur, et ma connaissance de la race humaine ne me permettent pas de savoir si elle sait ce que je suis. Je lui laisse pourtant des indices, et à son regard franc qu'elle fixe sur moi, je pense avoir été clair. Mais notre jeu continue. Cherche-t-elle la mort ou bien est-elle une âme en peine en recherche de réconfort ?
Nos sujets de discussion semblent inépuisables, mais l'aube ne va pas tarder, je dois partir. Il est temps de me retirer dans ma demeure. J'hésite avant de la quitter à lui révéler mon identité...
Elle ressent mon trouble, mais ne fait rien pour l'apaiser. Elle tient à me faire la bise avant que l'on se sépare, et son parfum enivrant et charnel est un supplice. Elle éveille ma faim, sa peau paraît brûlante et je ressens le froid qui m'habite constamment, mais je suis incapable de mordre. En s'écartant de moi, au pétillement de son regard, je crois lire un soupçon de quelque chose... M'aurait-elle testé ?
Je n'ai pas le temps d'attendre, et bien vite, je pars. Arrivé à mon appartement, à ma demeure, en fouillant dans ma poche pour trouver ma clé, je trouve un petit bout de papier avec griffonné dessus ce qui ressemble à un numéro de téléphone... Il ne peut être qu'à la petite fée dont je ne connais toujours pas le nom. Comment a-t-elle pu glisser cela dans ma poche sans que je m'en rende compte ? Au moment de se quitter, je présume, quand j'étais tenaillé par la faim...
Je n'ai plus le temps de réfléchir et je me glisse rapidement dans ce cercueil qui me sert de lit, avec toutefois pour dernière pensée : Halloween c'est bien, ça permet aux gens peu ordinaires de paraître sous leur forme naturelle. Mais existe-t-il un avenir à cette journée d'Halloween ? Que se passera-t-il quand demain les masques, les vrais masques, ceux que l'on porte tous les jours, dissimuleront à nouveau les âmes libres qui s'égayaient cette nuit ? Cette fête n'est finalement pas une fête où l'on se déguise, pour moi c'est le seul moment où l'on paraît sans déguisement...
La mort d'un imbécile
Une histoire arménienne raconte le voyage d'un homme, dont l'intelligence était assoupie. Un misérable, qui travaillait en vain, prit la décision d'aller se plaindre de son sort auprès de Dieu. Il se mit en route et rencontra un loup, qui lui demanda sa destination. "Je vais me plaindre à Dieu, dit l'homme. Il s'est montré très injuste envers moi.
- Veux-tu me rendre service ? demanda le loup. Du matin au soir, et aussi la nuit, je cours de tous les côtés pour chercher ma pitance. Demande à Dieu : pourquoi as-tu créé le loup, si tu le laisses crever de faim ?" L'homme promit de poser la question et se remit en chemin.
Un peu plus loin, il rencontra une jeune fille charmante. Elle lui demanda le but de son voyage. Il répondit et celle-là répliqua :
- "Je t'en prie, si tu vois Dieu, parle-lui de moi. Dis-lui que tu as rencontré sur la terre une jeune fille charmante, douce, belle, riche, en très bonne santé, et pourtant malheureuse. Que dois-je faire pour connaître le bonheur ?
- Je poserai la question, dit l'homme pauvre."
Un peu plus loin, il s'arrêta pour se reposer, au pied d'un arbre. Or cet arbre, bien que planté dans une bonne terre, restait rabougri, presque sans feuilles. Il interrogea l'homme et lui dit :
- "Pourrais-tu parler de moi, si tu vois Dieu ? Dis-lui que je ne comprends rien à ma destinée. Vois, cette terre est fertile, et pourtant, hiver comme été, mes branches sont nues. Que faire pour porter des feuilles vertes comme les autres arbres, et aussi des fruits ?" L'homme promit à l'arbre qu'il parlerait à Dieu. Et il poursuivit son chemin.
Après une longue marche et des péripéties qui n'ont pas été révélées, il parvint auprès de Dieu, le salua et lui présenta sa supplication.
- "Tu traites tous les hommes de la même façon, lui dit-il. Mais regarde-moi : je travaille de toutes mes forces, le jour comme la nuit, je me prive de tout et je mène une vie de malheur. J'en connais d'autres qui travaillent beaucoup moins que moi et qui mènent une vie douce.
Peux-tu me dire où est l'égalité ? Où est la justice ?
- Je t'offre ta chance, lui répondit Dieu. Saisis-la et tu seras riche et heureux. Va, rentre chez toi !"
Avant de prendre congé, l'homme exposa le cas du loup, de la jeune fille et de l'arbre maigre. Dieu lui fournit les réponses nécessaires. L'homme repartit.
En chemin, il rencontra l'arbre et lui dit :
- "Dieu m'a révélé qu'une grande quantité d'or se trouve cachée juste dessous tes racines. Voilà pourquoi tu ne peux pas te développer. Qu'on enlève cet or et tu auras des branches vertes.
- Merveilleux ! s'écria l'arbre. Vite, creuse entre mes racines et prends l'or !
- Non, non, je ne peux pas, Dieu m'a offert ma chance. Je dois rentrer chez moi et en profiter !
L'homme partit. Il rencontra la jeune fille insatisfaite qui lui demanda :
- "Alors, que t'a dit Dieu ?
- Il m'a dit que, pour connaître le bonheur, tu dois rencontrer un époux qui partagera tes joies et tes peines.
- Epouse-moi ! lui dit la jeune fille. Epouse-moi et nous serons heureux ensemble !
- Je ne peux pas, je n'ai pas le temps ! Dieu m'a offert ma chance et je dois rentrer chez moi pour en profiter ! Adieu ! Cherche un autre époux !"
Et il s'en alla. Un peu plus loin, il rencontra le loup affamé qui lui demanda :
- "Alors, as-tu parlé à Dieu, pour moi ?
- Laisse-moi d'abord te raconter ce qui m'est arrivé, répondit l'homme. J'ai rencontré une jeune fille malheureuse et je lui ai donné la réponse de Dieu : elle doit trouver un époux. J'ai rencontré un arbre sans feuillages, auquel Dieu fait dire : un tas d'or bloque tes racines.
La jeune fille voulait m'épouser, l'arbre voulait me faire creuser pour retirer l'or, mais bien entendu j'ai dit non ! Dieu m'a offert ma chance, il me l'a dit et je dois rentrer chez moi pour en profiter !
- Et moi ? demanda le loup. Est-ce que Dieu t'a donné la solution de mon problème ? Réponds-moi, avant de partir !
- Oui, dit l'homme. Dieu a répondu ceci : le loup marchera affamé sur la terre jusqu'à ce qu'il rencontre un imbécile qui pourra assouvir sa faim.
- Où veux-tu que je trouve plus grand imbécile que toi ?" Il se jeta sur l'homme et le dévora.
FIN
Ingrédients pour 8 personnes : 125 ml de beurre fondu - Mélangez le beurre fondu avec la cassonade. - Ajoutez les oeufs un par un en fouettant bien à chaque fois. - Versez la purée de citrouille et mélangez. - Puis continuez avec la farine. - Terminez avec le rhum, le jus d'orange et les épices. - Mélangez bien entre chaque ingrédient. - Goutez pour ajuster les différentes épices. - Versez la préparation dans un moule à manquer. - Faites cuire 45 minutes au four th 6-7 180°C. - Plantez une lame de couteau dans le centre du gâteau pour vérifier l'état de la cuisson. - Démoulez et laissez refroidir sur une grille.
Gâteau à la citrouille
250g de cassonade
3 oeufs
5ml de rhum
2 cuillères à soupe de jus d'orange
375 ml de purée de citrouille
300 g de farine tamisée
1 c à c de cannelle moulu
1 c à c de gingembre moulu
1/2 c à c de cardamome
Réalisation : 





Biscuit roulé à la confiture de citrouille
Pâte à génoise ou à biscuit, cuite, puis imbibée et garnie d'une confiture de citrouille. Ingrédients pour 8 personnes : Mettre le sucre à sec dans une casserole et laisser légèrement colorer puis ajouter 20 cl d'eau ainsi que les morceaux de citrouille pelés et épépinés. Laisser cuire et ajouter à la fin le beurre et les graines de vanille. Bien écraser le tout à la fourchette. Préparation du biscuit : - Blanchir les jaunes d'oeuf au fouet dans un saladier avec 125 gr de sucre. - Incorporer délicatement la farine en pluie. - Monter les blancs en neige et les serrer avec 25 gr de sucre. - Incorporer délicatement les blancs en neige à la pâte. - Verser la pâte sur une plaque chemisée d'un papier sulfurisé graissé et cuire au four chaud ( 220° thermostat 7/8 pendant 6 à 7 minutes. Le biscuit est cuit lorsque en soulevant la feuille de papier, le biscuit apparaît blond à travers. - Retourner le biscuit sur une autre feuille dés la sortie du four, imbiber le biscuit de rhum additionné d'un peu de sirop de sucre et étaler la confiture. - Rouler le biscuit et bien serrer pour avoir une forme cylindrique. - Enrouler dans le papier de cuisson ou un torchon. - Saupoudrer de sucre glace et de coco râpé. - Servir le biscuit en le coupant une tranche en biais à chaque extrémité.
Préparation de la confiture :

Les crêpes d'Halloween 
Environ 35 crêpes
Ingrédients :
250 ml (1 tasse) de farine
1 ml (1/4 c. à thé) de sel
2 ml (1/2 c. à thé) de bicarbonate de sodium
2 œufs
180 ml (3/4 tasse) de yogourt ou de lait
15 ml (1 c. à soupe) de sucre
625 ml (2 1/2 tasse) de citrouille râpée (crue)
margarine, au besoin
Réalisation : 
1. Dans un bol, mélanger la farine, le sel et le bicarbonate de sodium. Réserver.
2. Battre les œufs dans un autre bol. Ajouter le yogourt, le sucre et la citrouille râpée. Bien mélanger. Incorporer la farine réservée.
3. Badigeonner un poêlon de margarine et le placer sur feu moyen. Y faire cuire les crêpes 2 minutes environ, jusqu'à ce qu'elles soient légèrement dorées, en ayant soin de les retourner à mi-cuisson.
4. Si désiré, garnir chaque portion d'une rosette de crème Chantilly et d'un soupçon de compote de citrouille.