Histoire de vampire ! (3)
10/10/2007 20:43 par happy-halloween
Le goût du sang
Partie 3
Une pluie de sang, des visages meurtris et des cris d’effrois dans la nuit, les visions de Julien étaient de plus en plus forte. Chacun de ces rêves était des plus réalistes, un véritable cauchemar. Tous ces gens semblaient terrifiés, envahis par la peur et par l’horreur, il se remémorait chacun d’entre eux, chaque visage. Du sang, toujours plus de sang, des coins sombres, des ruelles dans la pénombre et des scènes de tortures, il fallait que tout cela s’arrête, cela en devenait insupportable, Julien ne dormait presque plus. Qui pouvaient-ils bien être, à qui appartenaient tous ces corps et toutes ces âmes ? Est-ce que Lucas faisait les mêmes rêves ? Sans doute, mais il n’en disait rien.

Alexandre était impatient, Michel leur avait promis de leur confier rapidement une nouvelle mission. Il regardait son épée, une fine lame trempée dans l’argent qui luisait à chacun de ses mouvements. C’était une pure merveille. Il était tranquillement assis devant la télévision dans un vieux fauteuil marron de style 17ème, regardant les programmes destinés aux ados pré-pubères en manque de sensation forte. Michael dormait dans le canapé confortable à l’arrière de la pièce, pendant que Jérôme sirotait un demi en regardant par la fenêtre de la villa que leur avait fournit la division angélique. Elle se situait en plein centre ville, légèrement en retrait pour être suffisamment discrète, avec un petit jardin devant qui laissait penser qu’une famille fortunée résidait en ces lieux. Ils étaient tous trois attendant patiemment le moment venu, se remémorant les souvenirs de leur ancienne vie. Apres plusieurs jours, ils s’étaient totalement accoutumé de leur nouveau statut, contrôlant parfaitement leurs pouvoirs. Les trois anges s’entraînaient près de quatre heures par jour au combat et au maniement de leur aptitudes psychiques. Les missions qui se succédèrent les semaines suivantes étaient dénuées d’intérêt, sauf pour Alexandre qui prenait un malin plaisir à exterminer tous les ennemis de la confrérie angélique du Vatican. Huit expéditions punitives en un mois lui convenaient parfaitement. Il avait particulièrement apprécié la dernière. Ils s’étaient rendus tous trois en banlieue et avait pour mission de trouver et de massacrer c’était le terme exact employé par Michel quatre humains travaillant pour la mafia sévissant depuis quelques mois dans la région. Ce fut un véritable régal, il avait été grandiose, tranchant la gorge de deux de ces rats avec grâce et brutalité. Ensuite des renforts étaient venus et s’était vu totalement dépassé par les anges.

Jérôme pensait à leur dernier combat tout en dégustant sa fabuleuse bière qu’il aimait tant. Ce dernier affrontement ne s’était pas passé comme prévu. Ils avaient tué de nombreuses personnes. Les journalistes avaient été choqués par la barbarie des meurtres qu’ils avaient perpétrés. Jérôme se demandait sans cesse comment les forces angéliques pouvait cautionner une telle cruauté. Peut être était-ce parce que la mafia tuait elle aussi, mais il trouvait le châtiment divin quelque peu disproportionné. Il termina sa bière et sortit du salon. Il longea le grand couloir sombre sans allumer la lumière et se dirigea vers sa chambre. Celle-ci était somptueuse, ornée de quatre tapisseries datant de plusieurs siècles. Il s’assit à son bureau en chêne massif et sorti un carnet du tiroir. Il tourna les feuilles d’argent et se mit à écrire à la plume.
Aujourd’hui, Lundi 15, vingt et une heures.
Comme chaque jour depuis maintenant un mois, nous nous sommes entraînés au sous sol dans la pièce protégée prévue à cet effet. Nous attendons l’appel de notre contact pour une nouvelle mission. Je me demande si les autres sont sujets eux aussi à une profonde tristesse, je n’aime pas donner la mort même pour servir dieu. C’est un sentiment si douloureux, si……

Le téléphone sonna et Jérôme sursauta, c’était sans doute une nouvelle mission. Dans le salon, Michael se réveilla et regarda Alexandre bondir sur l’appareil. Après quelques instants, il raccrocha le combiné. Michael l’interrogea du regard à l’instant même où Jérôme entra.
- Nous sommes convoqués immédiatement au Q.G. à Notre Dame, dit Alexandre sur un ton inquiet.
Presque immédiatement, ils prirent leurs affaires et sortirent de la villa. Ils n’étaient qu’à une minute de l’église. En arrivant devant, ils s’arrêtèrent pour contempler l’ouvrage. la nuit venait à peine de tomber et un doux vent soufflait pour les accueillir. En levant la tête, Michael aperçu les gargouilles, simples statues de pierre pour les humains, c’était en fait de redoutables créatures prêtes à défendre l’église contre l’envahisseur. Il régnait une atmosphère spéciale. Ils n’avaient jamais ressenti une énergie démoniaque aussi puissante. Pourtant aucune gargouille n’avait esquissé le moindre geste. Ils entrèrent dans l’église et ne virent aucun changement. Seules quelques personnes étaient venues prier. Entrant dans le presbytère pour emprunter la porte secrète, il décidèrent de sortir leurs armes. En traversant le passage, il n’étaient pas préparé à ce qu’ils allaient voir. Une superbe femme, belle à damner un saint, habillée d’une longue robe de soie rouge dont le décolleté aurait perverti le plus pieu des hommes, se tenait devant eux. Sa peau semblait douce, blanche et nacrée, son regard passait d’un ange à l’autre avec un certain mépris et un amusement à la fois. Cette femme, aussi belle soit-elle était un démon.

Sophie s’habituait rapidement à sa nouvelle vie et son maître était si gentil et si beau. Elle s’imaginait souvent qu’il venait la rejoindre tard le soir dans son lit, déchirant violemment sa robe de nuit blanche en satin. Ensuite, leurs corps s’enlaçaient et s’élevaient jusqu’au septième ciel car elle lui offrait ce qu’elle avait de plus précieux, sa virginité. Quelle ironie du sort, pour une fois qu’un homme lui plaisait, celui-ci ne semblait intéressé que par son travail. Mais elle était heureuse, Léo et son frère était à ses petits soins à chaque fois qu’il le pouvait, quand Monsieur Julien n’avait pas besoin d’eux. Et puis, il y avait Ludovic, ce gamin était tout pour elle. Il respirait la joie et la bonne humeur, aidant Monsieur Lucas du mieux qu’il le pouvait. Il suivait le vampire partout, et buvait ses paroles en être convaincu. Une très grande complicité était née entre le maître et l’élève. Pour la première fois de sa vie, Sophie avait l’impression d’appartenir à une famille. D’autant que Monsieur Julien était gentil lui aussi. Il venait parfois se confier à elle car c’était la seule femme de la maison. Il lui avait avoué s’être épris follement de Léonia, oubliant presque totalement sa nouvelle petite amie. Léonia le subjuguait, il aurait fait n’importe quoi pour elle. Mais c’était une démone de plus de cent ans et d’une puissance incommensurable. Sophie comprenait bien la situation, Monsieur Lucas lui aussi la considérait comme un serviteur. Perdue dans ses pensées, elle décida de se reprendre et d’inspecter soigneusement la maison pour vérifier que les travaux étaient bien terminés.

Le salon était superbe, de grands rideaux en velours rouge foncé étaient soigneusement disposés de chaque côté des portes fenêtres. La table de la salle à manger et les huit chaises en séquoia venaient d’être vernies. On voyait sous celle-ci un magnifique tapis venu d’orient dans des tons rouge et marron foncé. Cette pièce ressemblait fort au château que l’on voyait dans les films. Sophie se dirigea vers sa chambre au travers d’un couloir où se trouvait une galerie de toiles datant de la renaissance. Elle passa devant le bureau de Messieurs Julien et Lucas et s’arrêta pour écouter et entendre le téléphone. Son nouvel état de goule lui permettait de discerner chaque mot de maître Julien et de son interlocuteur. Ses deux maîtres devaientt se rendre d’urgence devant l’église de Notre Dame et y rejoindre Léonia pour une mission qui pouvait durer plus d’une journée. Sophie se sentie triste à l’idée de ne plus voir le ténébreux vampire, Monsieur Lucas, durant plus d’une journée. Elle rentra dans sa chambre où l’attendait le jeune Ludovic. Il était là, le sourire aux lèvres assis sur le lit à baldaquins. Sophie se força à sourire puis fut surprise par l’arrivée silencieuse de son maître. Celui-ci regarda son protégé et lui parla tendrement.
- Julien et moi devons partir pour quelques jours. Tu seras l’homme de la maison. Prends bien soin de notre petite miss !

C’est ainsi qu’il appelait celle qui avait choisit de le suivre. Avec beaucoup de tendresse, il regarda Sophie et lui lança un de ses sourires comme dans les contes de fée ; elle choisit de détourner son regard pour ne pas qu’il la voit pleurer.
Ludovic avait remarqué que depuis quelques temps, Monsieur Lucas ne semblait plus totalement insensible à la chercheuse, pourtant, il savait que son maître mettait clairement des barrières entre la jeune femme et lui, et cela affectait grandement Sophie.
Léo et son frère attendait tranquillement dans la voiture que Julien leur dise de démarrer. Dès que Lucas fut assis, il en reçurent le feu vert. En moins d’une demi heure, ils arrivèrent devant Notre Dame. Presque immédiatement, ils s’aperçurent que les gargouilles de l’église avaient réagit et les surveillaient. Mais Julien ne l’avait pas remarqué, son regard s’était arrêté sur le trottoir. Là, Léonia les attendait. Elle portait toujours sa magnifique robe rouge et des talons aiguilles de la même couleur. Elle vint à leur rencontre, les salua et les invita à la suivre. Deux êtres que Lucas n’avait jamais vu se joignèrent à eux. Leur aura maléfique était surprenante d’intensité. L’église elle-même eut un léger tremblement lorsqu’ils franchirent la grande porte. Après avoir traversé quelques passages, ils entrèrent dans une immense salle où le silence régnait. Julien n’avait jamais vu une telle concentration d’anges et de démons. Les deux camps étaient disposés dans la salle de manièrent à être parfaitement opposés. Léonia plaça ses deux disciples et s’installa à une table située au centre de la salle. A coté d’elle se trouvait des êtres, aussi bien angéliques que démoniaques, au charisme particulièrement impressionnant.

Sophie était décidée, elle demanda à Ludo de l’accompagner dans les boutiques de la ville, elle voulait radicalement changer de look pour paraître encore plus féminine. Elle parcourut la ville de long en large, entrant dans plus de cinquante magasins et après plusieurs heures, elle eut enfin terminé ses achats au plus grand soulagement de Ludo. Elle avait choisi de nombreuses robes, jupes, shorts, ainsi que de nombreux sous vêtements, mais la tenue qu’elle avait choisi de porter en sortant du dernier magasin était la préférée de Ludovic. Le fait que plus des trois quart des hommes qui croisaient la jeune femme se retournait sur son passage, rendait le gamin très fier de son choix. Après tout c’est lui qui avait fort bien conseillé Sophie. Elle était habillée d’un petit haut moulant de couleur bleue ciel transparent qui épousait parfaitement ses formes, laissant voir la couleur de son soutien gorge noir en dentelle. Elle portait une minijupe noire très bien découpée, d’une douceur se rapprochant de la soie qui se terminait au milieu de ses cuisses. Sa longue paire de jambes dont la peau était légèrement halée se terminait pas une somptueuse paire de talons hauts noirs. Des lunettes de soleil très sombres parachevaient l’effet magique qui la rendait plus désirable qu’une déesse. Derrière elle, de nombreux hommes ne pouvaient s’empêcher de suivre du regard le mouvement de ses muscles fessier. Pas un millimètre de graisse ne venait entacher sa divine beauté. Sur le chemin du retour, Ludovic dû plusieurs fois jouer le petit ami de la jeune femme pour que l’on cesse de l’importuner.

Alexandre ne s’attendait certainement pas à cela. Derrière La superbe créature démoniaque se trouvait ses amis Lucas et Julien qui était eux aussi des démons. Il s’arrêta net, attrapant le bras de Michael tout en désignant ses anciens amis. Ils les connaissaient depuis plus de quatre ans et se voyaient tous les étés pour faire des jeux de rôle. Il les dévisagea longtemps, jusqu'à ce que Julien les aperçoivent. Alors ils décidèrent de s’asseoir à leur place. Jérôme remarqua immédiatement que Michel, leur archange, s’était positionné juste en face de la belle inconnue démoniaque.
Un vieil homme se leva et le silence envahi la salle. Julien en profita pour contempler les merveilleuse fresques qui recouvraient les murs. C’était des scènes de grandes batailles et de paradis célestes. Ces rêveries furent interrompues lorsque le vieil homme pris la parole.

Lucas fixait attentivement le vieil homme. Même d’un âge avancé, il gardait l’apparence d’un guerrier puissant et respecté. Il présenta brièvement la dizaine de personnes se trouvant à la table centrale. Le grand homme roux et musclé, qui ressemblait à un guerrier viking était l’archange général des armées divines Michel, à sa droite se trouvait un jeune garçon aux cheveux blonds, Elekase, surnommé l’intendant de Dieu. C’était lui qui était le représentant de Yavé parmi les anges. Personne ne connaissait véritablement l’étendue de ses pouvoirs, mais chacun reconnaissait sa légitimité. A la gauche de Michel était placée une femme mure aux yeux verts en amande qui inspirait le respect et qui était vêtue d’une sorte d’uniforme militaire ne cachant rien de ses formes avantageuses ; c’était l’archange Alexandra, gardienne du paradis. Parmi les anges, il y avait aussi Dimitri, archange de la justice au visage grave et impassible, redouté de tous, sa mission favorite était de chasser les renégats et les impies et de les faire souffrir le plus possible avant de les tuer. Célessia archange de la communication qui avait pris l’apparence d’une fillette blonde victime de la mode pour l’occasion était en bout de table. En face de Michel, se trouvait la divine Léonia princesse vampire dont personne ne connaissait véritablement la nature. Cependant, elle était respectée car elle avait été enfantée par Cain lui-même, ce qui était un véritable honneur. Elle était entourée par Baal jeune et puissant prince de la guerre à l’allure bestiale et par le serpentaire, prince de la tentation et du pêché qui était l’un des favoris de Lucifer. Les trois autres démons présents étaient Night mare, prince des cauchemars paré d’une longue cape noire agrémentée d’une capuche qui cachait son visage ne laissant apparaître que deux yeux rouges luisants, Kronos, le prince du temps dont l’apparence semblait constamment changer comme s’il était prisonnier de deux époques et Famine l’un des quatre cavaliers de l’apocalypse revenu sur le devant de la scène pour affaiblir le continent africain.

Une fois les présentations terminées, le vieil homme réclama toute l’attention :
- Lucifer, le préféré des enfants de Dieu, était le plus beau et le plus puissant des anges. Son pouvoir n’avait d’égal que son ambition, il voulait surpasser son père. Mais personne ne surpasse le puissant. Alors Lucifer fut chassé de la lumière. Là, il retrouva Cain, déchu lui aussi pour avoir refusé la miséricorde du Seigneur. Les deux êtres étaient très puissants et apprirent à dominer les créature de la nuit. Si Cain fut condamné à boire du sang ainsi que tous ses descendants, il compris bien vite que le sang lui procurait de nombreux pouvoirs. Pendant ce temps, Lucifer s’était constitué une armée de Démons et tenta de conquérir le Paradis, mais fut repoussé par la puissance divine lors des guerres saintes. Sur terre, Cain et ses vampires étaient devenus très influents, contrôlant les hommes. Mais aujourd’hui, leurs pouvoirs déclinent. Par contre, Lucifer, convertit de plus en plus d’adeptes ce qui équilibre les choses. A l’inverse, les Anges dominent complètement le paradis et les enfers et ils aimeraient étendre leur pouvoir sur terre. De tout temps depuis cette chute, Anges et Démons se sont affrontés. Mais aujourd’hui, il existe une troisième force. Nous ne savons plus très bien quand cela à commencé, ni par qui, ni comment, mais cette force veut nous détruire. Elle veut anéantir les anges et les démons. Ceci terminerait la guerre qui nous divise depuis la nuit des temps. Mais il va de soit que nous n’avons envie que cette guerre prenne fin si les deux forces sont détruites. C’est pourquoi, nous devons nous unir pour écraser cette minorité.

Le vieil homme, laissa passer quelques secondes pour augmenter l’effet de gravité. La salle se remplit de murmures. Pour retrouver le silence, l’orateur leva les bras d’une façon théâtrale :
- Nous devons nous unir. Leur base se situe sur une île non répertoriée de l’océan pacifique. Si vous êtes d’accord, nous nous y rendrons dès ce soir. Maintenant procédons au vote.
Le goût du sang
Partie 2
15 jours auparavant, hôpital général de Dijon 15 h 20
Alexandre ouvrit péniblement les yeux. Sa vue était trouble et mis plusieurs minutes à se stabiliser. Il se trouvait dans une pièce complètement blanche. De nombreux infirmiers et médecins l’entouraient. Ceux-ci semblaient totalement perdus, il venait d’assister à un miracle. En effet la violence de l’impact lors de l’accident aurait dû les tuer tous les cinq sur le coup. Pourtant, Alexandre ne ressentait aucune douleur, mais lui savait pourquoi. Après quelques minutes, il se rappelait ce qui à son réveil n’avait été q’un lointain souvenir, un rêve.

L’accident avait été d’une incroyable violence, la voiture pulvérisée après cinq tonneaux avait fini sa course dans un mur, mais presque immédiatement il s’était retrouvé dans un endroit clair, remplit de lumière. Une légère brise lui avait rafraîchit l’esprit. Michael et Jérôme étaient à ses cotés aussi surpris que lui. Un colosse se dressait devant eux. Son charisme était impressionnant. Une courte barbe et de longs cheveux blancs couvrait un visage marqué par de nombreuses cicatrices. Cet homme avait connu de nombreuses batailles tout comme l’armure qu’il portait. C’était Michel archange de la guerre. Ils l’avaient tous trois choisit pour défendre ce qui leur paraissait le plus juste : un monde sans inégalité. L’archange leur parlait comme un dieu, avec force et assurance.

Leur première mission était de supprimer un traître qui échappait aux forces du bien depuis plus d’un mois : Gérard Conteru.
Les premiers jours furent difficiles, ce statut d’êtres surnaturels était lourd à porter, d’autant plus qu’il devait rester secret. Même les plus proches parents ne devaient pas être au courant. Au fil des jours, ils prenaient de l’assurance et surtout, leur nouvelle identité leur plaisait. Michael, Jérôme et Alexandre étaient devenus Misard, Cécil et Merguir anges au service de Michel. Investis de nombreux pouvoirs, ils étaient prêts à accomplir leur mission divine. Un nouveau monde s’était ouvert à eux, une nouvelle chance qu’ils n’allaient pas manquer.
Après maintes discussions et investigations sur internet qui durèrent près de dix jours, Michael était parvenu à le localiser. Ils s’étaient tous les trois préparés à utiliser leurs nouveaux pouvoirs. Ce soir, le problème serait réglé...

Rocade Dijon Nord à l’extérieur de la ville.
La route était calme, il y avait peu de circulation. Julien observait le paysage que lui offrait la zone industrielle. Lucas mis le clignotant et pris la sortie numéro 19. Au bout d’une dizaine de kilomètres, alors qu’il n’avait plus croisé de voiture depuis la rocade, il emprunta un chemin sinueux et s’arrêta à la lisière d’un bois situé à une centaine de mètres d’une villa isolée.
Monsieur Conteru était chez lui. Les lumières du premier étage étaient allumées. Il vivait dans une superbe villa à l’extérieur de Dijon. Le domaine s’étendait sur près de deux kilomètres. Lucas regarda Julien :
- Bon, maintenant, il faut y aller !

Julien eu un léger rictus. Depuis quelques jours il s’habituait à sa nouvelle situation. Il avait même goûté du sang humain et il adorait le moment ou ses crocs perçaient la chair et le sang inondait sa gorge. Il avait bu sa première gorgée lorsque Lucas avait trouvé le moyen de ne pas tuer sa victime. Il s’arrêtait juste avant le dernier battement de cœur, laissant sa victime inconsciente. Cette dernière se relevait le lendemain, fortement affaiblie, sans aucun souvenir, juste la sensation d’un plaisir intense. Ainsi, la tourmente des premiers jours s’était évanouie.
Julien fit le tour de la demeure pour vérifier qu’il n’y avait pas de caméra et trouver une entrée discrète. C’est en voyant un petit portillon qu’il se décida. Il était dans la peine ombre. Il serait facile de pénétrer dans l’enceinte sans être vu. Lucas vint discrètement le rejoindre. Ils attendirent quelques minutes en observant les alentours. Pas un bruit ne venait déranger la quiétude de cette nuit. Les nombreux arbres du parc faciliteront leur déplacement jusqu'à la somptueuse villa. Leurs sens très développés de vampire leur apprirent que celle-ci n’était pas gardée. Le portillon donnait sur l’arrière cour. Julien percevait la porte d’entrée en chêne massif qui était entre ouverte. Cette mission était trop facile. Cependant quelque chose le tracassait, la nuit était trop calme. Seul le bruit du vent sur les branches était perceptible. Il se retourna vers Lucas. Les expressions de son visage trahissaient une certaine inquiétude derrière son apparente tranquillité ; un danger approchait.

- Nous ne sommes pas seuls. Des anges sont ici.
Julien acquiesça. Ils pouvaient reconnaître des anges aux traces laissées par leur aura. Cette empreinte imperceptible pour l’œil humain ne faisait aucun doute, ils allaient devoir combattre. Ils décidèrent de passer à l’action...
Alexandre proposa d’entrer par la porte et de tout défoncer. Il sentait sa main le démanger. C’était son premier combat, il bouillait d’impatience. Après quelques instants de réflexion, Michael et Jérôme jugèrent que cette solution était fortement envisageable puisque la première maison se situait à plusieurs kilomètres. Il y avait donc peu de danger et la discrétion était inutile. Ils arrivèrent rapidement devant une gigantesque porte en chêne massif qui ne résista pas plus de quelques secondes. En pénétrant dans la villa, ils furent éblouis par tant de richesses. Le hall d’entrée était magnifique. Une longue fresque parcourait tout le plafond. Elle semblait représenter l’histoire d’un roi déchu, lynché par les siens. De nombreux vases en or et en argent ornés de pierres précieuses étaient exposés. Soudainement, monsieur Conteru apparut accompagné de deux gardes du corps. Il était pâle, et un peu endormi. Sa robe de chambre trop courte laissait deviner un embonpoint fort mal dissimulé. S’interrogeant sur le pourquoi de cette intrusion, il fut d’abord surpris, mais il compris très vite que les individus étaient des anges. Avaient-il découvert sa véritable identité ? Dans ce cas, il savait que se n’était qu’une question de temps. S’il survivait aujourd’hui, d’autres seraient envoyés. Les deux gardes tout de noir vêtu étaient équipés de fusils et mettaient en joue les trois anges.

- Que faites-vous ici ? C’est une propriété privée ! Sortez...
Il n’eut pas le temps de finir sa phrase. Alexandre fit apparaître son épée longue dans sa main droite et trancha net la gorge du premier garde. Sa tête roula contre le sol dans une mare de sang. L’épée semblait réagir au sang de son ennemi, elle réclamait son dû. Au même instant, Michael ferma les yeux, de sa tunique blanche il sortit un cimeterre et d’un geste ample il découpa le second garde. En quelques secondes, le hall s’était transformé en tombeau et le sol était teinté de rouge.
Impassible, Jérôme se contentait de fixer sa cible qui sentait la fin venir. Conteru tendit le bras et un éclair jaillit que Clément n’eut aucun mal à esquiver en se téléportant dans le dos de son adversaire. Il sortit une épée et l’enfonça dans le cœur de sa victime. Un large sourire se dessina sur son visage. Conteru s’écroula et le calme recouvrit la pièce.
- Bon travail les gars. Le patron sera content. déclara Michael.
Alexandre était très satisfait, il ne pensait qu’à sa prochaine mission. Il adorait tuer pour le bien de l’humanité alors qu’en dehors des missions il était incapable de blesser quelqu’un.

Quelques instants plus tard, Michael entendit des pas venant de l’étage. il s’adressa dans une langue angélique à ses amis :
- Les renforts arrivent. Partons...
Julien et Lucas dépassèrent en même temps la porte en chêne. Le sol était recouvert de sang. L’atmosphère qui se dégageait du hall était chaude et pesante, la mort venait de frapper. Il y avait trois cadavres allongés au milieu dont celui de monsieur Conteru. Qui pouvait être à l’origine de ce carnage ?
Il n’eurent pas le temps de réfléchir à cette question, car deux anges suivis de trois hommes entrèrent dans le hall. Ils leur firent rapidement face. La haine mais aussi la peur se lisaient dans leurs yeux. Les trois hommes étaient terrifiés et firent feu immédiatement. Julien répliqua en faisant apparaître deux socoms semi-automatiques. Tout en s’élevant dans les airs, il tira plusieurs fois sur les trois hommes, fit un salto et s’arrêta net devant l’un des anges en posant l’un des socoms sur la tempe de l’être de lumière. Un centième de seconde après, la détonation résonna dans le hall et l’ange s’écroula. Julien se retourna et rangea ses armes dans son long manteau rouge. Il ne regarda même pas l’autre ange.

Celui-ci fit face à Lucas et lança une boule de feu. Le démon vampire ne chercha même pas à l’éviter, la boule traversa son corps. L’ange se rua alors sur le démon et lui asséna plusieurs coups d’épée, mais aucun ne toucha sa cible. Terrifié, l’ange recula, il comprit trop tard que Lucas s’était rematérialisé juste derrière lui. Un sourire aux lèvres, il toucha le dos de son adversaire. L’ange sentit juste une brûlure intense se propager dans son corps puis se désintégra. Le regard de Lucas en disait long, il était fier de sa boule de feu nettement supérieure à celle de celui qui fut son adversaire.
- Je crois que nous sommes seuls, profitons en pour fouiller la villa. Nous en apprendrons un peu plus sur Conteru, conseilla Julien.
- Et peut-être sur ceux qui l’ont tué.
La villa était superbe, chaque pièce renfermait de somptueux trésors, des tableaux, gravures, pierres précieuses. Mais ils ne trouvèrent rien sur les mystérieux individus qui les avaient devancés. Ils découvrirent de nombreux coffres avec beaucoup d’argent. Finalement, ils décidèrent de s’installer dans cette demeure et d’en faire leur QG. Dès le lendemain matin, il contactèrent leur supérieur qui leur accorda le privilège de créer deux goules chacun pour garder leur nouvelle maison, à la seule condition que ce soit de parfaits inconnus. Ils téléphonèrent également à une société de surveillance pour s’équiper de caméras. En échange d’un petit bonus, les vendeurs ne leur posèrent pas trop de questions. Ils ne leur restaient plus qu’à trouver des humains qui pourraient être des goules potentielles.

Julien se décida rapidement. Il se rendit dans les quartiers mal famés pour trouver un trafiquant d’armes. De nombreuses prostituées l’aguichaient, des dealers, des voleurs, mais il restait concentré sur sa quête. Sa beauté surnaturelle ne laissait pas indifférent, même les jeunes femmes accompagnées de leurs amants se retournaient pour le voir. Après de longues recherches, il finit par trouver deux hommes, deux frères, qui plus que tout au monde respectaient la loyauté. Ce devait être deux anciens militaires qui refusaient les idées de l’Etat, souvent trop empreint de politique. Les cheveux courts, mal rasés, ils arboraient fièrement leur tenue de combat verte et marron. Dès qu’ils virent l’homme au manteau rouge, il s’empressèrent de lui faire une offre. La conversation s’engagea alors. Plutôt que de les mordre par surprise, Julien décida de leur avouer le pourquoi de sa visite. D’abord réticents, ils décidèrent d’accepter la proposition car insatisfaits de leur condition, ils étaient totalement fascinés par les propos du vampire. Les deux frères, Léo et Luc laissèrent Julien enfoncer ses crocs dans leur chair. Léo enleva son tee shirt nike noir et présenta sa gorge. Sa peau était brûlée par le soleil et ses yeux trahissaient une certaine appréhension. Il sentit une immense vague de plaisir l’envahir comparable à ce sentiment qu’il avait ressenti dix ans plutôt lorsqu’il avait perdu sa virginité, mais il eut une légère crispation lorsqu’il vit son treillis se tacher de sang. Apres quelques instants, le bonheur se lisait sur son visage, il était apaisé. Luc n’eut alors plus aucune hésitation. Il enleva sa chemise et imita son frère. Julien leur donna quelques gouttes de son sang seulement pour ne pas qu’ils soient vampirisés. En traversant leur trachée, le sang réchauffa tout leur corps et il connurent une nouvelle extase qui devait à jamais les lier à leur nouveau maître. Il leur expliqua quel serait leur devoir et ils jurèrent de le servir jusqu’à la mort. Mais comment aurait-il pu en être autrement. Julien était satisfait, il attendait maintenant avec impatience un signe de Léonia qui lui communiquerait sa nouvelle mission. Lorsqu’ils eurent tous trois récupérer, ils attendirent Lucas qui ne devait pas tarder.

Lucas parcourait les rues en se demandant qui il pourrait bien choisir. Après quelques hésitations, il décida de se rendre à la bibliothèque archéologique. Il pensait qu’il pourrait peut être trouver quelqu’un qui en serait plus que lui sur les origines des démons et des anges. La bibliothèque était immense, sur trois étages et le silence régnait. Seules deux personnes travaillaient. Un vieil homme et une jeune femme se partageaient l’immensité des lieux. Il décida d’aller d’abord converser avec le vieil homme, mais celui-ci s’averra vite sans intérêt, car il se consacrait à l’art romain. En se rapprochant de la jeune fille, il s’aperçut que celle-ci s’intéressait à toutes sortes de phénomènes inexpliqués et semblait totalement absorbée par son travail. Il allait devoir utiliser ses pouvoirs vampiriques pour mettre toutes les chances de son cotés. C’était une femme d’une trentaine d’années, les cheveux longs, châtains et attachés en arrière. Ses lunettes fines et métallisées lui donnaient une assurance et un caractère de petite fille modèle n’étant jamais sortie de chez elle. Sa veste et sa jupe mal assortie laissaient deviner que cette femme ne s’intéressait guère au plaisir du sexe opposé et se contentait de s’épanouir en lisant des histoires et légendes que la plupart trouveraient ridicules. C’était la proie rêvée.

Dès que Lucas s’approcha, elle éprouva quelque chose qu’elle n’avait jamais ressenti. Il s’adressa à elle avec un langage courtois et lui demanda sur quel thème portait ses recherches. Il était rare qu’un homme lui parle sans avoir pour but de l’emmener chez lui et d’assouvir quelques fantasmes avant de la laisser tomber en comprenant qu’elle souhaitait garder sa virginité. Mais ce grand homme brun tout vêtu de cuir noir devant elle, semblait différent. Une aura de mystère émanait de lui. Très vite, elle fut mise en confiance et se livra peu à peu. Elle avait l’impression de pouvoir tout lui dire, comme si elle le connaissait depuis des années. Et puis son sourire était si charmant, elle n’aurait rien pu lui refuser. La conversation durait depuis plus de deux heures lorsque Lucas décida que c’était le bon moment. Il sentait qu’il la tenait en son pouvoir. Il fit semblant de vouloir l’embrasser, tout en déboutonnant son chemisier. Sa peau était douce et chaude, il sentait les battements de son cœur totalement en rythme avec l’excitation de la jeune femme. Cachée par deux étagères pleines de livres historiques, elle s’offrait à lui. Il baisa son cou tout en massant langoureusement la généreuse poitrine de la jeune femme. Elle ferma les yeux prête à s’abandonner pour la première fois de sa vie aux plaisirs défendus. Il saisit alors l’opportunité et déchira la chair de ses crocs. Elle sentit un léger picotement puis se détendit pour se laisser guider par l’extase. Lentement, le vampire s’écarta. Elle ne comprit pas tout de suite ce qui se passait mais fut saisie d’horreur en voyant son sang couler sous son chemisier et recouvrir complètement ses seins. Elle allait se mettre à crier mais sombra dans l’inconscience. Lucas la regarda s’endormir, puis la pris dans ses bras, il sortit de la bibliothèque et se dirigea vers sa voiture, une BMW dernier cri, noire, les vitres teintées. Il la déposa délicatement en prenant soin de l’asseoir confortablement. Il regarda l’heure et se dit qu’il avait très largement le temps de trouver une seconde personne. Il se retourna et son regard s’arrêta sur un orphelinat. Dehors, un jeune garçon fumait et semblait attendre que le temps passe. Il ne devait pas avoir plus de quinze ans, peu gâté par la vie, un blouson en jean recouvrait ses frêles épaules. Son regard était vide, il était résigné. Lucas s’approcha du garçon et lui narra son histoire. Le jeune homme ne crut d’abord pas un mot mais le vampire fit apparaître une boule de feu dans sa main. Ceci eut l’effet d’une bombe dans le cerveau du gamin. Alors Lucas lui expliqua le but de sa visite et lui donna le choix d’accepter ou non le don ténébreux. L’orphelin lui confia sa vie. Il se laissa mordre avec courage et accepta le sang du vampire en retour. Il s’appelait Ludovic et pensait trouver là un avenir meilleur…

Sophie se réveilla dans une pièce, le goût du sang dans la bouche. Elle se sentait parfaitement bien. Ses cheveux étaient détachés et elle portait des habits propres, Une longue robe de soie couleur rubis très décolletée et un collier de perles nacrées. C’était comme dans les films qu’elle regardait le dimanche après midi, ceux qui parlent d’amour, de prince et de princesse. Elle se souvint alors du jeune homme mystérieux, de sa conversation, de l’extase puis du sang. C’est alors qu’elle s’aperçut qu’elle n’était pas seule. Un gamin d’une quinzaine d’années se trouvait à son chevet. Il lui raconta tout ce que son maître lui avait dit. Elle se sentit heureuse comme libérée d’un lourd fardeau mais aussi inquiète, qu’était-elle devenue ? Dès qu’elle se sentit prête, Ludo lui présenta deux amis Léo et Luc. Désormais, ils s’occuperaient tous les quatre de gérer les affaires de leurs deux maîtres en échanges d’importantes gratifications.
Le goût du sang
Partie 1
Dijon, une ruelle sombre 23 h 17, un soir d’automne.
Il faisait un froid glacial, la pluie tombait averse. Les immeubles de la zone étaient tous gris et lugubres, l’odeur qui se dégageait par temps pluvieux, lorsque les égouts débordaient était nauséabonde. Dans la peine ombre, caché dans une ruelle qui séparait deux immeubles, un journaliste vérifiait son équipement. Florent tenait là son scoop, il pourrait enfin percer dans le monde de la presse. Il sentait déjà l’excitation qui montait et la sueur qui perlait dans son dos. Cette fois, il en était sûr, il deviendrait riche et respecté. Cela faisait trois jours qu’il ne dormait plus, trois nuits passées à pister ce salaud, cet assoiffé de sang, ce démon des temps modernes. Un tueur en série frappait chaque soir depuis une semaine et ne laissait aucune empreinte exploitable par la police.

Le lieutenant chargé de l’enquête n’avait rien trouvé, aucun indice. Les cinq premières victimes avaient été vidées de leur sang et pourtant elles semblaient heureuses, comme si la mort était venue les prendre pendant un pur moment de bonheur, une extase. Les policiers les avaient retrouvées, le visage paisible, les yeux fermés et les traits reposés. Leurs vêtements étaient couverts de sang et parfois arrachés. Cependant il n’y avait aucune trace de violence sur leur corps, seul deux petits trous étaient visibles au niveau de la gorge.
Ces informations avaient alimenté les plus folles rumeurs sur l’existence de vampires venant donner la purification divine. La presse avait relancé d’anciennes croyances populaires, d’anciens mythes. Les contes sur les vampires, les divers jeux de rôle, les romans vampiriques étaient devenus les lectures favorites des adolescents en moins d’une semaine. Mais Florent savait que ces créatures étaient imaginaires, inventées par des conteurs pour captiver l’attention du public. Pourtant, il restait très prudent. Il avait troqué son imper beige pour un long manteau noir dans lequel il avait dissimulé un crucifix et un petit bereta. Cela le rassurait quelque peu, mais il se sentait ridicule. Ses amis auraient sans doute beaucoup rit s’il leur avait dit qu’il traquait une sorte de vampire, car ceux-ci n’existent pas. Soudain, ses pensées furent interrompues par une scène qu’il attendait depuis un long moment.

Il était là, à quelques mètres devant lui, plongeant ses crocs dans la gorge de sa sixième victime qui ne se débattait même pas. Il la soulevait avec une apparente facilité. C’était pourtant un homme de forte corpulence qui devait peser dans les cent dix kilos. Florent avait pensé à prendre sa caméra infrarouge. Même s’il était plus de deux heures du matin, il savait que les images seraient parfaites et feraient un superbe reportage. Il filmait la scène du crime avec dégoût, la nausée au ventre.
Il ne comprenait pas comment un homme âgé d’environ 25 ans, en pleine possession de ses moyens, pouvait mordre et sucer le sang de sa proie sans ressentir le moindre haut le cœur. Tel un animal, il s’abreuvait du fluide vital de l’humanité. Le tueur s’arrêta soudainement, il leva la tête et balaya l’obscurité du regard pendant que sa victime haletait, il avait senti une présence et cherchait l’intrus. Florent ne pouvait s’empêcher de fixer le meurtrier, il était fasciné, comme hypnotisé, il se sentait incapable de se dissimuler, il avait envie de crier mais il n’arrivait même pas à remuer les lèvres.

Une question lui traversa l’esprit. Etait-il possible que les vampires existent ? Non évidemment. Florent se ressaisit et se concentra sur le meurtrier. Il était brun, les cheveux courts, vêtu d’un pantalon et d’une longue veste de cuir noir. Il mesurait plus d’un mètre quatre-vingt, et le sang de sa proie coulait de ses lèvres jusque sur son cou. Il était très certainement courtisé par de nombreuses femmes. Les quelques bijoux et la marque des vêtements qu’il portait en disait suffisamment sur sa situation pour penser qu’il venait d’un milieu aisé. Il avait tout pour lui. Pourquoi gâchait-il sa vie en tuant des personnes ?
Le contraste de sa peau blanche et du sang rouge écarlate qui coulait de sa bouche accentuait l’effet de monstruosité. Tel un lion dévorant une biche, il ne se préoccupait pas du sang qui recouvrait ses lèvres. Pourtant aucune haine ne trahissait son regard. Ses yeux bleus semblaient emplis de tristesse. Il fixa alors le journaliste et s’arrêta immobile. La peur envahit Florent qui se crispa et entendit ses propres battements de cœur. Pour la première fois de la soirée, il pensa plus à sa vie qu’à son article et faillit presque lâcher son caméscope.

Une fraction de seconde plus tard, l’odeur du sang le mis mal à l’aise, puis il sentit un souffle chaud derrière sa nuque. Il s’aperçut que le tueur n’était plus devant lui comme s’il avait disparu. Seul le cadavre gisait sur le sol, allongé dans un bain de sang. D’abord paralysé par la peur, il décida de courir le plus longtemps possible, laissant tomber sa caméra, il ne se retourna que lorsqu’il fut devant chez lui.
Le monstre retourna lentement vers sa victime qu’il allongea soigneusement, les bras le long du corps, puis récita une prière. Cette cérémonie paraissait quelque peu desaproprié. Derrière lui, un homme blond, un peu moins grand, le regardait. Il s’adressa à l’assassin :
- Lucas ! Je ne sais pas comment tu fais. Aurais-tu perdu ton âme ?
Le démon se retourna vers l’être qui connaissait son nom. Il avait à peine vingt ans et était vêtu d’un long manteau de cuir rouge et d’un pantalon noir qui lui donnait une apparence de justicier. Sa longue chevelure blonde retombait sur ses épaules et une lueur de défi brûlait dans ses yeux. Il avait quelque chose de surnaturel, un charisme indescriptible, emprunt de puissance et de mélancolie.
- Alors que réponds-tu ? N’as-tu aucune conscience ?
- Il faut pourtant bien nous nourrir. Julien, je ne comprends pas ce qui nous arrive, mais je veux vivre tant que je n’aurais pas de réponse.

Lucas savait qu’il avait raison. Sa conscience pesait lourdement. Il ne pourrait pas tuer impunément encore longtemps, chaque jour était plus dur que le précédent. Il ne s’habituerait jamais à donner la mort.
Depuis cet accident tout avait changé. Eux qui ne croyaient pas en Dieu, ni même en une quelconque instance supérieure avaient dû se rendre à l’évidence. Ils avaient rencontré un être surnaturel en la personne de Léonia, descendante de Caïn. C’était une femme très belle, habillée d’une longue robe de soie rouge qui laissait découvrir son dos. Sa peau semblait douce, blanche et nacrée, son regard et ses cheveux noirs trahissaient une forte personnalité atténuée par la douceur des traits de son visage. Elle aurait pu obtenir ce qu’elle voulait de n’importe quel homme.
Pourtant, elle dégageait un charisme et une aura impressionnante capable de terrifier quiconque se trouvant en face d’elle. Apparemment âgée d’une trentaine d’années, elle en avait en fait 315. Elle avait connu l’apogée de la monarchie. Issue d’une famille noble, elle en avait gardé tous les gestes et la grâce habituellement nécessaire à un membre de la cour royale. Chacun de ses gestes était étudié avec précision, son regard passant alternativement de Lucas à Julien, elle leur avait promis puissance et gloire. Pour cela, il devait retrouver un homme, Frezia, dont la véritable identité est Gérard Conteru.

C’est un traître qui a tué nombre de démons. Julien et lui avait accepté la proposition car la vision alternative que leur avait proposée Yavese un archange leur avait fortement déplut. Il était question de supprimer les libertés pour rendre chacun l’égal de l’autre. Un monde sans inégalité, sans misère peut être même sans guerre, en quelque sorte le paradis. Cependant, tout n’était pas aussi beau, toute utopie possède un talon d’Achille. Ce monde n’avait aucune saveur, aucun goût ; chacun étant l’image du premier, tous n’étant que des copies, sans évolution. La nature même de l’homme ne pourrait se contenter de vivre, il lui faut des passions, des émotions, des innovations...
La vision de Léonia était quelque peu extrémiste, au seuil de l’anarchie. Elle était pourtant beaucoup plus réaliste, plus humaine, laissant l’homme maître de lui-même, livré à sa seule conscience. Tout ceci en apparence, car l’homme restait encadré par des démons dont certains étaient hélas de véritables tyrans sans foi ni loi. Un peu comme le monde que nous connaissons aujourd’hui, décoré par la corruption et gouverné par l’argent. Rien de bien réjouissant, mais ce monde pouvait subir des modifications, car les hommes disposait du choix d’élire leur représentant. Cet idéal était maintenant leur raison de vivre.

Elle leur avait donné le don ténébreux, l’immortalité, le pouvoir mais aussi le besoin de sang, le prix à payer pour l’immortalité. Leur humanité ne s’était pas totalement dissipée, Lucas ne pouvait s’empêcher de penser aux siens. Ses parents, sa petite amie décédée un mois plutôt dans un tragique accident ferroviaire, sa famille, personne ne connaissait sa nouvelle identité : Lucas démon vampire au service de Léonia.
Il était devenu une sorte de croisement humano-vampirique qui lui permettait de supporter la lumière et de repousser les limites du corps humain. Mais pour rester en vie et garder ses pouvoirs, le prix était cher : il devait boire du sang, se nourrir du fluide vital de ses propres frères, les hommes.
Julien, lui, était en plein désarroi. Comment pouvait-il passer du temps avec sa nouvelle petite amie Cécile alors que son esprit restait traumatisé par sa nouvelle expérience ? Il était devenu Julien le démon vampire.
Ils n’avaient pas osé en parler à leurs amis, Michael, Alexandre et Jérôme qui étaient sortis tous trois indemnes de l’accident qui s’était produit quinze jours plutôt, au mois de mai.
Comment pourrait-il comprendre que deux simples étudiants étaient devenus les serviteurs de puissants démons ? On les auraient sans doute pris pour des fous en se moquant d’eux et de leur stupide croyance. Ils avaient donc décidé de garder leur secret et de ne le dire à personne.
FIN
Est-ce une maison hantée ? Jimmy connaît bien son quartier, il n'y a qu'un endroit où il n'est jamais allé, la maison du vieux fermier, disparu mystérieusement il y a cinq ans. Ce vieil homme n'avait apparemment pas de famille, car sa demeure resta à l'abandon depuis son décès, les gens du village raconte que cette vieille demeure serait hantée par des esprits malfaisants. Mais ce soir Jimmy est bien résolu à découvrir la vérité, c'est d'un pas décidé qu'il franchit le portail grinçant dont le métal est complètement rouillé par le temps, puis longe le chemin qui mène à la vieille bâtisse. La nature a reprit ses droits, les ronces ont recouverts les dalles du sentier et le jardin est un méli-mélo de fleurs et d'herbes en tous genres. Quand à la vieille demeure, elle est peu accueillante, sombre, volets clos, toiles d'araignées à l'entrée. Jimmy s'avance lentement sur le perron pour saisir la poignée de porte quand brusquement la porte s'ouvrit toute seule en grinçant. Il sursauta, fit un pas en arrière et aperçu une faible lueur qui provenait de l'une des pièces de la maison. Jimmy entre sur la pointe des pieds dans la maison et se dirige vers cette lueur qui l'intrigue. Mais soudain, Vlan ! La porte se referme aussitôt derrière lui, la peur l'envahit, et pour se rassurer il se dit que c'est sûrement un courant d'air. Il poursuit sa recherche et remarque que la lueur est causée par les flammes d'un feu de cheminée. Devant lui, un grand foyer tout en pierres et un grand chauderon qui bouillonne au dessus du feu. De l'autre côté au fond de la pièce, il y a une autre porte, Jimmy l'ouvre délicatement, voit des marches et les descend puis s'enfonce dans un long couloir qui paraît interminable. A plusieurs reprises des toiles d'araignées viennent se déchirer en lui frôlant le visage, les minutes s'écoulent, il hésite à continuer se demande si il ne doit pas rebrousser chemin. Quand enfin il se rend compte que le chemin s'élargit et qu'une lumière l'attend au bout du couloir, il voit en face de lui, des yeux dans le noir. Ces yeux le fixent, il y en a quatre en tout. Jimmy est figé, pétrifié par ces regards, il a si peur qu'il ne peu plus bouger. Les yeux s'approchent tout près de lui... Il sent aussi quelque chose lui frôler les jambes et reconnait des bruits de ronronnements, soulagé de constater que ces yeux appartiennent à deux chats, il caressa le premier qui se frottait contre lui et s'approcha du second qui était resté couché sur une meule de foin. Ses émotions passées et le calme retrouvé, il aperçoit un vieux tracteur. - Je dois être dans la grange se dit-il. Au même instant, une personne pénètre dans la ferme. C'est une vieille femme, elle referme la porte derrière elle et allume la lumière. - Que fais-tu là ? crie-t-elle à Jimmy. Jimmy tente de lui expliquer les vrais raisons de son intrusion, mais en vain il n'y arrive pas, il bredouille, puis s'excuse simplement d'être entré chez elle sans permission. Elle lui dit de ne plus jamais entrer chez elle comme un voleur tout en déposant une écuelle de lait pour ses chats. Cette vieille femme n'est autre que la veuve de son défunt mari mort il y a cinq ans, elle vit toute seule, recluse et n'est pas habituée à cotoyer les gens du village. Elle aussi a été effrayée par la présence de Jimmy, elle lui indique par où il doit passer pour retourner à la vieille grille toute rouillée de la propriété. Jimmy repart en promettant de ne plus jamais s'introduire dans une maison sans y être invité auparavant. FIN



Cendrillon
Il était une fois, un homme, qui avait perdu sa femme et qui se remaria à une femme qui avait eu deux filles, méchantes comme elle. De son côté, l'homme avait une fille, belle et gentille. Sitôt remariée, la belle-mère révéla son vrai caractère : Rien n'était trop beau pour ses filles chéries. Tous leurs caprices étaient Le soir, les travaux enfin finis, elle allait s'asseoir près du feu, pour se - Regardez-la ! Elle est ridicule, les fesses dans la cendre. Si nous l'appelions... Cucendron. Cucendron, Cucendron... »
satisfaits. Et la fille du mari mangeait les restes dans la cuisine et dormait à la cave. Elle faisait le ménage, préparait les repas, servait ses demi-soeurs à table... sans jamais se plaindre. De toute façon, son père ne l'aurait pas écoutée.
réchauffer.

Tout à côté de leur maison, se trouvait un château dans lequel habitait le fils du roi. Voisin, voisines... les deux soeurs furent, un jour, invitées au bal qu'il donnait. Elles étaient folles de joie :
- Cucendron, mon collier de perles ! »
La plus jeune des soeurs, moins méchante que l'aînée, se contentait de l'appeler :
- Cendrillon. Cendrillon, mes souliers dorés.
- Cucendron ? T'aurais aimé aller au bal ?
-Moi... oh ! »
Et pourtant, c'était bien elle la plus belle et la plus gracieuse de toutes les filles.
- Ma chérie, pourquoi pleures-tu ?
- Oh ! Ma fée marraine, c'est toi ?
-Tu voudrais aller au bal ? C'est ça qui te fait pleurer ?
- Oui.
- Et bien, tu iras.
Plus de Cucendron, ni même de Cendrillon, la fée venait de la transformer en princesse.
- Va dans le jardin et rapporte-moi une citrouille.
La citrouille devint un carrosse aux portes toutes dorées. La fée qui avait plus d'un tour dans son sac à magie, attrapa alors six petites souris qui devinrent les six plus beaux chevaux du monde.
- Et pour le cocher... un rat devrait convenir.
- Oh merci marraine.
- Fais bien attention à l'heure... sois de retour au dernier coup de l'horloge sonnant minuit. Après, le charme sera rompu et tout reprendra sa première forme. »
Au palais, la fête battait son plein :
- Qui est cette belle ? Tu la connais, toi ? Oh, quelle grâce ? Eh vous avez vu comme elle marche ? C'est la fille d'un empereur !
- Soyez la bienvenue dans mon château. Et lui prenant la main, le prince l'entraîna dans la farandole.

Après la danse, le prince plaça sa cavalière à ses côtés pour lui présenter ses invités. Bien sûr, ses soeurs aussi lui firent la révérence mais sans la reconnaître. Quand minuit approcha, elle songea qu'il lui fallait être de retour à l'heure.
- Noble prince, je dois m'en aller, maintenant.
Et Cendrillon rentra à la maison où aux douze coups de minuit le carrosse redevint citrouille, les chevaux, souris, son manteau brodé d'or, guenilles habituelles.
Quelques heures plus tard :
- Cucendron, Cucendron ! Cendrillon ! Cucendron !
- Bonsoir mes soeurs. Alors, vous êtes vous bien amusées ?
Et elles, de lui raconter tout ce que Cendrillon savait déjà.
- Il y avait une fille d'empereur, au moins, tellement elle était, elle était... Oui, idiote, pour être partie comme ça, si tôt !

Et la vie reprit son cours normal. Jusqu'au jour où le prince organisa un nouveau bal, espérant bien y retrouver la belle inconnue dont il était tombé amoureux. Les soeurs mirent beaucoup plus de temps à essayer de se faire belles. Cendrillon les coiffa et les aida à passer leurs robes, à les retirer, à les repasser ....
- Bonne soirée mes soeurs, amusez-vous bien ! »
Et Cendrillon courut dans le jardin ramasser une citrouille, chercher des souris, un rat...
- Fée, ma fée marraine !
- Tu veux retourner au bal ?
- Oui, et j'ai déjà tout ce qu'il faut.
- Bien. Mais cette fois-ci, il faudrait rajouter des laquais qui dérouleront des tapis sous tes pas.

Et c'est ainsi que des lézards qui se réchauffaient aux derniers rayons du soleil, se retrouvèrent, soudain, sur deux pattes habillés et chapeautés.
L'arrivée de Cendrillon au palais fît encore plus d'effet que la première fois. Le prince en personne vint l'accueillir et l'aida à descendre de son carrosse tandis que les lézards, je veux dire les laquais, déroulaient les tapis sous leurs pieds.
Cendrillon et son prince dansèrent, dansèrent et dansèrent !
- Vous tremblez ? De quoi avez-vous peur ?
- Excusez-moi. Je dois partir. Au-revoir.
Et Cendrillon quitta la salle de bal, prit son manteau brodé d'or, se mit à courir, arriva dans la cour. Mais, dans sa précipitation, elle avait perdu une chaussure !
- Garde, as-tu vu une princesse passer ?
- Non, je n'ai vu qu'une pauvrette et j'ai trouvé ça... »
Ça désignait la citrouille, les souris, le rat et les lézards... Le prince ramassa, que dis-je, recueilli, la chaussure perdue.
- Toutes les dames du royaume sont invitées à essayer un escarpin. Le prince épousera celle dont le pied le chaussera.
- Moi, moi, moi. C'est à mon tour d'essayer. Je veux l'essayer moi, d'abord ! »
Mais, aucun pied ne rentrait. Même en forçant avec un chausse-pied, rien n'y faisait, soit les orteils dépassaient, soit le talon écrasait tout ! Des centaines, des milliers de femmes l'essayèrent. Tant et si bien que vint le tour de Cendrillon. Son pied glissa sans peine à l'intérieur. Et pour mieux convaincre le prince que c'était bien elle l'inconnue qu'il recherchait, elle mit, à son autre pied, le deuxième escarpin qu'elle avait gardée.

- C'est vous ?
- Quoi c'est elle ! Cucendron, Cendrillon ! »
Cendrillon pardonna à ses deux affreuses soeurs, les maria même avec les deux plus grands seigneurs du royaume et vécut enfin heureuse avec son prince, dont elle eut beaucoup d'enfants.
FIN

La revanche du fantôme
C'est l'histoire d'une jeune femme, âgée de 17 ans du nom de Lucie qui tomba amoureuse d'un jeune lieutenant dans le temps de la guerre. Il s'appelait William et était très beau et très courageux, bien qu'il n'était pas riche comme l'aurait souhaité Lucie.
La veille de son départ à la guerre pour une autre bataille, il demanda Lucie en mariage et lui donna un petit anneau doré tout simple gravé d'une toute petite rose et le passa à son doigt. Il fit promettre à Lucie que quoiqu'il arriverait elle n'épouserait jamais un autre homme. Elle promit un peu malgré elle pour ne pas décevoir le jeune homme qui se préparait à la guerre.

Quelques temps plus tard, on sonna à la porte. Exténué, un officier confédéré apporta des nouvelles de la terrible bataille qui avait fait rage: le jeune soldat avait été blessé à mort. Quelques mois plus tard, Lucie fit la connaissance d'un ami de William, Peter, qui lui aussi avait été soldat.
Ensemble, Lucie et Peter ils allèrent jusqu'à la tombe de son William. Arrivés devant sa tombe, elle demanda à rester seule un moment. Elle prit l'anneau que son époux lui avait donné et le jeta au milieu des mauvais herbes. Des semaines passèrent et Lucie commença à s'attacher à Peter.

Ils tombèrent amoureux l'un de l'autre et décidèrent de se marier avant la prochaine grande bataille. Une somptueuse cérémonie se préparait. Une couturière travaillait jour et nuit sur la confection de la robe de Lucie. Peter lui offrit une magnifique bague ornée d'un énorme diamant, rien de comparable à celle que lui avait donné William.
Le grand jour arriva et Lucie était très nerveuse. L'église était remplie de gens de sa famille et celle de Peter. Pendant qu'elle avançait dans l'allée, elle sentait la bague lui brûler le doigt, mais se retenait pour ne pas l'enlever. Devant elle se tenait son futur époux ainsi que l'officiant de cérémonie qui s'apprêtait à prononcer les paroles sacrées qui les uniraient à jamais;"...si quelqu'un à quelque empêchement contre cette union, qu'il parle maintenant...où qu'il se taise à jamais."

A ce moment précis, les portes de l'église s'ouvrirent et un vent glacial remplit la salle. Tous les invités se retournèrent vers l'entrée. Les yeux de Lucie rencontrèrent ceux de William. Pendant qu'il remontait l'allée vers elle, elle remarqua la blessure à sa poitrine. Elle avait la forme d'une rose rouge sur son cœur. Ses yeux étaient rouges comme le feux et son visage pâle et sans vie.
Tout le monde semblait figé dans cette tornade de vent glacial dont William était le centre. Lucie poussa un cri lorsque les mains squelettiques de William l'agrippèrent pour l'emporter hors de l'église.
Quand les invités sortirent de l'église, il n'y avait aucun signe de Lucie, seulement le bruit des sabots d'un cheval galopant vers le cimetière.

Les hommes sautèrent sur leur monture et se dirigèrent en direction du cimetière où William n'avait réussi à trouver le repos. Arrivés là-bas ils découvrirent avec effroi, Lucie morte, les mains agrippées à la pierre tombale et à l'annulaire gauche un petit anneau d'or tout simple...Celui que William avait passé au doigt de sa fiancée.
FIN
La citrouille ensorcelée C'était le jour d'Halloween, une petite fille qui allait passée cette fête toute seule se promenait dans le village avec un petit sac afin de récolter des bonbons. Lorsqu'elle vit une magnifique citrouille devant le seuil de porte d'une très belle maison, elle décida de sonner pour avoir des sucreries. Soudain la porte s'ouvrit, mais il n'y avait personne pour l'accueillir. Alors elle jeta un coup d'oeil à l'intérieur et appela : - Bonjour ! Auriez-vous des bonbons pour moi ? Mais personne ne répondit, elle avança de quelques pas et c'est alors qu'elle vit une jolie table décorée pleine de sucreries en tous genres, de toutes les couleurs et toutes les formes. C'était si tentant et appétissant qu'elle voulut tous les goûter, les uns après les autres. Elle en mangea encore et encore jusqu'à ce qu'il n'y en ai presque plus, mais subitement elle eut tellement mal au ventre, prise de colliques elle courut en tous sens chercher des toilettes. Puis constatant que l'heure était tardive et comme elle ne se sentait pas très bien, elle décida de dormir dans la maison. La petite fille se mit à visiter cette grande demeure à la recherche d'un lit pour y passer la nuit. Elle était magnifique et somptueuse avec toutes ces grandes pièces richement décorées. Elle vit alors une chambre à coucher, au centre se trouvait un grand lit qui avait l'air bien douillet, elle se coucha et s'endormit rapidement. Le matin venu, elle se réveilla et choisi d'emmener chez elle la splendide citrouille qui trônait à l'entrée de cette belle maison, elle s'en empara et parti chez elle. Arrivée dans sa chambre, elle l'a posa délicatement sur le bureau et alla prendre son petit déjeûner. A son retour dans la chambre, elle comtempla cette belle et grosse citrouille puis s'amusa avec pendant un long moment. Ce qu'elle ignorait c'est que cette citrouille magnifique et que cette grande maison où elle avait dormi appartenait à une sorcière. L'après-midi passa vite et le soir venu, la petite fille alla se brosser les dents, faire sa toilette et se coucha ravie de cette belle journée. Mais quand les douze coups de minuit retentirent, la citrouille se mit à marcher, se dirigea vers la cuisine, saisit un couteau, retourna dans la chambre et tua la petite fille. La citrouille ensorcelée continua son massacre, entra dans la chambre du frère et le tua aussi, ensuite elle redéposa le couteau dans la cuisine, retourna dans la chambre de la fillette et se remit à l'endroit exacte où elle avait été déposée quelques heures plus tôt. Le lendemain matin au retour des parents, ils appelèrent comme d'habitude leurs deux enfants, aucune réponse ne se fit entendre, ils se dirigèrent alors vers leurs chambres voir se qui se passait. Ils entrèrent dans la chambre de la fillette, la virent inanimée et constatèrent sa mort. Ils se précipitèrent alors dans la chambre de leur fils et découvrirent que lui aussi été tué. Désemparés, ils hurlaient, criaient en attendant la police. Lorsqu'elle arriva sur place, ils examinèrent en premier le corps de la petite fille, quand soudain on entendit cogner à la porte d'entrée. Les parents allèrent ouvrir la porte, malheur, c'était la sorcière de la belle demeure, elle tua les parents, les fit disparaître et s'enfuit. Le soir même la sorcière revint sur les lieux du crime, la maison était devenue silencieuse, il n'y avait plus personne. Elle chercha les enfants mais ne les trouva pas, alors elle décida de rester là pour la nuit en attendant leur retour. Elle finit par s'endormir sur le sofa, mais à minuit pile quand l'horloge sonna les douze coups, les deux enfants morts la veille ressuscitèrent. La petite fille dit à son frère : - Viens ! Je veux te montrer quelque chose ! - Quoi donc ? - C'est une magnifique et somptueuse maison que j'ai découvert le soir d'Halloween, viens suis moi ! Ils sortirent dans la rue et prirent la direction de la maison de la sorcière. Arrivés devant la porte d'entrée, la fillette sonna et comme d'habitude personne ne répondit. Ils pénétrèrent à l'intérieur et explorèrent la grande demeure de fond en combles. Ce n'est qu'au sous-sol qu'ils trouvèrent un grand coffre étrange qu'ils ouvrirent aussitôt. Ils virent les corps de leurs parents morts avec une carte où était écrit : " J'ai tué vos parents car vous m'avez volé ma précieuse citrouille aux pouvoirs magiques, mais elle vous a tué car elle est ensorcelée, alors je vous ai ressuscités tous les deux. Et c'était signé : La sorcière". Soudain des bruits se firent entendre à l'étage, ils reposèrent soigneusement la carte et remontèrent en silence. La sorcière était de retour accompagnée de sa citrouille ensorcelée qui tenait un couteau. Et tout les deux marchaient et disaient à tue-tête : - Vous allez le payer très cher ! Vous allez le payer très cher !... La sorcière quitta définitivement la région car l'on entendit plus jamais parler d'elle, ni de sa citrouille ensorcelée, sans doute sont ils partis pour d'autres contrées accomplir d'autres méfaits. On ne retrouva jamais la famille non plus. Alors les enfants, si un jour d'Halloween il vous prend l'idée de ramener chez vous une belle citrouille qui ne vous appartient pas, n'y touchez surtout pas, car elle peut renfermer des sortilèges ou des pouvoirs machiavéliques. FIN


C'était le soir d'Halloween. Plutôt que de courir les rues pour obtenir des bonbons, papa avait eu une super idée : aller faire un pique-nique en forêt avec maman, ma soeur Eloïse et mon copain Thierry. Ainsi, le soir nous avions chargé tout l'équipement dans la voiture et nous voilà partis vers le bois de Mortelune.
Pendant que maman et Eloïse préparaient le dîner, papa nous dit :
-Les garçons allez donc chercher du bois mort pour faire un bon feu, comme ça nous pourrons faire griller des guimauves.
Alors Thierry et moi nous sommes allés chercher du bois. Plus nous avancions dans la forêt, plus la végétation, nous semblait bizarre. Les arbres avaient une couleur grise et les feuilles, avec la lumière de la pleine lune, avaient de drôles reflets argentés.
A force d'avancer en regardant par terre pour trouver du bois, Thierry et moi nous nous sommes perdus. Nous nous sommes mis à crier en espérant que maman et papa nous entendraient. Mais malheureusement, nous avions beau appeler personne ne répondait.
- Je crois que c'est par là, dit Thierry.
En effet, il y avait un petit chemin qui serpentait au milieu des ronces. Nous nous mîmes à marcher rapidement car nous avions peur. Au bout d'une demie-heure nous étions définitivement perdus. Quand tout à coup un hurlement retentit juste à notre droite.
- Qu'est-ce que c'est, dit Thierry en tremblant.
- Je crois que ça doit être un hibou, répondis-je sans trop y croire.
Et le cri lugubre recommença. Puis des craquements de branchages retentirent tout autour de nous. Terrifiés par ces bruits étranges, nous n'osions plus appeler nos parents. C'est alors, que sur le chemin, s'avança une drôle de silhouette.
C'était un horrible monstre ! Il avait deux énormes bras qui descendaient jusqu'à ses mollets, des yeux jaunes et cruels. Ses dents étaient pointues et son nez rejoignait ses lèvres. En plus, il était entièrement violet et n'arrêtait pas de sauter sur place. Tremblants de peur nous n'osions plus bouger.
- Bonsoir les enfants, nous dit-il, vous êtes là pour le jeu ?
- Le jeu ?
- Oui, le jeu d'Halloween.
- Sans trop savoir, nous répondîmes oui.
- Ah tant mieux, dit le monstre, je croyais que personne ne viendrait. Car c'est vraiment difficile.
- Ah bon ? dit Thierry qui était blanc comme un linge.
- Oui parce que celui qui perd doit être mangé, dit le monstre. Je compte jusqu'à dix et à dix je vous recherche et si je vous trouve tant mieux, parce que cela fait trois mois que je n'ai rien mangé... UN.... DEUX... TROIS... QUATRE... CINQ... SIX, SEPT, HUIT ! NEUF !! DIX !!!
Avant que nous ayons eu le temps de réagir, le monstre se jeta sur Thierry. La gueule du monstre se mit à grandir, grandir, grandir encore, et il avala Thierry d'un seul coup. C'était horrible...
Je me mis à courir comme un fou. Mais déjà le monstre était là, juste derrière moi. J'entendais son souffle rauque et sentais son odeur pestilentielle. A l'école, je suis le champion de la course, mais là j'avais beau courir le plus vite possible, le monstre, petit à petit, me rattrapait. Soudain je sentis ses griffes sur mon épaule et je tombais dans les feuilles mortes. Il m'attrapa le bras et se mit à me secouer...
- Réveille-toi il est l'heure de se préparer pour l'école.
Ouf ! c'était un horrible cauchemar et c'était papa qui me tenait le bras pour me réveiller.
- Aujourd'hui c'est le 31 octobre, dis papa, j'ai eu une super idée. J'ai appelé les parents de Thierry, ils sont d'accord. Ce soir nous allons pique-niquer dans le bois de Mortelune.
- NON !!!!!!
Fin
Le géant égoïste
Par Oscar Wilde
Tous les après-midi, en revenant de l'école, les enfants avaient l'habitude de pénétrer dans le jardin du géant, pour y jouer. C'était un très grand jardin ravissant, ou s'étalait l'herbe fine, bien verte, d'immenses gazons. Cette herbe était parsemée de fleurs brillantes comme des étoiles, et une douzaine de pêchers y croissaient. Au printemps, ils se couvraient de fleurs d'un rose tendre et nacré, et à l'automne, ils donnaient en abondance des fruits succulents. Les oiseaux se posaient sur les branches et chantaient si suavement que parfois les enfants s'arrêtaient de jouer pour les écouter. " Comme on est bien ici ", se disaient-ils.
Un jour, le géant revint. Il rentrait chez lui, après avoir rendu visite à l'un de ses amis, l'ogre de Cornouailles, qui l'avait retenu durant sept ans. Il lui avait fallu tout ce temps-là pour lui raconter tout ce qu'il avait à lui dire, et enfin il s'était décidé à rentrer en sa maison, qui à vrai dire était un château. En arrivant, il vit les enfants qui jouaient dans son jardin. Cela ne lui plût pas.
"Que faites-vous là? ", tonna-t-il d'une voix courroucée, et les enfants de s'enfuir aussitôt.
"Ce jardin, c'est mon jardin ", déclara l'ogre. " Chacun peut le comprendre, et personne d'autre que moi n'a le droit de s'y amuser. " Il fit alors construire un mur très haut, tout autour du jardin, et il y fit accrocher un écriteau avec cette inscription: " Défense d'entrer, sous peine de châtiment. "
C'était un géant très égoïste.
Désormais, les pauvres enfants n'avaient plus d'endroit agréable où aller jouer. Ils tentèrent bien de s'amuser sur la chaussée, mais cette chaussée était poudreuse, pleine de cailloux, et cela ne leur plaisait pas de s'y ébattre. En rentrant de l'école, ils longeaient le mur sinistre, si haut, si infranchissable, et ils se disaient : " Comme nous étions heureux dans ce jardin! "
Bientôt le printemps revint, la terre se couvrit partout de fleurs, et les oiseaux chantaient à qui mieux mieux. Mais dans le jardin du géant égoïste, et là seulement, l'hiver était demeuré. Les oiseaux ne voulaient pas venir y chanter, les arbres oubliaient de fleurir. Une belle petite fleur tenta de pointer la tête, par-dessus l'herbe, mais en apercevant l'interdiction sur l'écriteau, elle eut tant de regret pour les malheureux enfants, qu'elle se replia vers la terre et s'y rendormit. De tout cela, seuls deux êtres se réjouissaient: la neige et le gel. " Le printemps a oublié ce jardin ", s'écriaient-ils, tout joyeux, " alors nous pourrons y vivre toute l'année! "
La neige recouvrait l'herbe de son lourd manteau blanc et la gelée peignait en argent toutes les branches nues des arbres.
Alors les deux larrons, le gel et la neige, invitèrent le vent du nord à venir habiter avec eux. Et il vint aussitôt. Il était vêtu d'une épaisse fourrure, il soufflait en tempête tout au long de la journée, et faisait s'envoler les hauts des cheminées. " Quel endroit délicieux", se disaient-ils, et ils ajoutaient : "Nous devrions y inviter la grêle. " Et la grêle vint les rejoindre. Chaque jour, elle tambourinait durant trois heures d'affilée sur le toit du château, si bien qu'elle brisa presque toutes les tuiles, puis elle courut partout dans le jardin, aussi vite et fort qu'elle le put. La grêle était toute vêtue de gris, et son souffle glaçait sur tout son passage.
"Je ne comprends pas pourquoi le printemps vient si tard cette année", remarqua le géant, assis à sa fenêtre, en contemplant tristement son glacial et blanc jardin. "Pourvu que bientôt le temps change !"
Mais le printemps ne fit pas son apparition; ni plus tard, l'été. L'automne prodigua ses fruits à tous les jardins, mais au jardin du géant il ne donna rien. "Il est trop égoïste ", avait jugé l'automne. Et, en ce jardin il n'y avait plus maintenant que l'éternel hiver avec le vent du nord, la gelée, la grêle et la neige, qui tous ensemble menaient leur ronde entre les arbres dénudés.
Un matin, le géant était encore au lit quand il fut réveillé par une suave musique. Elle résonnait si doucement à son oreille qu'il crût que des musiciens était venus lui donner l'aubade. Mais ce n'était qu'une petite linotte qui chantait dehors, sous sa fenêtre, et comme depuis longtemps il n'avait plus ouï de chant d'oiseau dans son jardin, ce chant-ci lui sembla être la plus douce musique du monde. Après cela, les grelons cesserent de danser par-dessus sa tête, le vent du nord cessa de hurler, et un parfum d'une extrême suavité vint baigner son visage, à travers la fenêtre.
"On dirait que le printemps est enfin venu ", pensa le géant, qui bondit hors de son lit pour aller voir à la fenêtre.
Et que vit-il?
Il aperçut un spectacle aussi étrange qu'admirable. Par une brèche du mur, née de la violence des intempéries, les enfants s'étaient introduits dans le jardin, et avaient grimpé aux arbres. Sur chaque branche, où qu'il regardât, était installé un enfant. Et les arbres, tout contents du retour des enfants, s'étaient aussitôt recouverts de fleurs et agitaient doucement leurs feuillés par-dessus les têtes des bambins.
Les oiseaux voletaient tout autour et gazouillaient de joie, les fleurs pointaient dans l'herbe verte, et semblaient rire. C'était un tableau charmant, mais l'hiver s'attardait encore en un coin, du jardin. Là, tout au bout, à l'écart, il y avait un tout petit garçon. Il était si petit qu'il ne parvenait pas à grimper dans un arbre; il restait là, au pied du tronc, en pleurant à grosses larmes. Et le malheureux arbre restait couvert de givre et de neige, tandis que le vent du nord s'acharnait encore à lui souffler dessus.
"Grimpe donc, enfant !", disait l'arbre au gamin, en penchant ses branches le plus bas possible, mais décidément le petit garçon était bien trop petit encore.
Le coeur du géant fondit devant ce spectacle. "Comme j'ai été égoïste !", se reprocha-t-il. "Je sais, maintenant, pourquoi le printemps n'est pas venu ici. Je vais placer ce petit bonhomme tout en haut de l'arbre, puis je vais abattre le mur, pour que mon jardin devienne pour toujours un terrain de jeux." Il regrettait sincèrement sa mauvaise action.
Sans bruit, il descendit les escaliers et pénétra dans le jardin. Mais hélas, en le voyant apparaître, les enfants eurent si peur qu'ils s'enfuirent et l'hiver revint au jardin. Seul le plus petit des enfants demeura, car il avait les yeux pleins de larmes et n'avait pas vu arriver le géant. Ce dernier se pencha vers lui, le prit gentiment par la main puis le jucha sur l'arbre. Immédiatement, les bourgeons de l'arbre s'ouvrirent et déployèrent leurs fleurs, les oiseaux descendirent à tire-d'aile et se mirent à chanter sur les branches fleuries. Le garçonnet ouvrit les bras, en entoura le cou du géant, et il l'embrassa. Les autres enfants, en constatant que le géant n'était plus méchant, revinrent au jardin, et ils y ramenèrent le printemps. "Désormais ce jardin est à vous, petits enfants", leur dit le géant. Ensuite, il se munit d'une pioche et il abattit le mur d'enceinte. Passant par là pour aller au marché, les gens du pays furent bien surpris de voir le géant jouer avec les enfants dans le plus beau jardin qu'ils eussent jamais vu.
Durant des heures, les enfants s'ébattaient joyeusement dans le jardin, et le soir, avant de s'en retourner chez leurs parents, ils allaient toujours dire au revoir au géant.
FIN

Photophore réalisé avec une orange Photophore réalisé avec une orange et une bougie de chauffe-plat. Ce photophore imite une citrouille miniature. Matériel qu'il vous faut : Réalisation : Aidez votre enfant à :


