Dessert : Flan de Sorcière !
18/10/2007 00:49 par happy-halloween

Flan d'halloween
Ingrédients qu'il vous faut pour 6 personnes :
Réalisation : 
1. Préchauffez votre four à 180°C puis beurrez un moule à flan.
2. Découpez la chair de potiron en gros dés. Dans une casserole d'eau bouillante salée, faites cuire le potiron durant 20 minutes de façon qu'il soit bien cuit puis égouttez-le à l'aide d'une passoire et versez dans un saladier.
3. Écrasez grossièrement le potiron à l'aide d'une fourchette puis ajoutez le sucre en poudre et la farine blanche. Mélangez bien à l'aide d'une cuillère en bois puis ajoutez progressivement le lait, les oeufs un à un, le beurre fondu, l'arôme à la vanille et la fleur d'oranger.
4. Mélangez une nouvelle fois puis versez la préparation obtenue dans un robot de cuisine. Mixez bien pendant quelques minutes jusqu'à obtention d'une pâte à flan puis saupoudrez de noix de muscade râpée.
5. Versez la préparation obtenue dans le moule à flan préalablement beurré puis laissez cuire dans votre four préchauffé à 180°C durant 45 minutes de façon qu'il soit bien cuit. Laissez refroidir puis répartissez dans 6 assiettes individuelles.
6. Dégustez froid avec vos petits monstres !

La Mort marraine
C'était un très pauvre homme qui avait douze enfants et qui devait travailler nuit et jour pour arriver à leur donner leur pain quotidien ; Quand naquit son treizième enfant, le pauvre homme, ne sachant plus vers qui se tourner, s'en alla se planter dans une grande rue, bien décidé, dans sa détresse, à demander au premier venu, homme ou femme, de servir de parrain ou de marraine à ce dernier enfant. Le premier qui se présenta n'était autre que le Bon Dieu, qui savait bien tout ce que le pauvre homme avait sur le cœur, et qui lui dit :
- Je veux bien servir de parrain à ton enfant, mon brave homme, ta pauvreté me fait peine, et je veillerai sur lui pour qu'il soit heureux sur cette terre.
- Qui es-tu ? demanda l'homme.
- Je suis le Bon Dieu.
- Alors je n'ai aucun besoin de Toi comme parrain, déclara l'homme. Tu donnes aux riches et tu laisses les pauvres se mourir de faim !
Et il se détourna du Seigneur pour s'en aller plus loin. Alors, ce fut le Diable qui vint à sa rencontre et qui lui dit :
- Que cherches-tu ? Si tu me prends comme parrain, pour ton enfant, il aura l'or à profusion et les richesses à foison, sans parler de tous les plaisirs de la vie, par-dessus le marché.
- Qui es-tu ?
- Je suis le Diable.
- Alors, je ne veux pas de toi comme parrain, dit l'homme. Tu trompes et tu déçois les hommes que tu induis en tentation.
Il lui tourna le dos et s'en alla plus loin, où vint vers lui la Mort squelettique, qui lui offrit d'être la marraine de l'enfant.
- Qui es-tu ? demanda l'homme.
- Je suis la Mort, devant qui tous sont égaux.
- Ta justice est la même pour tous, dit l'homme, tu ne fais pas de différence entre le riche et le pauvre et tu prends tout le monde semblablement. Tu seras la marraine de mon enfant.
- Je donnerai à ton fils la richesse et la célébrité qui ne manquent jamais à ceux qui m'ont comme amie.
- Le baptême se fera, dimanche prochain, dit l'homme, je compte donc sur toi sans faute.
La Mort se présenta comme elle l'avait promis et tint l'enfant sur les fonds baptismaux comme le devait une parfaite marraine.
Après des années, quand le garçon fut devenu grand, sa marraine vint le voir un jour et lui dit de la suivre. Il l'accompagna donc et ils allèrent dans la forêt, où elle lui fit connaître une plante qui poussait là.
- Tu vas recevoir à présent ton cadeau de baptême, lui dit-elle. Je vais faire de toi un médecin fameux : quand tu seras appelé auprès d'un malade, je t'apparaîtrai chaque fois, et si tu me vois à la tête du malade, tu pourras hardiment annoncer que tu te charges de le guérir. Tu n'auras qu'à lui administrer de cette plante, et il se rétablira. Mais si tu me vois à ses pieds, tu sauras qu'il m'appartient et tu pourras affirmer, en toute assurance, que rien au monde, ni aucun médecin, ne pourra le sauver. Mais garde-toi bien d'employer la plante contre mon gré, sinon tu aurais à t'en repentir.
Il ne fallut pas longtemps pour que le jeune homme devint le docteur le plus fameux au monde. " Au premier coup d'œil qu'il jette sur le malade, disait-on de lui, il sait déjà où il en est, s'il guérira ou s'il devra mourir. " On accourait de partout pour le consulter, on lui amenait des malades de tous les coins du monde et il recevait tant d'or qu'il devint très vite un homme richissime. Et voilà que le roi tomba malade et qu'il fut appelé à son chevet pour dire si la guérison était possible. Comme il entrait dans la chambre, il vit aussitôt la Mort qui se tenait aux pieds de sa Majesté, et il sut qu'aucune plante ici-bas ne pouvait plus rien pour ce malade-là. " Si je pouvais, pour une fois, ruser avec la Mort, pensa le médecin, elle le prendra sûrement très mal de ma part, mais quand même, je suis son filleul et son ressentiment finira par tomber. Je vais risquer la chose. " Vivement, il prit l'auguste malade et le coucha dans l'autre sens, de façon que la Mort se trouvât à la tête pendant qu'il lui administrait la plante guérisseuse. Le roi se rétablit et retrouva la parfaite santé. Mais la Mort vint trouver le médecin, lui fit un sombre et menaçant visage en lui disant, le doigt levé, d'un ton sévère : " Tu m'as dupée. Je te le pardonne, pour cette fois, parce que tu es mon filleul. Mais ne t'y risque pas une seconde fois. Ce serait sans pardon pour toi et je t'emmènerais sur l'heure. "
Or, peu après, la fille du roi tomba très gravement malade. Le roi, dont elle était l'unique enfant en pleurait nuit et jour à s'en brûler les yeux. Il fit proclamer que qui saurait l'arracher à la mort deviendrait son époux et recevrait la couronne en héritage. Le médecin fameux, quand il se présenta au lit de la malade, vit la Mort à ses pieds. Il aurait dû se rappeler l'avertissement de sa marraine et sa menace, mais la princesse était si belle, et devenir son époux lui promettait un tel bonheur, qu'il en fut ébloui, enivré, et n'eut plus d'autre idée. Il ne vit point que la Mort le surveillait d'un regard courroucé, levant son bras décharné en fermant son poing osseux pour le menacer. Non, il ne la vit point et tourna le malade pour lui remettre la tête aux pieds et les pieds à la tête, lui faisant prendre aussitôt la plante merveilleuse. Et le rouge lui revint aux joues, la vie reprit en elle et sa guérison fut assurée.
La mort, voyant, pour la seconde fois, lui échapper une vie qui lui appartenait, s'avança d'un pas lent vers le médecin et lui dit : " De toi, c'en est fini, c'est maintenant ton tour. "
Elle le prit et le serra si fort de sa froide main que toute résistance lui fut impossible. Il la suivit dans une cavité souterraine immense, où il vit, en rangées innombrables, des milliers et des milliers de flambeaux de toutes tailles, les uns grands, d'autres à demi consumés déjà, d'autres enfin tout près de s'éteindre et n'ayant plus qu'une minuscule flamme vacillante. A chaque instant, d'aucuns s'éteignaient et d'autres s'allumaient, et l'on eût dit que les petites flammes ne faisaient que sauter d'ici pour se poser là.
- Tu vois, dit la Mort, ce sont les flammes de vie des hommes. Les grandes sont celles des enfants, les moyennes sont celles des vieillards qui sont près de mourir. Mais il y a aussi beaucoup d'enfants et de jeunes gens qui n'ont, eux, qu'une toute petite flamme.
- Montre-moi la mienne, demanda le médecin, qui s'imaginait la voir, encore bien haute.
La Mort lui indiqua une flamme si minuscule que c'était à peine si elle brûlait encore, tellement elle était près de s'éteindre. " Tu vois, te voilà ", lui dit-elle.
- Oh ma chère marraine, supplia le médecin atterré, allumez m'en une autre, de grâce ! Faites-le pour l'amour de moi, que je puisse jouir encore d'un temps de vie, devenir un roi et l'époux de la belle princesse !
- Je ne le puis, dit la Mort. Il faut qu'une flamme s'éteigne pour qu'une autre s'allume.
- Alors posez la vieille sur une nouvelle, qui continuera de la faire brûler quand elle sera au bout ! proposa le médecin.
La mort feignit d'accéder à son désir et choisit une belle flamme toute jeune et vivace, comme pour y mettre la flamme presque inexistante. Mais elle avait à se venger et, comme par mégarde, elle laissa tomber la flamme minuscule qui s'éteignit aussitôt. Et le médecin tomba inerte sur le sol, livré désormais aux mains de la seule Mort.
Les frères Grimm
Gauffres d'halloween Ingrédients qu'il vous faut : Réalisation : - Ôtez l'écorce du potiron, épépinez-le. - Coupez la chair en dés, la mettre dans une casserole avec 1 grand verre d'eau et du sel. - Cuire à petit feu pendant environ 20 min. - Lorsque la chair est cuite (qu'elle s'écrase bien avec la fourchette) passez la dans la passoire pour qu'elle s'égoutte. - Pendant ce temps préparez la pâte à gaufre : mettre dans une jatte la farine, le sel, le sucre, le beurre en morceaux, la levure, le rhum, les jaunes d'oeuf. - Mélangez avec une spatule. - Faire tiédir le lait, ajoutez lui la purée de potiron et verser le tout sur le mélange sans cesser de remuer, la préparation doit devenir homogène. - Battez les blancs en neige, les incorporer à la pâte à gaufres. Couvrez et laisser reposer 1 heure. - Faire chauffer le gaufrier, huilez, cuire selon vos habitudes. Laisser cuire les gaufres 4 à 5 min.



Halloween est la Nuit des sorcières et des Sortilèges
Les Dames de pouvoir se mêlent à la nuit, les secrets affleurent, les deux mondes se mêlent. Samain, tout s'embrume, le royaume des ombres s'ouvre.
L'Esprit des Anciens va féconder celui des vivants. Les Dieux sortis des tertres ou des étoiles vont s'unir aux filles des mortels et régénérer la race des humains.
Samain, 40 jours après l'équinoxe d'automne, début de la saison sombre, aux longues Nuits animées par les Feux de sortilèges et de mémoire...
Yeux de chauves-souris

Préparation : 40 min
Cuisson : 15 min
Portions : 12
Ingrédients qu'il vous faut :
- 1 douzaine d'oeufs
- 1 sachet (28 g) de gélatine neutre
- 2 c.à thé (10 ml) de colorant alimentaire vert
- Tube de gelée rouge pour décorer les gâteaux (ou glaçage de type Glaze aux fraises)

Réalisation :
- Faire cuire les oeufs durs, soit environ 15 minutes. - Couper les oeufs en deux dans le sens de la largeur et les déposer au fond d'un plat. - Préparer la gélatine selon le mode d'emploi. - Verser la gélatine liquide dans une casserole et laisser réchauffer doucement. - Ajouter le colorant vert, mélanger doucement 1 minute. - Retirer du feu et laisser refroidir 3 à 4 minutes de façon à ce que la préparation ne soit plus brûlante. - Verser la gélatine verte sur les oeufs et laisser refroidir. - Avant que la gelée soit totalement solidifiée, dessiner des filaments rouges sur les oeufs et la gelée à l'aide du tube de gelée rouge. - Placer les yeux au frigo jusqu'au moment de servir.
- Passer les oeuf sous l'eau froide pour les refroidir puis retirer la coquille.
La tombe
Frères Grimm
Un riche fermier était un jour devant sa porte, considérant ses champs et ses jardins ; la plaine était couverte de ses moissons et ses arbres étaient chargés de fruits. Le blé des années précédentes encombrait tellement ses greniers que les poutres des planchers cédaient sous le poids. Ses étables étaient pleines de boeufs à l'engrais, de vaches grasses et de chevaux reluisants de santé. Il entra dans sa chambre et jeta les yeux sur le coffre-fort dans lequel il enfermait son argent.
Mais, comme il était absorbé dans la contemplation de ses richesses, il crut entendre une voix qui lui disait : « Avec tout cet or, as-tu rendu heureux ceux qui t'entouraient! as-tu songé à la misère des pauvres! as-tu partagé ton pain avec ceux qui avaient faim ? T'es-tu contenté de ce que tu possédais, et n'en as-tu jamais envié davantage ? »
Son cœur n'hésita pas à répondre : « j'ai toujours été dur et inexorable; je n'ai jamais rien fait pour mes parents ni pour mes amis. Je n'ai jamais songé à Dieu, mais uniquement à augmenter mes richesses. J'aurais possédé le monde entier, que je n'en aurais pas encore eu assez.
Cette pensée l'effraya, et les genoux lui tremblaient si fort qu'il fui contraint de s'asseoir. En même temps on frappa à la porte. C'était un de ses voisins, un pauvre homme, chargé d'enfants qu'il ne pouvait plus nourrir. « Je sais bien, pensait-il, que mon voisin est encore plus dur qu'il n'est riche; sans doute il me repoussera, mais mes enfants me demandent du pain, je vais essayer. »

Il dit au riche : « Vous n'aimez pas à donner, je ne l'ignore pas; mais je m'adresse à vous en désespoir de cause, comme un homme qui va se noyer saisit toutes les branches : mes enfants ont faim, prêtez-moi quatre boisseaux de blé. »
Un rayon de pitié fondit pour la première fois les glaces de ce cœur avare : « Je ne t'en prêterai pas quatre boisseaux, répondit-il, je t'en donnerai huit, mais à une condition....
- Laquelle ! demanda le pauvre.
- C'est que tu passeras les trois premières nuits après ma mort à veiller sur ma tombe.
La commission ne souriait guère au pauvre homme; mais, dans le besoin où il était, il aurait consenti à tout. Il promit donc, et emporta le blé chez lui.
Il semblait que le fermier eût prévu l'avenir; car trois jours après, il mourut subitement, et personne ne le regretta. Quand il fut enterré, le pauvre homme se souvint de sa promesse; il aurait bien voulu s'en dispenser, mais il se dit : « Cet homme a été généreux envers moi, il a nourri mes enfants de son pain; d'ailleurs j'ai donné ma parole et je dois la tenir. » A la chute du jour, il alla dans le cimetière et s'établit sur la tombe. Tout était tranquille, la lune éclairait les tombeaux, et de temps à. autre un hibou s'envolait en poussant des cris funèbres. Au lever du soleil, il rentra chez lui sans avoir couru aucun danger, et la seconde nuit se passa de même.

Le soir du troisième jour, il sentit une secrète appréhension, comme s'il allait se passer quelque chose de plus. En entrant dans le cimetière, il aperçut, le long du mur, un homme d'une quarantaine d'années, au visage balafré et aux yeux vifs et perçants, enveloppé dans un vieux manteau sous lequel on voyait passer seulement de grandes bottes de cavalier. « Que cherchez-vous ici ? lui cria le paysan ; n'avez-vous pas peur dans ce cimetière ?
- Je ne cherche rien, répondit l'autre; mais de quoi aurais-je peur ? Je suis un pauvre soldat congédié, et je vais passer la nuit ici, parce que je n'ai pas d'autre gîte.
- Eh bien ! dit le paysan, puisque vous n'avez pas peur, venez m'aider à garder cette tombe.
- Volontiers, répondit le soldat; monter la garde, c'est mon métier. Restons ensemble, nous partagerons le bien comme le mal qui se présentera.
Ils s'assirent tous deux sur le tombeau.
Tout resta tranquille jusqu'à minuit. A ce moment, on entendit dans l'air un coup de sifflet aigu, et les deux gardiens virent devant eux le diable en personne. « Hors d'ici, canailles, leur cria-t-il; ce mort m'appartient, je vais le prendre, et, si vous ne décampez au plus vite, je vous tords le cou.
- Seigneur à la plume rouge, lui répondit le soldat, vous n'êtes pas mon capitaine; je n'ai pas d'ordres à recevoir de vous, et vous ne me ferez pas peur. Passez votre chemin, nous restons ici.

Le diable pensa qu'avec de l'argent il viendrait à bout de ces deux misérables, et prenant un ton plus doux, il leur demanda tout familièrement si, moyennant une bourse pleine d'or, ils ne consentiraient pas à s'éloigner. « A la bonne heure, reprit le soldat, voilà qui est parler, mais une bourse d'or ne nous suffit pas ; nous ne quitterons la place que si vous nous en donnez de quoi remplir une de mes bottes.
- Je n'ai pas sur moi ce qu'il faut, dit le diable; mais je vais en aller chercher. Dans la ville ici près demeure un usurier de mes amis qui m'avancera volontiers la somme.
Quand le diable fut parti, le soldat tira sa botte gauche en disant : « Nous allons lui jouer un tour de vieille guerre. Compère, donnez-moi votre couteau. » Il coupa la semelle de ta botte et posa la tige toute dressée dans les hautes herbes, contre une tombe voisine. « Tout va bien, dit-il ; maintenant le noir ramoneur peut revenir. »
Ils n'attendirent pas longtemps : le diable arriva avec un petit sac d'or à la main. Versez, dit le soldat en haussant un peu la botte; mais ce ne sera pas assez.
Le malin vida le sac ; mais l'or tomba par terre et la botte resta vide. « Imbécile, lui cria le soldat, cela ne suffit pas. je te l'avais bien dit. Retourne en chercher et rapportes-en davantage.
Le diable partit en secouant la tête, et revint au bout d'une heure avec un bien plus gros sac sous le bras.
- Voilà qui vaut mieux, dit le soldat; mais je doute que cela remplisse encore la botte.
L'or tomba en résonnant, mais la botte resta vide. Le diable s'en assura lui-même en y regardant avec des yeux ardents.
- Quels effrontés mollets as-tu donc ? s'écria-t-il en faisant la grimace.
- Voudrais-tu, répliqua le soldat, me voir un pied de bouc comme le tien ? Depuis quand es-tu devenu avare ? Allons, va chercher d'autres sacs, ou sinon pas d'affaire entre nous.
Le maudit s'éloigna encore. Cette fois il resta plus longtemps absent, et quand il revint à la fin, il pliait sous le poids d'un sac énorme qu'il portait sur son épaule. Il eut beau le vider dans la botte, elle se remplit moins que jamais. La colère le prit, et il allait arracher la botte des mains du soldat, quand le premier rayon du soleil levant vint éclairer le ciel. A l'instant même il disparut en poussant un grand cri. La pauvre âme était sauvée.
Le paysan voulait partager l'argent ; mais le soldat lui dit : « Donne ma part aux pauvres. Je vais aller chez toi, et avec le reste nous vivrons paisiblement ensemble, tant qu'il plaira à Dieu.
FIN
Derrière la porte...
par Erwan Le Goffic
Laissez-moi vous conter ce soir funèbre où ma vie a basculé, ce soir où j'ai bien cru que j'allais mourir, ce soir où j'ai perdu la raison : c'était un soir de printemps, j'avais alors 14 ans.
A cette époque, ma grand-mère maternelle n'allait pas bien du tout. Elle était à l'hôpital depuis déjà deux ou trois semaines, j'étais allé la voir quelques fois avec mes parents, mais elle ne me paraissait pas vraiment bien aller, et je ne pouvais m'empêcher de me dire qu'elle ne rentrerait plus chez elle. Et puis aussi ce jour-là il avait fait beau, et je me sentais bien, ainsi, lorsque mes parents m'ont proposé d'aller la voir, avec eux, en cette fin d'après-midi, j'ai refusé. Mon père a alors suggéré d'aller au restaurant pour se détendre après la visite à l'hôpital, l'idée tentait ma mère, mais moi je voulais rester à la maison.
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Alors sans attendre je leur ai dit que je pouvais bien passer la soirée tout seul. Ils m'ont alors proposé d'inviter des copains si je le voulais, et je ne me suis pas fait prier pour accepter ! C'est ainsi que je me suis retrouvé ce soir-là avec Arnaud et David : deux amis avec qui je passais la majeure partie de mon temps depuis le début du collège.
Nous nous trouvions dans ma chambre à écouter de la musique. Sans explications, Arnaud baissa le volume. David et moi le regardions, intrigués, puis finalement d'un air amusé il nous demanda :
- Dites, ça ne vous dirait pas qu'on se raconte quelques histoires qui font peur, hein ? Ca pourrait être sympa, non ?
J'hésitais quelques peu, surpris par cette proposition. Finalement David accepta, et je le suivis. Alors Arnaud tout en coupant la musique, nous demanda :
- Alors ! qui commence ?
Tout d'abord, aucun de nous ne répondit. Moi j'avais bien une idée d'histoire, mais je n'osais pas trop la raconter... Et mon dieu ! J'aurais vraiment bien fait de me taire ce soir-là, mais je ne l'ai pas fait : En effet, timidement je finis par répondre :
- Heu... moi, à la limite... j'en ai bien une.
- Ah ?
- Ouais mais heu... je sais pas si elle va bien rendre.. je...
- Bah allez, te fait pas prier, vas-y !
Et je l'ai fait, malheureusement, je l'ai fait : Je me suis assis en tailleur sur le lit, et pendant que d'un air grave je fixais alternativement Arnaud et David, ils se sont assis autour de moi, au bord du matelas.
J'ai laissé passer quelques secondes afin de rendre l'atmosphère encore un peu plus lourde, puis j'ai entamé mon récit :
« C'est une histoire assez terrible dont j'ai entendu parler une fois. Cela se passait il y a quelques années : Un père de famille rentrait chez lui après le travail, il trouva sa maison en train de brûler. Il habitait à la campagne, et il n'y avait pas de voisins pour alerter les pompiers. Il pensa tout de suite à son fils de sept ans qui était peut-être dans la maison, il se précipita alors à l'intérieur, cria pour l'appeler, et il eut une réponse ! Son fils était bloqué dans sa chambre, le père couru jusqu'à la porte, essaya de l'ouvrir, mais elle restait bloquée : Dans la chambre, une poutre tombée du plafond l'empêchait de s'ouvrir. Il cogna, et cogna encore de toutes ses forces contre la porte, il se ruait contre elle, son fils hurlait, il appelait à l'aide, et lui, il paniquait : la porte ne s'ouvrait pas. Il se rua encore contre elle, il hurlait de rage, pleurait de désespoir, il ne réfléchissait plus, il n'y avait plus que cette porte, et son fils qui hurlait de l'autre côté. Il a appelé à l'aide jusqu'à la fin : Son fils à brûlé dans la maison, et le père aussi. Il n'a jamais réussi à ouvrir la porte, et il est resté à se ruer contre elle jusqu'à sa mort. »
Arnaud me regarda l'air dégoûté, et me dit :
- Ben dit donc, c'est glauque !
- C'est pas joyeux en effet, répondit David avant que je ne réagisse. Il avait aussi l'air assez choqué par l'histoire.
C'est alors que, emporté par ce succès, j'ai raconté la suite. J'ai été stupide, elle me faisait aussi peur qu'à eux cette histoire, surtout la suite, et j'ai vraiment été idiot d'avoir continué, je n'aurais jamais dû, jamais.
« Oui, mais vous ne connaissez pas la suite... Parce que depuis lors, le fantôme du père cherche toujours à ouvrir la porte et à sauver son fils. Et si tu dis... heu... je ne préfère pas le dire vraiment... Mais en gros si tu appeles à l'aide en criant « papa », que tu dis que tout brûle, et que tu lui demandes de venir te chercher, cela attire le fantôme, et il arrive derrière ta porte pour te prendre »
David, pensif, me regarda l'air intrigué, et calmement me dit :
- Purée ça fout les boules, c'est sûr... Mais bon toi, tu as déjà essayé de l'appeler ?
- Non... ça me fait assez peur comme ça ! Je n'ai pas envie d'aller vérifier. »
Arnaud, une lueur d'excitation dans le regard, observa David, puis moi, et finalement nous demanda :
- Hé ! ça vous dirait d'essayer ?
Je me crispai, comprenant que je n'avais pas du tout envie d'essayer une chose pareille, je regrettai déjà d'en avoir parlé. Mais David, lui, semblait y réfléchir, et au bout de quelques secondes il finit par lever la tête et dire « ouais ! Pourquoi pas ! ».
J'allais leur dire que je ne souhaitais pas du tout faire une telle chose, mais Arnaud n'attendit pas que je manifeste mon opinion : Sans me porter le moindre regard, il commença à parler d'une voix aiguë et chevrotante, cherchant à imiter celle d'un petit garçon :
- Papa ! ppaaappppaa, à l'aaaaiiiiiide, tooouuut brrrûûûûle autour de moi, j'ai peeeeeuuurrr !
Il souriait, mais moi pas du tout : j'étais vraiment terrifié. Mais lui il souriait, et David le regardait avec amusement, sans rien dire. Et il reprit encore de plus belle, sa voix était maintenant plus forte, il criait presque :
- JJEEEEEE BRRRRRUUUUUUULLLE, PPPPAAAAPPPPPAAAAAA, JEEEE BRRRUUUULLLLEEE, AAAAAAAAHHHHHHHH !
- ARRETE MAINTENANT ARNAUD ! C'EST PAS DROLE.
C'était sorti comme ça, je le fusillais du regard, je me sentais énervé, mais j'étais surtout terrorisé, j'avais vraiment peur, et je ne voulais pas en entendre plus.
- Ben... quoi ? T'as peur ? Oh, allez c'est pas grand-chose, non ? C'est une histoire ! c'est tout ! Allez...
Et toujours ce stupide sourire aux lèvres il reprit :
- PAAAAAPPAAAAAA JEEEE T'EEEEENNN SSSUUUUPPPPLLLLLIIEEE, PAPAAAAAA, IL Y A LE FFEEEUU PAAARRRRTTT...
- TU ! ... ARRETES ! ... MAINTENANT ! ... COMPRIS ? »
Là il s'était tu, il n'y avait plus un bruit dans la chambre, Arnaud me regardait, l'air étonné, sûrement qu'il avait été surpris par l'agressivité et la colère que je venais de déployer pour lui crier de s'arrêter : J'en étais d'ailleurs essoufflé, et je le fixais du regard le plus réprobateur et colérique que je pouvais.
On ne parlait plus, Arnaud et moi restions là, immobiles, à se fixer mutuellement. Finalement, David, tout timidement, finit par dire :
- Bon, allez les gars, on ne va pas se disputer pour ça, hein les...
« BOUM ! ... BOUM ! ... BOUM ! ... »
Nous avons sursauté tous les trois, une décharge d'adrénaline m'a envahi. Je me suis braqué ainsi que mes deux amis vers la source du bruit : vers la porte de ma chambre. Le bruit continuait, impassible et terrifiant : Et puis là, en prime des coups contre la porte, ont commencé les cris, ces horribles cris qui malheureusement resteront je crois bien à jamais gravés dans ma mémoire. Je peux les entendre encore aujourd'hui alors que je vous parle : Cela ressemblait à un monstrueux mélange entre le brame d'un cerf et le cri d'un éléphant, même si cette description ne me semble pas si proche de la réalité, je ne trouve pas trop de comparatifs pour l'exprimer. Ce cri était en tout cas inhumain, aigu et profond, d'une tristesse infinie et d'une agressivité sans nom... Et les coups contre la porte, et ce cri horrible, continuaient, sans relâche, sans la moindre trêve. J'étais terrorisé, je m'étais rabattu vers les oreillers du lit, et je les serrais d'ailleurs très fort. Arnaud lui, plus valeureux, même s'il n'avait pas l'air très fier, avait saisi ma chaise de bureau, et la brandissait, prêt à frapper ce qui pourrait entrer dans la chambre. Mais ce fut David qui paniqua le plus, les cris immondes avaient dû finir de ronger les dernières subsistances du courage qui l'empêchait de s'écrouler : Il était maintenant assis contre le mur, recroquevillé sur lui-même, son visage était tout rouge, il pleurait, il gémissait, mais entre ses larmes il finit par parler un peu : Puis la panique finit d'envahir David, il se leva, ouvrit la fenêtre, et tout en pleurant nous dit : Et l'odeur ! Je ne m'en étais pas rendu compte au début, mais maintenant l'air de la chambre en devenait suffocant tellement la puanteur était atroce. Une odeur de viande pourrie, mêlée à celle de cochon brûlé : et mon dieu c'était insoutenable, abominable. Je me suis détourné de la fenêtre : je vis Arnaud qui restait immobile, debout, sa chaise dans les mains, les yeux écarquillés, il avait l'air ailleurs. Je me demandais comment il faisait pour rester en plein milieu de la pièce, alors qu'elle baignait dans cette puanteur. C'est alors que sans bouger plus que la main, il finit par lâcher sa chaise, puis un soubresaut le parcouru, il se courba en deux, et vomis abondement sur la moquette. La vision que j'avais devant moi d'Arnaud vomissant, le son que cela produisit, ainsi que l'odeur qui se mêlait à celle immonde de viande pourrie et brûlée, en était trop pour moi aussi, et je vomis à mon tour. Mais il fallait arrêter de faire du bruit, des geignements, des plaintes qui pouvaient attirer ce qu'il y avait derrière la porte. Il fallait attendre qu'il s'en aille, avant de descendre au rez-de-chaussée appeler quelqu'un au téléphone pour venir en aide à David. Arnaud finit par comprendre, et nous nous sommes calmement assis, terrifiés malgré tout par cette ambiance cataclysmique de coups ininterrompus contre la porte, par ce cri immonde qui nous perçait les tympans, et par cette odeur insoutenable qui se mélangeait maintenant à l'odeur de nos vomissures. Et nous avons attendu que tout cela s'arrête, nous étions assis en tailleur, à même le sol, sans bouger, pales et terrifiés. Progressivement les cris se sont calmés, l'odeur s'est atténuée, et les coups contre la porte ont baissé en fréquence et en intensité' jusqu'à ce que le silence revienne enfin, et que nous pouvions de nouveau entendre, étouffés à travers la fenêtre fermée, les cris de douleur de David qui gisait toujours au dehors. Arnaud me regarda alors, et à voix basse me demanda : Mais il n'eut pas le temps de finir sa phrase que comme un éclair, une main surgit de l'encadrement de la porte entrebâillée, se rallongea d'une manière monstrueuse et vint agripper Arnaud à la taille : Celui-ci restait pétrifié, sans même crier, les yeux écarquillés. A première vue, la main, et le bras m'avaient semblé de couleur noire, mais à cause des petites brillances, de ces sortes d'écailles que je discernais dessus, j'eus l'horreur de deviner que toute la peau de ce « bras » qui s'enroulait maintenant autour de la taille d'Arnaud était entièrement brûlée. D'ailleurs l'odeur de porc brûlé et de viande pourrie revint m'assaillir les narines.
« ... BOUM ! ... BOUM ! ... BOUM ! ... »
- C'est quoi ce boucan ! s'écria Arnaud dont la voix couvrait à peine le bruit de coups de plus en plus fort qui provenait de la porte.
- Si c'est une blague, c'est vraiment pas drôle, rétorqua David qui se tenait maintenant debout, plaqué contre le mur opposé à la porte. Il semblait mort de peur, il fallait dire que moi aussi je l'étais.
- ooohhhhh noooonnn, c'est quoi ce truc, j'ai peeeuuur, à l'aide, à l'aaaiiiide.
Immédiatement, comme pour répondre aux geignements de David, le cri se fit encore plus fort, encore plus déchirant, encore plus terrifiant. Cette fois-ci les coups redoublèrent contre la porte, elle était parcourue de soubresaut, mais bizarrement ou plutôt monstrueusement, elle restait fermée, et ne se brisait pas.
- J'veux pas rester là moi, j'préfère tenter ma chance par dehors.
- Non, fais pas...
Mais j'eus à peine le temps de réagir, qu'il était déjà en train de se laisser glisser par l'encadrement de la fenêtre. Et le temps de me lever du lit pour aller le retenir, je l'entendais déjà glisser sur les ardoises du toit puis, je ne l'entendis plus. Son silence m'a semblé durer très longtemps, et ce fut son cri, déchirant, qui me renvoya à la réalité :
« AAAHH, J'AI MAAAL ! JE SUIS TOOOOMBEEEE ! MOOONN DOOOOS, AAAAAHHHH J'AI MAAAAAAL ! »
Et là l'horreur fut totale : A travers l'encadrement de la fenêtre, je regardais David, qui hurlait, gisant sur la terrasse du jardin, en bas. Et les cris émis par ce qui était derrière la porte devinrent complètement fous et assourdissants. Les coups portés devenaient plus fréquents, à un rythme monstrueux, insoutenable : Je devenais fou, tout cela était un cauchemar implacable, terrifiant, et les cris de David qui agonisait en bas ne faisaient qu'ajouter à l'horreur de la situation. Surtout que ni Arnaud ni moi ne pouvions sortir de la chambre pour lui venir en aide.![]()
Je me sentais fatigué, je m'appuyai dos au mur, David continuait d'hurler au dehors, et les coups sur la porte n'arrêtaient plus, ils avaient encore redoublé. J'eus alors l'idée que les cris de David au dehors pouvaient stimuler la source de tout cela, et sans réfléchir d'avantage, je me retournai vers la fenêtre et la refermai avec empressement. J'eus du mal à expliquer à Arnaud pourquoi j'avais fermé la fenêtre, pourquoi on allait pas aider David.
- A ton avis maintenant, qu'est ce qu'on fait ?
Je réfléchis un peu avant de répondre, puis dit :
- Il faudrait téléphoner aux pompiers, ou je sais pas, à une ambulance ! Pour venir en aide à David.
- Il est où le téleph...
- Le téléphone est en bas !
- Tu penses que c'est parti ?
- Ben, on ne l'entend plus...
- C'est vrai...
- Va falloir descendre en bas... Heu... j'ai pas trop envie.. de... de.. sortir. Je...
- Bon, je vais y aller... De toute façon, il est plus là, hein ?
- Heu... t'es sûr ?
- Mais oui.
Arnaud se leva alors lentement. D'un pas hésitant, il s'avança jusqu'à la porte. Saisis doucement la poignée, et poussa légèrement la porte qui s'entrebâilla sur le couloir. L'air amusé il se retourna vers moi, et dit à haute voix :
- C'est dingue, la porte était ouverte, il est con ce fan...
Je n'eus que le temps de me lever avant de voir Arnaud disparaître sous mes yeux, emporté dans le couloir à une vitesse impossible, puis la porte se referma dans un claquement assourdissant. Je courus jusqu'à la porte, mais je ne voulus pas y toucher, je ne voulais pas l'ouvrir. Je criai alors le nom d'Arnaud, j'ai bien dû rester là pendant une éternité à crier son nom, mais rien, aucune réponse.
Et je n'avais pas osé ouvrir la porte : j'avais peur que cela soit encore derrière. Toujours comme aujourd'hui d'ailleurs : En effet, même maintenant j'ai encore la peur d'ouvrir une porte, mes parents m'ont amené chez le psychiatre après ce soir-là, mais je ne lui ai jamais rien dit, ni à personne d'ailleurs, pas même à mes parents. De toute façon, ils ne me croiraient pas.
Personne ne revit jamais Arnaud, on m'a demandé si je l'avais vu ce soir-là, mais j'ai dit que non, et David en fit de même... : Lui, il passa un mois à l'hôpital, il s'était cassé le coccyx en tombant du toit... Et aussi bien lui que moi sommes maintenant toujours terrifiés quand nous nous retrouvons face à une porte fermée : Nous avons toujours peur qu'un jour cela vienne nous chercher à notre tour, nous n'osons plus ouvrir la moindre porte de peur qu'il soit de l'autre côté. Oui, nous avons et aurons maintenant toujours peur de ce qu'il peut y avoir... y avoir derrière la porte.
FIN