18/10/2007 00:23 par happy-halloween
18/10/2007 00:23 par happy-halloween
Les Friandises salées
Ingrédients qu'il vous faut :
-
Des oeufs de caille
-
Des olives vertes
-
De la mayonnaise
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Une tranche de tomate
-
Des mini saucisses apéritif à cuire
-
Des amandes effilées
-
Du ketchup
-
Des cure-dents
Les yeux de crapaud
- Faites cuire les oeufs de caille afin d'obtenir des oeufs durs. Les laisser refroidir.
- Dénoyautez les olives et les couper en rondelles.
- Retirez les coquilles des oeufs durs et les couper en deux dans le sens de la longueur. Disposez-les dans une petite assiette.
- Déposez un petit peu de mayonnaise ainsi qu'une rondelle d'olive sur chaque jaune d'oeuf.
- Glissez un minuscule bout de tomate au centre de l'olive.
Les doigts de vampire
- Faites cuire les saucisses 4 mn puis les laissez refroidir.
- Assemblez les saucisses deux par deux à l'aide d'un cure-dent qui fera office d'os (coupez soigneusement les pointes).
- Glissez une amande effilée à l'extrémité d'une des saucisses pour représenter l'ongle.
- Un peu de ketchup à l'autre extrémité pour imiter du sang donnera un meilleur effet. Pour donner plus de réalité, vous pouvez aussi épluchez les saucisses auparavant.
Halloween en Espagne !
18/10/2007 00:21 par happy-halloween

El Dia de los Muertos
Il y a plus de 500 ans les conquistadors espagnols ont découvert le Mexique et un rituel aztèque pratiqué depuis plus de 3000 ans qui leur paraissait irrespectueux et sacrilège. Ils pensaient que les aztèques se moquaient de la mort.

Au contraire des espagnols qui voyaient la mort comme la fin de la vie, les aztèques la voyaient comme sa continuation. Pour eux la vie n'était qu'un rêve et en mourant on se réveillait.

Ils gardaient des crânes et les exhibaient durant les fêtes pour célébrer la mort et la renaissance et pour honorer les morts qui selon eux revenaient en visite à cette époque de l'année. Les espagnols n'ont pas réussi à éliminer ce rituel. Ils ont du se contenter d'en fixer la date en même temps que celle d'une fête chrétienne : la Toussaint.

Cette fête très joyeuse s'appelle el Dia de los Muertos (la fête des morts). C'est le moment où les âmes de ceux qui sont partis viennent rendre visite aux vivants aussi bien depuis le paradis que l'enfer et le purgatoire. Il est recommandé de ne pas pleurer à cette occasion même si l'on est triste car les anciens disent que les larmes rendraient glissants le chemin. Cette fête dure du 30 octobre au 2 novembre.

Tout est fait pour apprivoiser la mort : on lui donne des petits surnoms : la flaca (la maigre), la huesada (l’osseuse), la tia de la muchachas (la tante des femmes) et on la représente de façon ironique, les squelettes dansent, chantent et s'occupent exactement comme des vivants. ou en tenue affriolante, fume cigarette de star et plumes. Dans les rues, défilent des squelettes qui dansent (les calacas). C'est cette fête qui a inspiré Les Noces funèbres de Tim Burton.

A cette occasion, on fabrique le pain des morts. On édifie des autels en souvenir de ceux que l'on aimait avec des offrandes dessus. On décore avec des papel picados. La mort est représentée aussi dans les friandises : des têtes de mort sucrées (les alfenique), des cercueils en chocolat. Un collier amulette à fabriquer et à porter pour halloween pour s'inspirer des mexicains.

Les tombes et les rues près des cimetières sont décorées de soucis. Il y a des parades. On rend visite à ses morts aux cimetières. On amène des jouets aux enfants, de la tequila aux adultes et on piquenique sur les tombes en mangeant les plats préférés des morts. Le mot croisé d'el dia de los muertos.
Les papel picados


Les papel picados sont des décorations en papier découpé fabriqués pour les "dia de los muertos". Elles sont souvent alignées en banderoles.
Les alfenique

Les Alfenique sont une friandise représentant des têtes de mort en sucre et joliment décorés.

Bricolage : Créations en papier alvéolé
18/10/2007 00:19 par happy-halloween
Création en papier alvéolé
Matériel qu'il vous faut : Réalisation d'une courge : - Dessinez votre courge sur la feuille de carton ou aidez-vous d'un modèle. - Découpez votre forme et coloriez en vert la queue de la courge. - Ensuite, placez votre courge en carton à cheval sur le bord du papier alvéolé, de manière à ce que vous puissiez reporter le contour de la moitié de votre forme. - Comme vous collerez le papier alvéolé des deux côtés de votre carton, il vous faut deux demi-courges coupées dans le papier à alvéoles. - Encollez la moitié de la courge en carton, collez-y le papier alvéolé et pressez fermement. Laissez sécher quelques minutes. - Ensuite, enduisez de colle la deuxième moitié de votre courge en carton et déployez le papier alvéolé pour le coller. Il formera ainsi une demi-sphère. - Procédez de la même façon pour faire l'autre face de la courge. Et voilà le résultat ! Créez d'autres motifs : Le principe reste toujours le même, bon amusement !









Légende urbaine : La tante
18/10/2007 00:17 par happy-halloween

La tante
C'était la première fois depuis la naissance de leur enfant que ce jeune couple partait en vacances. Ils avaient demandé à la tante de la jeune femme de garder leur bébé durant leur séjour, ce qu'elle accepta avec joie.
Le jour du départ arriva, mais la tante n'était pas encore arrivée. La jeune femme décida donc de téléphoner à sa tante pour voir si elle était en route, car leur avion décollait dans quelques heures. La tante lui répondit qu'elle n'avait pas vu l'heure, et quelle partait immédiatement. Comme le temps pressait et que la tante n'avait que quelques kilomètres a faire, le jeune couple partit pour l'aéroport.
Au bout de deux semaines, les jeunes parents étaient heureux à l'idée de retrouver leur enfant. Quand ils arrivèrent chez eux ,ils trouvèrent leur bébé dans sa chaise... mort. La tante était morte dans un accident de voiture en allant chez eux le jour de leur départ.
Desserts de sorcière
18/10/2007 00:14 par happy-halloween
Des vers de terre délicieux
Ingrédients qu'il vous faut :
- Pouding au chocolat
- Biscuits au chocolat
- Vers de terre en bonbon
- Verres de plastique jetables, transparents
Réalisation :
- Préparer le pouding au chocolat ( Recette ci-dessous) ; réserver.
- Réduire en miettes les biscuits au chocolat; réserver.
- Dans le fond d'un verre de plastique, placer un ver en bonbon. Recouvrir de pouding au chocolat jusqu'à la moitié du verre.
- Pour terminer le tout, saupoudrer d'une bonne couche de miettes de biscuits au chocolat (environ 1 cm).
- Les vers de terre sont presque prêts. Il ne reste plus qu'à enfoncer à demi un autre ver en bonbon et de le faire serpenter sur le dessus !

Pouding au chocolat
Préparation : 20 min
Cuisson : 25 min
Portions : 8
Ingrédients qu'il vous faut :
- 1 tasse (250 ml) farine tout-usage
- 1 tasse (250 ml) sucre
- 1/2 tasse (125 ml) cacao, en poudre
- 2 c.à thé (10 ml) poudre à pâte (liant pour pâtisserie à base de fécule de maïs, de bicarbonate de soude et de phosphate monocalcique).- 1/2 c.à thé (2 ml) bicarbonate de soude
- 1/4 c.à thé (1 ml) sel
- 1/2 tasse (125 ml) lait
- 1/4 tasse (65 ml) huile végétale
- 1 c.à thé (5 ml) essence de vanille
- 1/2 tasse (125 ml) cassonade, pressée
- 1 1/2 tasse (375 ml) eau, bouillante

Réalisation :
- Préchauffer le four à 350°F (180°C).
- Dans un bol, mélanger la farine, 3/4 tasse (190 mL) de sucre, 1/4 tasse (65 mL) de poudre de cacao, la poudre à pâte, le bicarbonate de soude et le sel.
- Ajouter le lait, l'huile et la vanille et mélanger jusqu'à ce que la préparation forme une pâte épaisse.
- A l'aide d'une spatule, étendre la pâte dans un moule rond de 9 po (22 cm) ou dans un moule d'une capacité de 5 1/2 tasses (1,3 L) graissé.
- Parsemer la pâte du reste du sucre et de la poudre de cacao et de la cassonade. Verser l'eau bouillante sur la pâte.
- Cuire au four préchauffé pendant 25 min ou jusqu'à ce que le gâteau ait pris sur le pourtour, mais soit encore mou et légèrement bouillonnant sur le dessus.
- Mettre le moule sur une grille et laisser refroidir le pouding pendant au moins 10 min.
- Servir chaud ou à la température ambiante, et bon appétit !
Histoire de revenants
18/10/2007 00:12 par happy-halloween
Les revenants
Les histoires de fantômes, de spectres et de revenants ne datent pas d'hier. Depuis aussi longtemps que la mémoire des hommes puisse se souvenir, les histoires d'apparitions d'esprits des gens morts sont rencontrés dans chaque coin du monde et les meilleures histoires de fantômes et de maisons hantées. Plusieurs relatent même des apparitions de fantômes d'animaux. Le plus grand mystère de la vie étant sans nul doute la mort, les appartitions d'outre-tombes resterons sujets d'actualités encore bien longtemps. Cette section vous permet de découvrir certains cas d'apparitions et d'histoires de fantômes devenues populaires. Histoire de revenants 
Autrefois les revenants abondaient dans le pays ; du moins tout le monde prétendait en avoir vu. Il y en avait des blancs, des rouges, des noirs et de toutes les couleurs. Des revenants qu’on avait vus dans des maisons habitées ou désertes, le long du grand chemin, dans la plaine, sur la colline, sur la lisière des bois, dans les airs du temps ; des revenants par-ci par-là, et un peu partout.
Brrr... J’en tremble encore au souvenir de toutes ces histoires macabres qui avaient cours dans ces temps-là et que l’on se racontait surtout les soirs au coin de l’âtre. Les plus âgés même en étaient affectés, et quant aux enfants on les avait rendus tellement nerveux, qu’ils n’osaient plus mettre le nez à la porte de la maison, après le coucher du soleil.
Ces revenants se montraient le plus souvent revêtus d’un grand manteau ou drap blanc, qui leur enveloppait toute la figure, à l’exception de deux grands yeux flamboyants qui jetaient la terreur dans l’âme de tous ceux qu’ils regardaient.

C’était parfois, disait-on, des âmes du Purgatoire qui revenaient ainsi sur la terre pour demander des prières, afin d’être délivrées plus tôt de leurs souffrances, ou bien qui étaient obligées de venir expier leurs péchés dans les lieux mêmes où elles les avaient commis.
D’autre part, la légende voulait qu’il y eût des damnés, surtout ceux qui s’étaient perdus par les plaisirs de la danse, qui fussent obligés de s’assembler par temps dans certains lieux solitaires pour y danser des rondes macabres, aux sons d’un violon qui n’était autre qu’un squelette, sur lequel le démon râclait un ossement en guise d’archet.
Pour réduire les enfants à l’obéissance, on leur disait que s’ils ne faisaient pas leur devoir la grande dame blanche qu’on voyait sur la colline viendrait les chercher quelque bon jour. Ou bien que ce serait des Anglais qui, arrivant à la sourdine, leur couperaient les oreilles pour en faire de la boitte à poisson. Ou encore, que les sauvages qu’on voyait passer de temps à autre, les emporteraient dans leurs paniers pour les jeter dans la rivière.
Il va sans dire qu’avec ces menaces et toutes ces histoires de fantômes et de revenants, on avait fini par rendre la jeunesse d’alors on ne peut plus timide et des plus peureuses.
Ajoutez à cela que nous avions dans ces temps-là des conteurs de contes de profession, qui ne manquaient pas de renchérir sur toutes les histoires qui avaient cours dans le pays.
Espèce de troubadours ambulants, ils passaient les villages à certaines époques de l’année, surtout après l’achèvement des travaux d’automne, et ils étaient bien reçus partout chez nos habitants, qui leur donnaient le gîte et pension pour le plaisir de les entendre raconter leurs récits merveilleux.
A part la pension ils ne manquaient pas de faire une bonne provision de menue monnaie qu’on leur donnait toujours en forme de quête après la veillée.

L’arrivée de l’un de ces conteurs de contes dans un village était tout un événement. La jeunesse en foule allait à sa rencontre pour le conduire jusqu’à sa maison de pension.
– Batiste, où allez-vous loger ce soir ?
– Chez Pierre à p’tit Jean, mes enfants !
– Avez-vous des contes nouveaux, cette année ?...
– Oui, oui, mes enfants, des nouveaux et des beaux.
– Comment les appelez-vous ?
– Eh bien, c’est le conte de la « Lampe merveilleuse », celui du « Grand Géant », « Les Bottes de sept lieues » et bien d’autres.
– Allez-vous commencer à les conter ce soir ?
– Oui, oui, mes enfants, ce soir. Venez tous et
n’oubliez pas de m’apporter des sous.
Une certaine année ce Batiste, le plus célèbre des conteurs de ces temps-là, était venu établir son domicile à la demeure paternelle.

Le premier soir de son arrivée, la maison se trouvait littéralement bondée des gens du village qui étaient venus écouter notre célèbre conteur.
Aussi je dois dire que Batiste se surpassa pour ainsi dire en cette occasion, faisant passer ses auditeurs par toutes les péripéties des drames les plus émouvants pour les faire rire ensuite à gorge déployée par le récit d’aventures drôles et piquantes.
Enfin la soirée se termina par une histoire de revenants à faire dresser les cheveux sur la tête, histoire qui ne manqua pas de jeter l’effroi dans l’âme de plus d’un auditeur et de faire pâlir plus d’un visage.
Dans l’auditoire se trouvaient deux frères du nom de Boudreau, Pierre et Dominique, deux sceptiques si jamais il en fut et qui étaient bien loin d’ajouter foi à toutes ces histoires de revenants et aux racontages du bonhomme Batiste. De plus c’étaient deux fiers gaillards, de vrais Hercule qui n’avaient pas froid aux yeux comme on disait dans le pays.

À un moment de la veillée, l’un d’eux, Pierre, disparut mystérieusement de l’assemblée sans que personne vint à s’apercevoir de son absence.
S’emparant d’un grand drap blanc dont il s’affubla, il alla se poster auprès d’une barrière par où les gens de la soirée devaient passer en s’en retournant chez eux.
Le premier ensuite à quitter la maison fut Dominique qui lui aussi n’avait pas remarqué l’absence de son frère.
Arrivé tout près de la barrière, voilà qu’il aperçoit un grand fantôme blanc qui se lève en plein dans son chemin et qui d’une voix des plus gutturale se met à proférer de sinistres Hou ! Hou ! Hou ! ! !
– Diantre, se dit Dominique, serait-ce bien vrai après tout qu’il y aurait des revenants ?...
– Hou ! Hou ! Hou ! ! ! répétait le fantôme.

– Tiens, se dit encore Dominique, si c’est là vraiment un revenant, il doit être Anglais, car il dit bien Who ! Who ! ! et j’ai bonne envie de lui faire son affaire à ce mécréant de revenant anglais.
– Tu veux savoir qui je suis, continua Dominique, eh ! bien, apprends, M. le fantôme, que je suis Dominique Boudreau, un honnête chrétien. De plus, fantôme ou vivant, je te conseille de me parler français si tu veux que je te comprenne.
Et Hou ! Hou ! Hou ! ! ! encore de la part du fantôme.
– Attends, je vais t’en donner des Who, Who, dit Dominique, et en deux bonds il était sur le faux
fantôme qu’il terrassait et qu’il assommait de coups de pieds et de poings.
– Arrête ! mais arrête donc, s’écriait le fantôme ! Arrête, ne me connais-tu pas, c’est moi, ton frère Pierre.
– Je n’ai point de frère parmi les fantômes, s’écriait Dominique, dont le sang s’était échauffé. Attrape ! pin, pan, pan ! Attrape toujours. Si tu n’es pas fantôme tout de bon, tu vas en devenir un maintenant. Et pin, pan, pan !... Attrappe !......
On dit que Pierre, en effet, reçut une telle volée qu’il en fut malade pour plusieurs jours, et qu’il perdit complètement, à partir de cette date, le goût et la fantaisie d’aller jouer au fantôme.
FIN
Légende : Frissons
18/10/2007 00:11 par happy-halloween
Frissons
Laissez-moi vous conter ce soir funèbre où ma vie a basculé, ce soir où j'ai bien cru que j'allais mourir, ce soir où j'ai perdu la raison : c'était un soir de printemps, j'avais alors 14 ans.
A cette époque, ma grand-mère maternelle n'allait pas bien du tout. Elle était à l'hôpital depuis déjà deux ou trois semaines, j'étais allé la voir quelques fois avec mes parents, mais elle ne me paraissait pas vraiment bien aller, et je ne pouvais m'empêcher de me dire qu'elle ne rentrerait plus chez elle. Et puis aussi ce jour-là il avait fait beau, et je me sentais bien, ainsi, lorsque mes parents m'ont proposé d'aller la voir, avec eux, en cette fin d'après-midi, j'ai refusé.
Mon père a alors suggéré d'aller au restaurant pour se détendre après la visite à l'hôpital, l'idée tentait ma mère, mais moi je voulais rester à la maison. Alors sans attendre je leur ai dit que je pouvais bien passer la soirée tout seul. Ils m'ont alors proposé d'inviter des copains si je le voulais, et je ne me suis pas fait prier pour accepter ! C'est ainsi que je me suis retrouvé ce soir-là avec Arnaud et David : deux amis avec qui je passais la majeure partie de mon temps depuis le début du collège.
Nous nous trouvions dans ma chambre à écouter de la musique. Sans explications, Arnaud baissa le volume. David et moi le regardions, intrigués, puis finalement d'un air amusé il nous demanda :
- Dites, ça ne vous dirait pas qu'on se raconte quelques histoires qui font peur, hein ? Ca pourrait être sympa, non ?
J'hésitais quelques peu, surpris par cette proposition. Finalement David accepta, et je le suivis. Alors Arnaud tout en coupant la musique, nous demanda :
- Alors ! qui commence ?
Tout d'abord, aucun de nous ne répondit. Moi j'avais bien une idée d'histoire, mais je n'osais pas trop la raconter... Et mon dieu ! J'aurais vraiment bien fait de me taire ce soir-là, mais je ne l'ai pas fait : En effet, timidement je finis par répondre :
- Heu... moi, à la limite... j'en ai bien une.
- Ah ?
- Ouais mais heu... je sais pas si elle va bien rendre.. je...
- Bah allez, te fait pas prier, vas-y !
Et je l'ai fait, malheureusement, je l'ai fait : Je me suis assis en tailleur sur le lit, et pendant que d'un air grave je fixais alternativement Arnaud et David, ils se sont assis autour de moi, au bord du matelas. J'ai laissé passer quelques secondes afin de rendre l'atmosphère encore un peu plus lourde, puis j'ai entamé mon récit :
« C'est une histoire assez terrible dont j'ai entendu parler une fois. Cela se passait il y a quelques années : Un père de famille rentrait chez lui après le travail, il trouva sa maison en train de brûler. Il habitait à la campagne, et il n'y avait pas de voisins pour alerter les pompiers. Il pensa tout de suite à son fils de sept ans qui était peut-être dans la maison, il se précipita alors à l'intérieur, cria pour l'appeler, et il eut une réponse !
Son fils était bloqué dans sa chambre, le père couru jusqu'à la porte, essaya de l'ouvrir, mais elle restait bloquée : Dans la chambre, une poutre tombée du plafond l'empêchait de s'ouvrir. Il cogna, et cogna encore de toutes ses forces contre la porte, il se ruait contre elle, son fils hurlait, il appelait à l'aide, et lui, il paniquait : la porte ne s'ouvrait pas.
Il se rua encore contre elle, il hurlait de rage, pleurait de désespoir, il ne réfléchissait plus, il n'y avait plus que cette porte, et son fils qui hurlait de l'autre côté. Il a appelé à l'aide jusqu'à la fin : Son fils à brûlé dans la maison, et le père aussi. Il n'a jamais réussi à ouvrir la porte, et il est resté à se ruer contre elle jusqu'à sa mort. »
Arnaud me regarda l'air dégoûté, et me dit :
- Ben dit donc, c'est glauque !
- C'est pas joyeux en effet, répondit David avant que je ne réagisse. Il avait aussi l'air assez choqué par l'histoire.
C'est alors que, emporté par ce succès, j'ai raconté la suite. J'ai été stupide, elle me faisait aussi peur qu'à eux cette histoire, surtout la suite, et j'ai vraiment été idiot d'avoir continué, je n'aurais jamais dû, jamais.
« Oui, mais vous ne connaissez pas la suite... Parce que depuis lors, le fantôme du père cherche toujours à ouvrir la porte et à sauver son fils. Et si tu dis... heu... je ne préfère pas le dire vraiment... Mais en gros si tu appeles à l'aide en criant « papa », que tu dis que tout brûle, et que tu lui demandes de venir te chercher, cela attire le fantôme, et il arrive derrière ta porte pour te prendre »
David, pensif, me regarda l'air intrigué, et calmement me dit :
- Purée ça fout les boules, c'est sûr... Mais bon toi, tu as déjà essayé de l'appeler ?
- Non... ça me fait assez peur comme ça ! Je n'ai pas envie d'aller vérifier. »
Arnaud, une lueur d'excitation dans le regard, observa David, puis moi, et finalement nous demanda :
- Hé ! ça vous dirait d'essayer ?
Je me crispai, comprenant que je n'avais pas du tout envie d'essayer une chose pareille, je regrettai déjà d'en avoir parlé. Mais David, lui, semblait y réfléchir, et au bout de quelques secondes il finit par lever la tête et dire « ouais ! Pourquoi pas ! ».
J'allais leur dire que je ne souhaitais pas du tout faire une telle chose, mais Arnaud n'attendit pas que je manifeste mon opinion : Sans me porter le moindre regard, il commença à parler d'une voix aiguë et chevrotante, cherchant à imiter celle d'un petit garçon :
- Papa ! ppaaappppaa, à l'aaaaiiiiiide, tooouuut brrrûûûûle autour de moi, j'ai peeeeeuuurrr !
Il souriait, mais moi pas du tout : j'étais vraiment terrifié. Mais lui il souriait, et David le regardait avec amusement, sans rien dire. Et il reprit encore de plus belle, sa voix était maintenant plus forte, il criait presque :
- Jejeeeeeee brrrrruuuuuullllle, ppaaaaappppa, jeeee brrrruuuullleee , Ahhhhhhhhhh !
- Arrète maintenant Arnaud ! Ce n'est pas drôle.
C'était sorti comme ça, je le fusillais du regard, je me sentais énervé, mais j'étais surtout terrorisé, j'avais vraiment peur, et je ne voulais pas en entendre plus.
- Ben... quoi ? T'as peur ? Oh, allez c'est pas grand-chose, non ? C'est une histoire ! c'est tout ! Allez...
Et toujours ce stupide sourire aux lèvres il reprit :
- paappaaaaa, Jeeee t'ennnnnnnn suuuuppplieee ppaapppaaaaa , Il y a le feueueu parrrttton !
- Tu ! ... Arrètes! ... Maintenant ! ... Compris ? »
Là il s'était tu, il n'y avait plus un bruit dans la chambre, Arnaud me regardait, l'air étonné, sûrement qu'il avait été surpris par l'agressivité et la colère que je venais de déployer pour lui crier de s'arrêter : J'en étais d'ailleurs essoufflé, et je le fixais du regard le plus réprobateur et colérique que je pouvais.
On ne parlait plus, Arnaud et moi restions là, immobiles, à se fixer mutuellement. Finalement, David, tout timidement, finit par dire :
- Bon, allez les gars, on ne va pas se disputer pour ça, hein les...
« BOUM ! ... BOUM ! ... BOUM ! ... »
Nous avons sursauté tous les trois, une décharge d'adrénaline m'a envahi. Je me suis braqué ainsi que mes deux amis vers la source du bruit : vers la porte de ma chambre. Le bruit continuait, impassible et terrifiant :
« ... BOUM ! ... BOUM ! ... BOUM ! ... »
- C'est quoi ce boucan ! s'écria Arnaud dont la voix couvrait à peine le bruit de coups de plus en plus fort qui provenait de la porte.
- Si c'est une blague, c'est vraiment pas drôle, rétorqua David qui se tenait maintenant debout, plaqué contre le mur opposé à la porte. Il semblait mort de peur, il fallait dire que moi aussi je l'étais.
Et puis là, en prime des coups contre la porte, ont commencé les cris, ces horribles cris qui malheureusement resteront je crois bien à jamais gravés dans ma mémoire. Je peux les entendre encore aujourd'hui alors que je vous parle : Cela ressemblait à un monstrueux mélange entre le brame d'un cerf et le cri d'un éléphant, même si cette description ne me semble pas si proche de la réalité, je ne trouve pas trop de comparatifs pour l'exprimer.
Ce cri était en tout cas inhumain, aigu et profond, d'une tristesse infinie et d'une agressivité sans nom... Et les coups contre la porte, et ce cri horrible, continuaient, sans relâche, sans la moindre trêve. J'étais terrorisé, je m'étais rabattu vers les oreillers du lit, et je les serrais d'ailleurs très fort. Arnaud lui, plus valeureux, même s'il n'avait pas l'air très fier, avait saisi ma chaise de bureau, et la brandissait, prêt à frapper ce qui pourrait entrer dans la chambre.
Mais ce fut David qui paniqua le plus, les cris immondes avaient dû finir de ronger les dernières subsistances du courage qui l'empêchait de s'écrouler : Il était maintenant assis contre le mur, recroquevillé sur lui-même, son visage était tout rouge, il pleurait, il gémissait, mais entre ses larmes il finit par parler un peu :
- ooohhhhh noooonnn, c'est quoi ce truc, j'ai peeeuuur, à l'aide, à l'aaaiiiide.
Immédiatement, comme pour répondre aux geignements de David, le cri se fit encore plus fort, encore plus déchirant, encore plus terrifiant. Cette fois-ci les coups redoublèrent contre la porte, elle était parcourue de soubresaut, mais bizarrement ou plutôt monstrueusement, elle restait fermée, et ne se brisait pas.
Puis la panique finit d'envahir David, il se leva, ouvrit la fenêtre, et tout en pleurant nous dit :
- J'veux pas rester là moi, j'préfère tenter ma chance par dehors.
- Non, fais pas...
Mais j'eus à peine le temps de réagir, qu'il était déjà en train de se laisser glisser par l'encadrement de la fenêtre. Et le temps de me lever du lit pour aller le retenir, je l'entendais déjà glisser sur les ardoises du toit puis, je ne l'entendis plus. Son silence m'a semblé durer très longtemps, et ce fut son cri, déchirant, qui me renvoya à la réalité :
« Aahhh, j'ai maaall ! je suis tombbéééée ! Moonn doooos, Ahhhhh ! J'ai maaaallll ! »
Et là l'horreur fut totale : A travers l'encadrement de la fenêtre, je regardais David, qui hurlait, gisant sur la terrasse du jardin, en bas. Et les cris émis par ce qui était derrière la porte devinrent complètement fous et assourdissants. Les coups portés devenaient plus fréquents, à un rythme monstrueux, insoutenable : Je devenais fou, tout cela était un cauchemar implacable, terrifiant, et les cris de David qui agonisait en bas ne faisaient qu'ajouter à l'horreur de la situation. Surtout que ni Arnaud ni moi ne pouvions sortir de la chambre pour lui venir en aide.
Et l'odeur ! Je ne m'en étais pas rendu compte au début, mais maintenant l'air de la chambre en devenait suffocant tellement la puanteur était atroce. Une odeur de viande pourrie, mêlée à celle de cochon brûlé : et mon dieu c'était insoutenable, abominable. Je me suis détourné de la fenêtre : je vis Arnaud qui restait immobile, debout, sa chaise dans les mains, les yeux écarquillés, il avait l'air ailleurs.
Je me demandais comment il faisait pour rester en plein milieu de la pièce, alors qu'elle baignait dans cette puanteur. C'est alors que sans bouger plus que la main, il finit par lâcher sa chaise, puis un soubresaut le parcouru, il se courba en deux, et vomis abondement sur la moquette. La vision que j'avais devant moi d'Arnaud vomissant, le son que cela produisit, ainsi que l'odeur qui se mêlait à celle immonde de viande pourrie et brûlée, en était trop pour moi aussi, et je vomis à mon tour.
Je me sentais fatigué, je m'appuyai dos au mur, David continuait d'hurler au dehors, et les coups sur la porte n'arrêtaient plus, ils avaient encore redoublé. J'eus alors l'idée que les cris de David au dehors pouvaient stimuler la source de tout cela, et sans réfléchir d'avantage, je me retournai vers la fenêtre et la refermai avec empressement. J'eus du mal à expliquer à Arnaud pourquoi j'avais fermé la fenêtre, pourquoi on allait pas aider David.
Mais il fallait arrêter de faire du bruit, des geignements, des plaintes qui pouvaient attirer ce qu'il y avait derrière la porte. Il fallait attendre qu'il s'en aille, avant de descendre au rez-de-chaussée appeler quelqu'un au téléphone pour venir en aide à David. Arnaud finit par comprendre, et nous nous sommes calmement assis, terrifiés malgré tout par cette ambiance cataclysmique de coups ininterrompus contre la porte, par ce cri immonde qui nous perçait les tympans, et par cette odeur insoutenable qui se mélangeait maintenant à l'odeur de nos vomissures.
Et nous avons attendu que tout cela s'arrête, nous étions assis en tailleur, à même le sol, sans bouger, pales et terrifiés. Progressivement les cris se sont calmés, l'odeur s'est atténuée, et les coups contre la porte ont baissé en fréquence et en intensité' jusqu'à ce que le silence revienne enfin, et que nous pouvions de nouveau entendre, étouffés à travers la fenêtre fermée, les cris de douleur de David qui gisait toujours au dehors.
Arnaud me regarda alors, et à voix basse me demanda :
- A ton avis maintenant, qu'est ce qu'on fait ?
Je réfléchis un peu avant de répondre, puis dit :
- Il faudrait téléphoner aux pompiers, ou je sais pas, à une ambulance ! Pour venir en aide à David.
- Il est où le téleph...
- Le téléphone est en bas !
- Tu penses que c'est parti ?
- Ben, on ne l'entend plus...
- C'est vrai...
- Va falloir descendre en bas... Heu... j'ai pas trop envie.. de... de.. sortir. Je...
- Bon, je vais y aller... De toute façon, il est plus là, hein ?
- Heu... t'es sûr ?
- Mais oui.
Arnaud se leva alors lentement. D'un pas hésitant, il s'avança jusqu'à la porte. Saisis doucement la poignée, et poussa légèrement la porte qui s'entrebâilla sur le couloir. L'air amusé il se retourna vers moi, et dit à haute voix:
- C'est dingue, la porte était ouverte, il est con ce fan...
Mais il n'eut pas le temps de finir sa phrase que comme un éclair, une main surgit de l'encadrement de la porte entrebâillée, se rallongea d'une manière monstrueuse et vint agripper Arnaud à la taille : Celui-ci restait pétrifié, sans même crier, les yeux écarquillés. A première vue, la main, et le bras m'avaient semblé de couleur noire, mais à cause des petites brillances, de ces sortes d'écailles que je discernais dessus, j'eus l'horreur de deviner que toute la peau de ce « bras » qui s'enroulait maintenant autour de la taille d'Arnaud était entièrement brûlée. D'ailleurs l'odeur de porc brûlé et de viande pourrie revint m'assaillir les narines.
Je n'eus que le temps de me lever avant de voir Arnaud disparaître sous mes yeux, emporté dans le couloir à une vitesse impossible, puis la porte se referma dans un claquement assourdissant. Je courus jusqu'à la porte, mais je ne voulus pas y toucher, je ne voulais pas l'ouvrir. Je criai alors le nom d'Arnaud, j'ai bien dû rester là pendant une éternité à crier son nom, mais rien, aucune réponse.
Et je n'avais pas osé ouvrir la porte : j'avais peur que cela soit encore derrière. Toujours comme aujourd'hui d'ailleurs : En effet, même maintenant j'ai encore la peur d'ouvrir une porte, mes parents m'ont amené chez le psychiatre après ce soir-là, mais je ne lui ai jamais rien dit, ni à personne d'ailleurs, pas même à mes parents. De toute façon, ils ne me croiraient pas.
Personne ne revit jamais Arnaud, on m'a demandé si je l'avais vu ce soir-là, mais j'ai dit que non, et David en fit de même... : Lui, il passa un mois à l'hôpital, il s'était cassé le coccyx en tombant du toit... Et aussi bien lui que moi sommes maintenant toujours terrifiés quand nous nous retrouvons face à une porte fermée : Nous avons toujours peur qu'un jour cela vienne nous chercher à notre tour, nous n'osons plus ouvrir la moindre porte de peur qu'il soit de l'autre côté. Oui, nous avons et aurons maintenant toujours peur de ce qu'il peut y avoir... y avoir derrière la porte.
Et vous ? Oseriez-vous crier " A l'aide papa" ?
Recette : Fantômes en meringue !
18/10/2007 00:10 par happy-halloween
Fantômes en meringue
Préparation : 20 min
Cuisson : 1h00
Portions : 12
Ingrédients qu'il vous faut :
2 blancs d'oeufs.
1 pincée (de sel
1/2 tasse (110 g) de sucre
Raisins secs ou fruits confits ou des smarties ( selon votre goût).
Réalisation :

- Dans un saladier battre les blancs d'oeufs avec le sucre et le sel jusqu'à l'obtention d'une neige bien ferme, des sillons doivent se former.

- Déposer un papier ciré sur une plaque à biscuits. A l'aide d'une cuillère, former des formes de fantômes sur le papier ciré.

- Ajouter les yeux avec les fruits confits ou les raisins secs ou smarties.

- Cuire une heure au four à 200°F (95°C) et laisser refroidir encore une heure au four fermé. Donne une douzaine de fantômes.

Poême
18/10/2007 00:09 par happy-halloween
Nuit d'Halloween 
Le vent me siffle, et délirant
Me gifle, errant.
Au coeur du temps je m'agenouille
Près des citrouilles en firmament.

Qui se rebiffe, un miaulement,
Me griffe au sang.
Au coeur du temps je m'agenouille
Près des citrouilles en firmament.

La lune vaine et cet instant
Peinent autant.
Au coeur du temps je m'agenouille
Près des citrouilles en firmament.

La bruine estompe énormément,
Me trompe et ment.
Au coeur du champ, mes yeux se brouillent
Et je gribouille un "je t'attends"
Histoire de l'apprenti
18/10/2007 00:08 par happy-halloween
Histoire de la mort de l'apprenti
Les combats fratricides faisaient rage entre factions catholiques et protestantes dans un pays à feu et à sang, au nom d'idéals tenus pour des vérités absolues et des certitudes de bonheurs ruinées par les épidémies au milieu d'un cahot humain où la mort se déclinait au quotidien. Après bien des combats, de sang versé et de tueries inutiles, la rumeur laissait entendre qu'on s'acheminerait vers la fin des hostilités avant la fin de l'été 1635.
De nombreux désaccords et litiges restaient à résoudre. Chaque prince, chaque duché essayait d’obtenir le plus d'avantages possibles avant la ratification du traité de paix. L’enjeu n’était plus la victoire. Il n’y avait ni vainqueur ni vaincu, mais bien l'après guerre à gérer. Ainsi, il fallait s'assurer à la fois des ressources et de l’autorité. Les protestants s'étaient réunis à Osnabrück et les catholiques à Münster.
Le congrès s'acheminait péniblement vers une convention durable qu'on appela la paix de Wesphalie. Après toutes ces années parricides, la guerre cessa. Chacun retourna à ses habitudes. La rage de vaincre avait disparu dans le cœur des gens plus occupées à panser leurs plaies qu’à en découdre avec d’hypothétiques ennemis. La moitié de la population allemande avait péri par les atrocités commises par l’autre moitié et le pays tout entier était ruiné.
On avait faim, on avait froid et les greniers restaient cruellement vides. Le marché noir s’instaura, développant d’autres exactions, d’autres misères. Une fois encore, on se remettait à mourir par millier non plus par les armes mais par la famine, la peste et le choléra. Telle une fatalité divine, les hivers devinrent plus rigoureux ajoutant autant de tourments à la misère humaine.
En ce début d’hivers, les chutes de neige avaient été abondantes, la couche atteignait la taille d’un homme debout. Passée le nouvel an, le temps changea. Un froid sec s’installa. Les enfants allaient patiner sur les eaux gelées des étangs et des cours d’eau, une saison idéale pour refaire provision de glace que l’on entreposait dans des caves profondes. La glace récoltée pouvait tenir une année entière, conservant aliments et denrées périssables. Conrad Hirsch, commerçant pâtissier et son commis s’étaient levés avant l’aube.
Blottis au fond de la charrette sous d’épaisses fourrures de loup, ils se laissaient conduire par le cheval. Pour avoir fait le chemin très souvent, l’animal savait où se diriger, il y allait au pas lent de son rythme, Conrad le laissait faire. Vers l’est, le ciel prenait les teintes d’une aube polaire annonciatrice d’un jour glacial. Arrivé au bord du lac, Conrad stoppa l’équipage.
- Dieu, qu’il fait froid ce matin. Hep petit ! Réveille-toi. On est arrivé.
- Quoi ? Dit le gosse les yeux pleins de sommeil.
- Je disais qu’il faisait un froid à ne pas mettre un chien dehors. Tu dormiras mieux ce soir. Debout paresseux ! On a juste le temps d’avaler un morceau et puis on se met au boulot. Aller, dit-il en secouant gentiment l’apprentis par les épaules.
Peter se redressa, s’étira dans un bâillement bruyant, sauta à terre aussi leste qu’un chat. L’homme et son commis se dirigèrent vers un banc couvert de givre, l’époussetèrent, s’assirent lourdement. Conrad Hirsch posa le panier, sortit un drap enroulé autour d’une boule de pain, y tailla deux belles tranches, se mirent en demeure d’avaler leur en-cas, sans prononcer une seule parole de trop, sans même se regarder, chacun s’appliquant à mastiquer avec lenteur son pain et son fromage, amusés par les ébats de trois canards qui se baignaient dans l’unique trou d’eau qu’ils s’étaient réservé.
- J’en goûterai bien un peu de votre eau de vie.
- Foutre Dieu ! T’es bien jeune mon gars pour boire de cette eau là. Ça va t’occuper les pattes, lui dit-il en lui tendant une fillette de gniole.
- Ouah ! Que c’est fort ! dit Peter en avalant une lampée d’alcool.
- Hé là jeune homme, redonne-moi ça. Tu ne seras plus bon à rien si t’en bois trop.
Conrad attrapa la petite bouteille, en but à son tour plusieurs rasades, se leva en essuyant les miettes de pain prisonnières de sa barbe, claqua bruyamment de la langue par contentement.
- On n’est pas heureux ici, dit-il à son commis en lui administrant une bourrade amicale ?
- Sûr qu’on est bien patron ! C’est qu’elle est bonne votre eau de vie. J’en reboirais bien un peu.
- Hé ! Comme tu y vas ! Tu en auras à la pose si tu travailles vite et bien. C’est vrai qu’elle est foutrement bonne. Elle réchauffe le corps de l’homme en moins de deux !
- Alors, vous devez être sacrément réchauffé, patron !
- Petit impertinent, répondit Conrad en lui adressant un regard amusé et complice. Alors, on s’y met à cette glace ?
- J’arrive patron.
- Va chercher les sacs de cuir. Je vais les enfiler aux sabots, sans cela le cheval se gèlerait les jambes. Il ne serait plus bon à rien
Peter remonta dans la carriole, prit les quatre sacs de cuir, les lança à son patron qui les chaussa au cheval l’homme empoigna la bride, s’engagea sur l’étendue gelée avec lenteur, jaugeait l’épaisseur de la glace d’un simple coup d’œil, très attentif au moindre bruit suspect, entraînait l’attelage jusqu’à ce qu’ils atteignirent l’endroit désiré.
La bête hennissait d’inquiétude, hochait de la tête en tout sens, tirait sur la bride. Nonchalant, Peter suivait, amorçait quelques glissages, tombait sur l’arrière train, s’amusait comme un petit fou. Sa joie était communicative, Conrad aimait bien ce garçon, content de tout, heureux de vivre. Lui aussi aurait bien aimé glisser sur les fesses mais ce n’était plus de son âge.
- Tu vas bien finir par te briser le cou, petit couillon, dit-il en ricanant. Ramène-toi un peu par ici. Je crois que le coin est bon.
Conrad empoigna sa vrille, perça quelques trous alignés puis engagea le fer de l’égoïne, trancha la croûte glacée avec une étonnante facilité. A cet endroit, la glace n’était pas aussi épaisse qu’il l’aurait imaginé.
- Patron ! Elle n'est pas un peu mince votre glace ce matin ?
- T’en fais pas mon gars, elle pourrait bien supporter une dizaine de gars comme toi. Et puis, je t’ai déjà dit qu’on ne disait pas « votre glace, vos affaires, votre cheval » et que les choses que tu désignes ainsi ne sont pas les miennes. Cette glace appartient à qui veut la prendre. Bon sang de bon Dieu, qu’il fait froid, dit-il en soufflant dans ses moufles. Prends cette scie et remplace-moi un instant, il faut que j’aille pisser.
- Soyez prudent patron, ne vous gelez pas votre machin !
- J’ten foutrai des engelures à mon machin. Non mais !
Le commis riait et sciait avec la vigueur et l’insouciance de ses quinze ans. Conrad s’éloigna, passa derrière la charrette, ouvrit son pantalon et entrepris de vider sa vessie. Il dirigeait son jet abondant et fumant toujours vers le même endroit, lâchant avec ostentation un pet retentissant qui ne manqua pas de déclencher l’hilarité du gamin.
- Vous aller effrayer les corbeaux.
- Tu apprendras, espèce de petit sot que tu es que pisser sans péter c’est comme un défilé sans trompettes, dit Conrad en secouant énergiquement sa verge.
Autres rires en cascades du gamin quand brusquement, Conrad entendit un craquement, puis un autre plus fort encore. Il se retourna, aperçu son petit commis disparaître sous la glace en un instant. Le cheval se cabrait, affolé par le danger imminent. Puis se fut au tour de la charrette qui chavira sur l’arrière, entraînant le cheval dans son engloutissement. Conrad se précipita sur les rênes, eut à peine le temps d’ôter la bride, tira de toutes ses forces pour retenir l’animal.
A son tour, il sentit le sol se dérober sous ses pieds. Il avait de l’eau à mi-cuisse, une eau glaciale, mordante qui atteignit son ventre. Saisi par l’extrême rudesse du froid, Conrad suffoqua. La panique s’empara de lui. Il s’agrippa à la crinière de son cheval, sauta sur l’encolure. La bête avait des gestes fous et des hennissements suraigus. En un instant, la situation tourna au drame. L’animal n’arrivait pas à remonter sur la glace qui se brisait sous son énorme poids.
- Dans quelques instants tout sera trop tard se dit Conrad.
A grand coup de gueule et de cravache, il força l’animal à avancer vers la rive. L’homme et la bête se frayaient un chenal jusqu’à ce qu’enfin, ils prissent pied sur la berge, l’un comme l'autre transis de froid, pétrifiés par la peur.
Plus rien ne bougeait à la surface des eaux noires. Quelques plaques de glaces partaient à la dérive. Conrad fut saisi d’un tremblement violent. Il fallait qu’il se mette à l’abri, se réchauffer au plus vite s’il ne voulait pas mourir de froid. Il regrimpa sur sa monture et parti au grand galop vers la ville. L’air glacial lui cinglait le visage accentuait l’horrible sensation de froid mordant ses entrailles et ses poumons. Ses vêtements devinrent durs comme carton. Le cheval écumait, ses naseaux fumaient. Conrad poussa davantage l’animal au risque de le faire crever sous lui.
Le lendemain, il retrouva son cheval allongé dans le box, à l’agonie, les yeux remplis d’une grande frayeur. Conrad resta près de lui jusqu’à sa fin en lui parlant doucement comme il aurait parlé à un ami, lui caressait les naseaux brûlants de fièvre, le remerciait pour l’avoir sauvé d’une mort certaine quand Elisabeth entra.
- Dis, Papa, est-ce que notre cheval va mourir ?
- Oui.
- Tu crois qu’il va aller au ciel ?
- Bien sûr ! Au ciel des chevaux.
- Et les enfants, est-ce que tu crois qu’ils vont ciel quand ils meurent ?
- Il y a un paradis pour tout le monde, pour les chevaux comme pour les humains.
- Et bien moi je sais que le paradis, ça n’existe pas. C’est parce qu’on a peur de mourir.
- Qui t’a dit cela ? Te voilà bien assurée !
- Je le sais ! Dit Elisabeth avec aplomb.
- Tu dis des sottises. Tu ferais mieux d’aller jouer avec tes poupées.
- Je m’en fiche ! C’est pour les filles les poupées.
- Tu n’es peut-être pas une fille ?
- Si ! Mais je préfère jouer avec les garçons. Ils sont plus drôles.
- Comme tu voudras, seulement fais-moi la promesse que tu ne parleras à personne du paradis comme tu l’as fais et que tu ne penseras plus à la mort. C’est normal de mourir mais tu es encore trop jeune pour t’en préoccuper.
- Oui Papa ! Dit Elisabeth en haussant les épaules mais moi je mourrai avant d’être grande.
- Je te trouve bien insolente et bizarre ce matin. Tu n’es qu’une petite impertinente. Tu ne sais pas de quoi tu parles.
- Si, renchéri-t-elle. Dieu c’est des mensonges qu’on raconte aux enfants.
- Vas-tu te taire enfin ! Dit Conrad ulcéré. Qu’elle mouche t’a piquée pour être aussi effrontée ? Par le diable et tous les saints du paradis, j’en ai assez entendu. Va dans ta chambre. Tu y resteras jusqu’à l’heure de midi. Quelle foutue gamine fais-tu là ! Nom de nom de… qu’elle culot cette jeunesse qui croit tout savoir !
Conrad avait demandé au curé s’il n’était pas possible de dire une messe pour son cheval. Contre le refus du prêtre, Conrad lu quelques prières à son animal puis le fit enterrer au cimetière, le prêtre ne put s’y opposer bien que la population du quartier aurait préféré manger sa viande tant ils en manquaient depuis des années de misères. Le cheval enseveli, Conrad, sa fille Elisabeth, le curé et quelques personnes de la paroisse se rendirent à l’étang. La glace s’était reformé ne laissant plus rien paraître.
Enfin le dégel arriva. On repêcha un corps, celui de Peter. Il avait le visage détendu, les yeux mi-clos et la bouche entrouverte sur un sourire figé quand, soudain la bouche se déforma, les joues se boursouflèrent comme si quelque chose voulait en sortir, ses dents se desserrèrent laissant apparaître une tête d’anguille. L’animal s’extirpa de l’orifice buccal comme une vomissure sans fin, fila droit sur la berge rejoindre les eaux de glaciales de l’étang.
FIN
